Disclaimer: Twilight est à S. Meyer et cette histoire à EdwardsBloodType, je ne fais que traduire.

In too Deep d' Edwardsbloodtype

Traduction Autorisée

Destiné à un public adulte, de plus de 18 ans.

Après les longs égarements d'Eddie, on va enfin le retrouver sur Fire Island pour un week-end en bonne compagnie. Merci à toutes celles qui me suivent et à mes deux complices dans l'affaire, SBRocket (inutile de vous parler d'Hooligan) et PtiteWam.

~In Too Deep~

Chapitre 6 ~ Bellissima


Le ciel est parfaitement clair ce soir, quoiqu'il fait un petit peu plus froid qu'habituellement avec le vent. J'ai les mains planquées au chaud dans les poches de mon sweat, la capuche tirée sur la tête afin que le vent ne foute pas totalement en l'air mes cheveux. Em et moi sommes sur le pont supérieur du ferry, installés confortablement alors que nous faisons la traversée pour Ocean Beach. Le vent fouette nos visages en rafales continues mais c'est bon, tant que je suis en mesure de respirer. Enfin loin du stress de la réalité et du travail et de ma dingue ex… quel que soit comment vous appelez Renée. Être allongé sur la plage et attraper quelques bonnes vagues c'est tout ce à quoi je veux penser pour les quatre prochains jours. Et peut-être pouvoir rencontrer la fille avec les jolis yeux marron.

Em ne tient pas en place dans son siège, me faisant de temps en temps ce sourire imbécile. Je roule des yeux et lui marmonne quelle chochotte soumise il fait pour une fille qu'il connaît à peine.

Le nombre de passagers est plutôt modéré à bord, mais vu qu'il est neuf heures du soir, je ne devrais pas en être surpris. Le bateau va être assailli demain matin avec le trafic d'un week-end de fête, et je suis vraiment content d'avoir exhorté Em à prendre un train plus tôt à Manhattan afin d'avoir de l'avance.

Pas que Em ait eu le moins du monde besoin d'être convaincu pour se rendre sur l'île avant la date prévue. Apparemment lui et Rose se sont parlés au téléphone tous les jours et sa nervosité étourdissante de la voir ce soir est amusante bien que limite légèrement agaçante. Il semble qu'ils s'apprécient vraiment et je suis peut-être un peu envieux de leur connexion intense, cachant mon irritation dans l'exaspération. Je suppose que c'est parce qu'Em a eu un épisode malheureux dans ses relations similaire à ce que j'ai eu et aussi merdique que cela semble, je trouve du réconfort dans la camaraderie qui existe entre les solitaires et amers cœurs-brisés. L'horrible et interminable rupture avec sa psychotique petite amie à l'université, Irina, l'a pratiquement amené à se noyer stupidement dans l'alcool, alors il n'est pas pour ce truc de petite amie. Disons le carrément, Em aime strictement baiser sans attache.

Ou n'aimait – au passé. Rosalie a peut-être changé ça, nous verrons bien. Ils auront probablement fui ensemble à la fin du week-end.

Lorsque le moteur du ferry ralentit plus qu'à un vrombissement sourd, je retire ma capuche et nous descendons au pont inférieur pour commencer à préparer toutes nos affaires pour débarquer. A courte distance de la terre ferme, nous pouvons voir la petite ville illuminée; les restaurants-traiteurs où les clients dînent encore. Aussitôt la dernière personne partie, ils se transformeront en bars et quasi night-clubs pour la jeunesse.

Em me sourit alors que le faible son de la musique techno-pop se dispute avec le grondement vibrant des machines, tandis qu'on se rapproche du quai. Il y a cette étrange excitation qui fermente comme quand ton avion arrive sur le tarmac ou tu t'arrêtes devant le Six Flags avec une voiture pleine de monde. L'anticipation d'être en mesure de ne rien faire d'autre que se relaxer et traîner avec mes amis me rend un peu étourdi. Plus, cette fille... cette jolie fille que je ne peux pas me sortir de la tête ajoute certainement à l'excitation.

Entre nous deux, nous avons des planches, deux sacs marins pleins de vêtements, une grande glacière remplie de nourriture périssable et une énorme caisse de trucs ne craignant rien incluant lessive, papier toilette et café. Tout autre chose dont nous aurons besoin devra être acheté à la seule épicerie de la ville où le litre de lait vaut deux dollars.

Un des jeunes porteurs nous aide Em et moi à transporter toute nos merdes sur le quai. Je sors un billet de dix dollars de la poche de mon sweat comme pourboire avant de courir au corral où tous les chariots sont gardés. Vu que les uniques moyens de transport sur l'île sont à pied ou à vélo, tous les gens utilisent un chariot pour trimbaler leurs affaires du quai à leurs maisons. Ils sont tous alignés en rangées régulières, enchaînés à la barrière en bois par leurs poignées, retournés de manière à ne pas se remplir d'eau quand il pleut.

Le nôtre est aussi embarrassant que facile à repérer parmi les Radio Flyers (Google) au métal rouillé et au plastique rouge terni pour les modèles plus récents. Mon père, parce qu'il est ce connard pompeux, avait fait faire notre chariot sur mesure... grand et large, pneus en caoutchouc, peint d'un noir satiné avec un insigne blanc crème au centre. Les armoiries de ma famille; les mêmes qui décorent le drapeau aux couleurs identiques installé sur la terrasse à la maison. C'est un miracle qu'il n'ait pas peint le foutu drapeau italien partout. Toute cette prétention me fait grincer des dents, et, en passant, je me demande si je ne pourrais pas me procurer une bombe de peinture pendant que je suis ici pour atténuer un peu cette monstruosité et faire porter le blâmes pour les dégâts à des ados rebelles qui s'ennuient.

Je secoue la tête et défait la chaîne de la poignée, la tirant vers Em. Je suis assez surpris de voir qu'il n'ait pas déjà Rose dans ses bras, tous deux se cajolant comme des amoureux qui ne se sont pas vus depuis longtemps.

"Elle ne te retrouve pas ici?" demande-je, hissant les sacs sur le dessus de la glacière.

Il secoue la tête tout en maintenant la caisse au-dessus de la pile qui s'élevait. "Nan, elle se prépare. Elle m'a dit de descendre au Maguire quand nous aurons fini de déballer. Ça va?"

"Ouais, bien sûr," dis-je lui donnant un regard appuyé. "Em, tu n'as pas besoin de ma permission si tu veux sortir avec elle. Fais ce que tu veux."

Il hausse les épaules. "Ouais, je sais, mais...". Quand Em soulève un sourcil en me regardant, aucun mot supplémentaire n'a besoin d'être dit. Théoriquement, nous sommes là pour traîner et surfer, pas pour qu'il flirte avec sa nouvelle petite amie. Il n'a pas besoin de me dire qu'il se sent mal d'avoir rencontré Rose juste avant le week-end, mais honnêtement, ça m'est égal.

"Ne t'inquiète pas pour ça, Em. Je suis sûr que je trouverai quelque chose pour me tenir occupé," dis-je en me moquant de lui comme si ça m'était tellement difficile de trouver une fille pour traîner. "Sois juste discret, ok? Ta chambre est juste à côté de la mienne et les murs sont minces." Je rigole et il baisse le regard, embarrassé. Ce n'est pas mon ami sûr de lui avec ce sourire timide et les oreilles qui rougissent. Rosalie Hale l'a ruiné.

"Hé, en parlant de parois minces et de te tenir occupé, est-ce que Katie vient ce week-end?"

Je ricane sombrement, pensant à des choses auxquelles je ne devrais pas. "Nope. Je lui ai demandé de venir samedi soir mais quand je lui ai dit direct que ce n'était pas une invitation dans mon lit, elle était beaucoup moins enthousiaste à faire le voyage.

Il se tourne pour me regarder avec une grimace. "Alors... quoi? Elle ne veut pas venir si elle ne peut pas coucher avec toi?"

Je hausse les épaules. "Apparemment non."

En fait, Katie avait déclaré qu'elle était bien avec le fait de sortir avec moi et tout mais qu'elle ne voulait pas me regarder me brancher avec quelqu'un d'autre si ça devait se produire. Même si nous n'avons pas ce genre de relations extrêmement possessives, ni quoi que ce soit d'exclusif, c'est définitivement de nature sexuelle. Je comprends ses raisons et tout ça et je ne le lui reproche pas, pourtant je sais que je ne serais pas abattu si c'était elle qui branchait quelqu'un. Ce genre de sentiments vis à vis d'elle ne me concerne pas. Néanmoins, je me suis sentis mal alors je lui ai dit que nous pourrions nous retrouver après que je sois rentré; aller dîner ou autre.

"Ouah, Cullenata. Tu dois être vraiment bon." ricane-t-il et je réprime l'envie de lui lancer quelque chose à la tête.

"Fuck! bien sûr que oui."

Alors que le chariot roule bruyamment derrière nous, nous faisons le bout de chemin à travers la ville pittoresque encore animée en soirée avec des familles sur les trottoirs dégustant des cornets de crème glacée et les petits groupes de jeunes d'une vingtaine d'années gagnant tranquillement les bars. L'odeur spécifique de steak et d'ail flottant d'un des restaurants me met l'eau à la bouche. Em et moi convenons de certainement nous y rendre avant de partir. Tout cela, les bruits et la musique et la façon dont la ville est illuminée le soir me rend nostalgique du temps où j'étais jeune et heureux et ma famille intacte. Ça ne me rend pas triste cependant et cela me surprend.

Nous tournons à gauche dans Surf View et faisons le trajet dans l'étroite allée tout du long jusqu'à Ocean View tout en trimbalant ce chariot lourd comme un âne mort. Parfois quelqu'un passe, avec un salut et un verre à la main. Même si vous ne connaissez pas la personne ici, il est d'usage de dire bonjour.

Le quartier est calme et sombre, seulement les bruits d'une télévision ou d'une radio ou d'un occasionnel éclat de rire qui viennent des maisons que nous dépassons. Les habitations ici sont uniques en leur genre, bien entretenues mais abîmées par les intempéries et vieillies. Certaines d'entre elles ont de minuscules pelouses de bord de plage devant et presque toutes ont des sortes de galets peints ou de coquillages disposés en motifs fantaisistes comme allées. Quelques-unes, habitées à plein temps pour la plupart, ont des jardinières avec des impatiens et des jardins parfaitement entretenus. De temps en temps on peut remarquer un arbre qui est entouré par du grillage; protection contre les cerfs sauvages qui errent sur l'île.

Ce que j'aime le plus est la tradition de la communauté balnéaire à ne pas avoir de numéro aux maisons, juste des noms insolites qui les identifient de façon intelligente, généralement peints sur une sorte de pancarte. Nous dépassons Shell Shocked (en état de choc), Sea's The Day (seize the day ~ profite du jour), Touriste Trap (piège à touriste), Xanadu (palais d'été de l'empereur Kubilai), et ma préférée quand j'étais petit, Shell House (la maison de coquillages) car la façade est entièrement carrelée avec un tableau de coquille de palourdes et de conques.

La nôtre est "Belli Sea Ma," un jeu sur le mot bellissima, qui bien sûr, est l'Italien de magnifique. Ma mère pensait que c'était vraiment astucieux et la pancarte qu'elle a peinte, il y a plus de vingt ans maintenant, d'un bleu clair délavé, est encore accrochée au-dessus de notre porte d'entrée.

Les lumières de la cuisine sont allumées et le drapeau noir et crème des Cullenata flotte au vent, signifiant que Félix, le responsable de l'entretien est venu ici. Em et moi tirons le chariot sur la terrasse et je déverrouille la porte, assailli immédiatement par l'odeur âcre, pourtant étrangement réconfortante, de moisi d'une maison de bord de mer fermée.

"Ahhh home puante home."

"Je pensais que tu aimais l'odeur rance de la moule de vieille dame," dit Em avec un rire sarcastique, étirant ses épaules endolories.

"La ferme, Du Gland."

Depuis la fin de l'affaire Renée, il ne ratait aucune occasion pour me casser les couilles d'avoir été avec une femme plus âgée. C'était assez drôle en un sens, car elle n'a seulement que trente-sept ans et est loin d'être vieille, mais je me garde de lui faire savoir que je trouve de l'humour dans ses moqueries.

La maison est grande et accueillante, meublée avec des couleurs claires et lumineuses dans un thème très cottage de plage. Il y a des décorations relatives à la marine ou aux coquillages dans toutes les pièces, ce qui est assez cucul pour moi, mais je suppose que c'est approprié pour une maison comme celle-ci. J'ouvre les portes qui mènent à la terrasse arrière, m'assurant que l'auvent et les meubles de jardin sont tous en bon état et que le jacuzzi est propre et fonctionne.

Le flux et le reflux de l'océan me distrait de ce que je suis en train de faire alors je prends un moment pour apprécier sa magnificence. Ce bruit va m'entraîner dans le plus profond sommeil cette nuit. C'est l'endroit où je me sens comme ce que je peux appeler chez moi, vu que c'est le seul endroit où j'ai vécu où les souvenirs restent bons.

Tout semble aller à l'exception d'un coussin manquant à l'un des fauteuils de jardin. Une note de Félix explique ce qu'une souris en a fait. A côté avec la note, je trouve la carte de visite de Félix sur le comptoir de la cuisine avec une quittance de ses services pour mettre l'électricité et l'eau, s'assurer que les appareils soient en état de fonctionnement et réparer tous les dommages subis durant l'hiver. Je la glisse dans un des tiroirs pour être certain que mon père l'ait quand je reviendrai à la maison.

Ensuite Em et moi déballons toute la nourriture et les provisions et allons dans nos chambres pour nous changer. Depuis les cinq dernières années, je prenais la chambre principale quand j'étais ici avec des amis à l'opposé de la petite chambre que j'occupais quand j'étais enfant. La principale a sa propre salle de bains, un lit à baldaquin king size avec ces agaçants rideaux blancs extra fins qui flottent dans la brise et des meubles blanchis avec des murs vert pâle. Très sereine et définitivement la plus jolie des quatre chambres. Même que selon la norme standard à Fire Island des logements de location, ma maison est un putain de palace comparée à certaines d'entre elles, donc toutes les chambres ici sont bien au-dessus de la moyenne, vraiment.

Mon père n'est pas venu ici depuis le réaménagement, alors ce n'est pas comme si j'ai des rappels de lui ou Esmé dans cette chambre.

Quand je n'ai plus mon sweat et mis un jean et un tee-shirt propre, j'ouvre toutes les fenêtres et les portes du balcon pour laisser entrer l'air frais le temps que nous serons partis. On se caillera les miches quand nous rentrerons, mais au moins ça ne sentira plus le moisi.

Le retour en ville est silencieux, vu qu'Em est vraiment anxieux et même si je ne l'avouerais pas, je me sens un peu fébrile aussi. Je lui dis que ça suffit car il me rend foutrement dingue, tellement que je veux fumer une cigarette.

Quand nous arrivons au Maguire, c'est assez animé où ils ont enlevé les tables à l'intérieur de l'espace restaurant pour transformer la pièce en piste de danse. Un DJ lance de la dance music d'une cabine et une boule disco projette des lumières parmi tous les poissons géants et les merdes nautiques accrochés aux murs.

Rosalie repère la tête d'Em au-dessus de la foule tout de suite, s'avançant dans notre direction à travers les gens massés. Des bras et des petits cris et des mots dit avec douceur comme, "Tu m'as manqué bébé" et "C'est bon de te voir, bébé," me font grincer des dents à l'intérieur, mais je suis content pour lui, je le suis vraiment. Mais bébé? Ils se sont retrouvés depuis quatre putains de jours et ils n'ont pas encore fait l'amour. Je pense que le terme d'affection 'bébé', est un peu prématuré.

Après cinq longues minutes à me tenir là comme un putain de mamelouk (soldat esclave dans l'Égypte ancienne) je finis par me racler la gorge. Em rayonne tandis qu'il me présente officiellement à Rose et alors qu'elle nous quitte pour retourner au bar où sont ses copines, je dis à Em qu'il est pardonné pour agir comme un vrai débile parce qu'elle est foutrement splendide, et ses jambes, bordel...

Si on aime ce genre de choses.

Rose fait les présentations – Angela et Rebecca sont les deux filles de la fête de quartier, et je rencontre une autre blonde à forte poitrine appelée Bree. Elle flirte avec moi, me posant beaucoup trop de questions personnelles que je détourne sur elle. J'apprends que la fille au Jolie Yeux Bruns, qui est en train de se déhancher sur la piste de danse avec un gars, s'appelle Bella. Quelle coïncidence.

Je fais signe au barman, Dave, qui se penche au-dessus du bar en bois pour me serrer la main lorsque j'approche. Ses parents sont propriétaires de l'endroit et il vit ici tous les étés jusqu'au moment de partir pour l'université. Je le connais pratiquement depuis toujours, passant les étés avec lui à draguer les filles à la plage ou au terrain de jeu les jours où ses parents lui donnaient congés plus tôt. Nous rattrapons le temps perdu pendant une minute ou deux après qu'Em et moi ayons pris siège au bar, commandant des bières et une tournée de shots pour le groupe. Dave dit que la première tournée est pour lui, car il est bien au courant de qui est mon père, il sait que nous allons dépenser de l'argent.

Je fais la causette et apprend à connaître les filles, tandis qu'Em et Rose ne font que se peloter à côté de moi. Je parle aux filles en feignant de l'intérêt, mais mes yeux regardent Bella et son incroyable cul, attendant qu'elle cesse de danser assez longtemps pour des présentations. Mais elle est en train de rire et n'a même pas regardé une fois dans ma direction. Le gars avec qui elle est, grand, dégingandé, genre nerd, la regarde avec des yeux voraces, essayant de la toucher à chaque occasion. Je n'arrive pas vraiment à discerner si elle aime ça et si elle encourage ça, ou si elle passe juste un bon moment avec juste un ami. Pour une fille que je n'ai même pas rencontrée, je suis déjà étrangement possessif avec elle.

Angela devient extrêmement bavarde avec l'alcool alors je saisis l'occasion pour lui poser nombre de questions sur elles toutes comme si je ne m'intéressais à aucune en particulier. Il n'est pas question bordel que j'aille ressembler à un looser languissant une fille avec un petit ami, si en fait, c'est ce qu'il est. Il se révèle que deux de leurs amies ont dû repartir de la maison à la dernière minute alors Ben, le petit ami d'Angela et son copain Reilly ont profité de la place. Selon Angela, Reilly a évidemment essayé de susciter de façon romantique l'intérêt de Bella depuis qu'ils sont arrivés, quoique sans succès. Ceci est agréable à entendre.

Enfin, Bella croise mon regard. Elle me gratifie d'un sourire timide et d'un petit signe de la main, que je lui retourne, mais continue à danser. Je la regarde alors qu'elle ôte ses cheveux humides de son cou, enroulant un élastique noir autour en queue de cheval. De petites boucles se sont formées sur sa nuque, ses cheveux sombres retombent droits et pendent en une longue crinière dans son dos. Alors que je gigote sur mon siège, attendant de lui parler, j'image à quoi elle ressemblerait assise sur mon lit avec les cheveux remontés exposant son dos nus et ses splendides fesses.

Je reste assis et la joue cool, bavardant avec cette poulette de Bree, attendant que Bella finisse par venir à moi. Je n'ai pas pour habitude de pourchasser les filles et il n'y a aucune raison de sembler impatient ou désespéré, même si je suis totalement captivé par cette fille à qui je n'ai même jamais directement parler.

Enfin, finalement elle retrouve son chemin vers le bar, glissant son bras entre Bree et moi pour poser sa bouteille vide derrière moi. J'apprécie le fait qu'elle aurait pu déposer la bouteille n'importe où mais qu'elle ait choisi de la glisser entre son amie et moi, interrompant par conséquent notre conversation plutôt sans intérêt. Ses yeux rencontrent les miens et ce magnifique sourire plein de dents blanches parfaites sur les lèvres.

"Hé," dit-elle en penchant la tête de côté. Son salut est clairement familier ce qui je suppose, est parce qu'elle se souvient de moi de la fête de quartier. Il va sans dire que je suis foutrement ravi. Elle est rouge et essoufflée, un voile de sueur scintille sur sa poitrine bronzée, que j'essaie de ne pas fixer mais sans succès.

"Re-bonjour," réponds-je avec douceur, lui offrant un sourire alors que je remonte mes yeux vers les siens, espérant qu'elle n'ait pas remarqué mon reluquage. Si elle l'a fait, je prie qu'elle ait au moins trouvé ça flatteur.

"En voulais-tu une autre?" Je hoche la tête vers le bar. Pour être poli je le demande également à Bree, bien que je puisse clairement voir que son verre n'est pas près d'être vide.

Le sourire de Bella m'enflamme. "Bien sûr, merci." Je lève la Amstel vide de Bella et ma Heineken à moitié pleine à Dave indiquant que j'aimerais bien les renouveler.

"Donc..." elle traîne sur le mot tout en se rapprochant. "Tu dois être Eddie." Elle me tend sa main pour me saluer.

Avec un oui de la tête très satisfait, je confirme, "Et tu es Bella." J'avais attendu pendant presque une semaine pour cela.

Sans réfléchir, je prends sa main délicate dans la mienne... tellement douce; ongles manucurés et vernis de rose pâle. Mais au lieu de lui donner une poignée de main, dans un geste désuet mais galant, je tiens gentiment le bout de ses doigts, les portant à mes lèvres pour poser un baiser sur ses jointures. Je ne sais pas pourquoi, cela me semble la bonne chose à faire. Il semble que ce baiser est beaucoup plus intime que juste une poignée de main, pour laquelle je pense que Bella est trop spéciale pour quelque chose de si ordinaire. Quand mes lèvres quittent sa peau, ses yeux rencontrent les miens. Ils sont de ce magnifique brun lumineux avec des anneaux ambre encerclant ses iris. Renversant.

Bella laisse échapper dans un souffle un petit bruit qui ressemble assez à, "Humm," tandis que sa main s'attarde dans la mienne. Pendant un bref instant, j'imagine que ça ressemble à ce que j'entendrai venant d'elle quand ma tête sera entre ses jambes et que ses doigts tireront mes cheveux d'incitation et de plaisir. Oui, je me rends compte que ces images sont très certainement prématurées, mais on doit penser positif afin d'aboutir à un résultat positif. Parce que même si elle est une parfaite idiote et que nous n'avons rien en commun, je suis attiré par cette fille à un tel point que je renoncerais à mon principe de refuser tout sexe occasionnel pour avoir une nuit avec elle.

Je désire cette fille.

Elle soupire quand elle retire à contrecœur sa main de la mienne en ajoutant, "C'est sympa d'enfin te rencontrer." C'est bruyant dans le bar et nous devons hausser la voix pour nous entendre par-dessus la musique. Bella se penche en se rapprochant, son souffle effleurant mon oreille. "Cela m'a tardé toute la semaine."

"Vraiment?" Je suis surpris mais garde la voix douce et non affectée.

Bella roule des yeux et s'éloigne de mon oreille. Sa main glisse de mon épaule alors qu'elle se stabilise. "Em a fait en quelque sorte dans les relations publiques pour toi ces derniers jours."

Mes dents grincent.

"Oh vraiment?" Ceci explique pourquoi il m'a demandé si Katie venait. Je suis assez furieux car maintenant je me sens stupide. Au lieu que notre rencontre soit naturelle, elle semble comme si elle avait été complètement arrangée. Je jette un regard en colère à Em, prêt à avoir deux mots avec ce trou du cul, mais il est trop affairé à sucer le cou de Rose pour remarquer que je suis énervé. Je n'ai pas besoin que quiconque me prenne en pitié, putain! au point de m'organiser un rendez-vous, particulièrement mon meilleur ami.

Elle se penche à nouveau, la voix douce et enjôleuse et sa main est de retour sur mon épaule. Elle glisse jusqu'à mon avant-bras; sa pression est douce et réconfortante.

"Hé, ne lui en veux pas. Il me l'a dit uniquement parce que je le lui ai demandé." Elle sourit timidement alors qu'elle s'éloigne.

Bien, cela change certainement les choses, n'est-ce pas? Me rappeler de rayer Em de ma liste des connards.

Alors que mon shot de vodka de plus tôt s'installe dans mon organisme, je me sens à l'aise et légèrement planant. Je profite pour apprécier la fille en face de moi; sa très petite ossature et ses incroyables épaules. Le débardeur rose qu'elle porte a de fines bretelles qui se nouent derrière le cou et pendent sur son dos presque nu. Ses épaules luisent avec le voile de transpiration et l'incandescence résiduelle de trop de soleil. J'inhale et amène ma bouteille en bas pour dissimuler la bosse à mon entrejambe quand je pense à mes lèvres effleurant sa peau. Cette fille est magnifique.

"Alors, Bella..." Je veux savoir ce qu'elle sait déjà de moi et ce qu'Em a divulgué exactement dans mon dos. Ce Reilly approche derrière elle, attrapant sa main au moment où j'ouvre la bouche pour parler. Il la ramène sur la piste de danse, lui arrachant pratiquement le bras et je suis agacé, furieux même.

"C'est quoi ce bordel?" dis-je à voix haute alors que je me retiens de basculer en avant. Mon corps veut la suivre de façon protectrice et la ramener en disant à ce gars de garder ses mains loin d'elle. Mais j'attends, observant à la place alors qu'elle lui hurle dessus pour être un tel putain de strunzo (trouduc en Italien). Je suis assez impressionné par la façon dont elle lui enfonce le doigt dans la poitrine alors qu'elle s'en prend à lui. C'est assez divertissant pour être franc, et j'aime qu'elle se défende elle-même, même si je serais ravi d'avoir cet honneur.

Bree me parle à nouveau en l'absence de Bella mais je ne veux pas être importuné à devoir lui consacrer plus d'attention. Au lieu d'être impoli et profiter d'elle pour tuer le temps jusqu'à ce que Bella revienne de son altercation avec ce Reilly, je demande à Bree de garder ma place pendant que je suis aux toilettes. Quand j'en sors, je remarque que Reilly est seul, boudant. Je tends le cou à la recherche de Bella au bar, mais elle n'est nulle part.

Angela passe devant moi avec un sourire et me montre simplement dehors. Après l'avoir remerciée, j'attrape les deux bouteilles fraîches sur le bar, laissant un autre billet de vingt dollars sur la pile de tickets et pousse les portes donnant sur la terrasse extérieure. Il fait même plus froid.

Bella est assise sur un banc en bois, les genoux remontés à son menton. Je remarque que ses bras fins ont la chair de poule, mais elle ne semble pas être affectée par le froid. Ses sandales, le genre avec des semelles compensées en liège, sont sur la terrasse en bois à côté de son siège. Elle frotte ses pieds et fléchit ses orteils tout en grimaçant. Quand j'approche, je m'assois à côté d'elle, posant sa bière à ses pieds.

Quand elle me regarde ses yeux sont écarquillés. "Oh, tu es le meilleur. Je meurs de soif."

"Je t'en prie."

"Salute (santé en Italien)," dit-elle en levant sa bouteille pour l'entrechoquer avec la mienne. Je suis interloqué car à part avec ma famille et peut-être dans un épisode ou deux des Sopranos, je n'ai jamais entendu personne utilisé ce terme spécifique pour porter un toast. Elle prend une longue gorgée en même temps que moi et je regarde avec ravissement alors que sa gorge s'agite quand elle avale. Fuck, qu'est-ce que je ferais pour la voir avaler... moi.

Je dois arrêter et changer le cours de mes pensées avant que mes fantasmes deviennent... visibles. Si vous voyez ce que je veux dire.

"Alors tu es Italienne."

Elle hausse les sourcils et sourit en coin. "Sicilienne, en fait," répond-elle en utilisant un parfait accent italien. C'est foutrement magnifique.

"Oh, Jésus," réponds-je en roulant des yeux faussement incrédule. "Sicilienne? Ouais euh alors... sympa de t'avoir rencontrée mais je dois y aller." Je me lève faisant semblant de partir mais elle rit, attrapant mon bras pour me faire rasseoir. Les Siciliennes et leurs tempéraments, je les crains véritablement. Cependant, elles sont tellement foutrement fougueuses au lit ce qui en fait depuis longtemps une énigme.

"Je ne suis pas méchante, promis. Seulement ne me fais pas chier et tout ira bien."

"Oh, sûr. Je m'en rappellerai," dis-je la regardant en plissant les yeux. Bon sang qu'elle est belle. Elle a une fossette sur la joue droite qui apparaît quand elle sourit pleinement. "Du côté de ton père?"

Elle rit légèrement. "De ma mère et de mon père."

"Et c'est mon signal pour partir." Je me lève à nouveau. "A plus."

Cette fois elle attrape mon jean par la couture et me tire en arrière. Elle rit fort et c'est foutrement adorable. "Non, n'aies pas peur de moi. Je ne veux pas te faire de mal."

Alors que je ris avec elle, je me rassois sur le banc, repliant mes jambes devant moi, ainsi nos genoux se touchent presque.

"Et, c'est bien," dis-je en haussant les épaules. "Tu es Sicilienne, et je suis Gémeaux, alors..."

Son sourire est immense. "Non, s'il te plait dis-moi que tu ne l'es pas!" Elle couvre son visage de ses mains. "Oh Seigneur, nous sommes comme le feu et la glace. Mon tempérament et ta double personnalité, quel union rêvée."

Mes mains n'arrêtent pas de bouger sur mes genoux. "Je suis en fait juste à la limite, alors je suis plus Cancer qu'autre chose."

Et je ne peux pas croire que je suis en train de discuter horoscope avec cette fille. Peux-tu devenir plus cucul?

Bella fronce les sourcils alors qu'elle oscille sur son siège pour tirer son iPhone dans une coque violette de sa poche arrière, appuyant sur ce que je présume une sorte d'applications Horoscope.

"Cancer... Sensibles et affectueux, intuitifs et plein d'imagination, habiles et réservés, protecteurs et sympathiques, extrêmement séduisants et excellents amants." Elle rit nerveusement car je sais que la dernière partie a été ajoutée pour mon bénéfice et je suis flatté. "Oh, mais pour le côté sombre... Les Cancer sont changeant et lunatiques, hyperémotifs et susceptibles, collants et incapables de laisser partir."

Ouep, cela semble correct. J'aurais voulu qu'elle omette la dernière partie.

"Es-tu collant?" demande-t-elle.

"Je ne dirais pas collant... plus agglutinant." ris-je. Sérieusement, je ne suis pas collant du tout. S'il n'y a rien qui retienne assez mon attention, mais je suis sûr que c'est seulement parce que je ne me suis jamais investi à cent pour cent pour quelqu'un à part Vanessa. La partie 'laisser partir'? Je vais accepter ça comme un oui définitif.

"Agglutinant? Est-ce même réellement un mot?"

Sur la défensive, je riposte, "Sûr qu'il l'est." Je suis allé à Cornell. Agglutinant est un putain de mot. De la main, je lui fais signe de me donner son téléphone. «De quel signe es-tu?"

"Vierge," dit-elle. "Je vais avoir vingt-deux ans le 13 septembre."

Raclant ma gorge, je lis, "Modestes et timides, consciencieuses et fiables, pragmatiques et appliquées, intelligentes et analytiques. Et ridiculement belles." Mon attention est sur le téléphone et je suis bien content de ne pas devoir regarder sa réaction. Ce n'est pas moi – me surpasser comme ça dès la première rencontre avec quelqu'un. Mais je ne peux l'expliquer. C'est une force, un besoin presque... et peut-être que c'est même cette putain d'étincelle que j'ai attendue. Je veux connaître cette fille.

Je veux aussi vraiment entrer dans son pantalon, mais chaque chose en son temps.

Bien qu'il y ait une certaine facilité entre nous, cherchant à séduire et sans faux-semblant, je suis tellement inquiet que je vais foirer ça d'une manière ou d'une autre. Ça c'est s'il y a quelque chose à foirer. Qui même sait si les sentiments sont réciproques? Je sais qu'elle est physiquement attirée par moi car de toute évidence, elle n'aurait pas questionné Em sur moi après avoir seulement échangé un simple salut l'un et l'autre en nous croisant dans la rue.

"Tu as oublié de mentionner excellente amante," dit-elle en me fixant alors qu'elle prend une gorgée de bière. Je déglutis essayant de ne pas merder. Je vais prendre ça pour une très nette réciprocité.

Avec un sourire je réponds, "Euh... bon je ne saurais ça que si je connais?" Déjà.

Elle prend une autre gorgée avec un sourire qu'elle cache derrière le goulot de sa bouteille.

Le besoin de demander me démange, et donc il est nécessaire de changer le sujet sur le sexe.

"Alors est-ce que tout va bien avec euh..." Je pose la question en hochant la tête vers la porte, indiquant que je veux dire Reilly et ses mains avides. "Je ne savais pas si je devais intervenir."

Elle agite la main dédaigneusement. "Oh, Reilly? Ça va. Il est en fait un gars vraiment sympa, juste franchement susceptible quand il boit. Et très insistant," ajoute-t-elle en y repensant. "Et peut-être un peu possessif... genre abusif... ne saisissant pas vraiment l'allusion... ouais c'est un crétin, qui crois-je tromper?" glousse-t-elle. "Il m'a de toute évidence fait clairement comprendre qu'il était intéressé mais... pas moi." Elle hausse les épaules une fois encore, semblant un peu coupable alors qu'elle prend une autre gorgée de bière.

"Bon peut-être que c'est parce que tu attendais que je sois là," plaisante-je, juste un léger air d'arrogance.

"Peut-être." Bella sourit et regarde ailleurs.

Un regard en bas et je remarque que ses pieds ont des cloques rouges sur le dessus de ses orteils, là où les lanières de ses sandales ont frotté sa peau à vif. Lorsque je grimace elle glousse et hausse les épaules, "Chaussures neuves. Je suis esclave de la mode."

"Ma sœur dit que si ça ne cause pas de douleur alors il n'est pas utile de prendre la peine de les mettre, ou quelque chose de stupide comme ça." Je ne peux pas me souvenir d'une seule fois où elle n'est pas revenue à la maison et geint à l'agonie alors qu'elle retirait une paire de bottes à trois cents dollars. En pensant à ça, Esmé le fait aussi. De ma vie, je ne comprendrai jamais les femmes.

"Je suis entièrement d'accord. Si les chaussures sont à la bonne taille, alors ce doit être moche," dit-elle avec un geste élégant de la main. J'apprécie cette aisance à notre sujet.

"Je peux voir si je peux te trouver des pansements," lui offre-je. "Dave a probablement un kit de premier secours derrière le bar.

"Oh, c'est adorable, mais je préfère avoir les ongles des orteils arrachés un à un plutôt que de remettre ces bébés. Mes pieds sont ruinés. Je vais devoir retourner à la maison pieds nus."

"C'est malheureux. Tu as de si jolis pieds. Même couverts de plaie suintantes," ris-je. Elle rougit et agite ses orteils meurtris devant moi. "Alors où logez-vous les filles?"

"Oh euh… Sea Monkey Love," dit-elle. Lorsque je hoche la tête elle demande, "Tu connais?"

Effectivement, je connais très bien la maison. Trois étés auparavant, je suis sorti avec une jolie brune qui séjournait dans cette maison. Ashley? Anna? Amy? Peu importe, elle avait une tache de naissance sur la cuisse interne en forme de tatou. Pas des plus excitants, je dois dire.

"Je connais." C'est tout ce qu'elle obtient concernant cela. "Ma famille possède la maison où Em et moi logeons. Je suis venu ici tous les étés depuis que je suis né, donc je connais assez bien la plupart des maisons ici, surtout celles des gens qui y vivent à l'année." Elle est intéressée alors je la mets au courant des détails de la maison, qu'elle est en front de mer et a un jacuzzi qui fonctionne. Ses yeux brillent quand je mentionne ça, alors je lui promets que nous irons tous à un moment ou un autre.

Bella me dit que le temps a été super et qu'elles ont eu un imprévu, même si elles pouvaient faire sans Ben et Reilly séjournant avec elles. Ils avaient été un peu chiants, mais sinon sa semaine avait été bonne. Elle attend notre soirée de samedi avec impatience comme moi. Bella demande si elles peuvent apporter les Jell-O shots (cocktails généralement à base de vodka) qu'elles mourraient d'envie de faire et je lui dis que c'est parfait.

Nous restons à l'extérieur pendant un certain temps à parler et rire, apprenant à nous connaître. Parfois une de ses amies vient dehors pour traîner et subtilement la surveiller, et par deux fois Em et Rose se risquent à "voir comment les choses avancent." J'ai l'impression d'être dans ce putain de Love Connection ou quelque chose comme ça.

Bella a apparemment la plus petite vessie du monde car elle va aux toilettes au moins cinq fois, et même si elle pouvait profiter de l'occasion pour aller ailleurs, elle revient directement vers moi.

Angela nous rapporte que Reilly est parti et qu'il est fâché. Bella soupire et dit qu'elle se sent vraiment mauvaise mais Angela la convainc que ce n'est pas sa faute et qu'elle a été claire avec lui depuis le début. Je veux me sentir mal pour Reilly, pour lui avoir détourné l'attention de sa copine (qui n'est pas vraiment sa copine du tout), mais je n'y arrive pas.

Même si j'essaie de ne pas la fixer, je peux clairement voir à travers son top la preuve qu'elle a froid et je souhaiterais avoir une veste qu'elle puisse mettre. Ou… je ne le souhaite pas vraiment car j'apprécie la vue. Elle ne veut pas retourner à l'intérieur pieds nus, alors nous trainons jusqu'à ce que tout le monde soit prêt à partir.

En marchant vers la sortie arrière, je la raccompagne vers le front de mer avec ma main dans le bas de son dos. En groupe, nous déambulons lentement à travers la ville, parlant et riant tranquillement jusqu'à ce que nous arrivions dans leur quartier. Bella est en difficulté pour naviguer confortablement dans les allées sombres de sable avec tous les petits cailloux qui blessent ses pieds nus, alors je m'accroupis pour lui permette de grimper sur mon dos. Je n'ai pas fait ça depuis le lycée.

Ses mains froides se faufilent autour de mon cou et, ce peut être une hallucination, mais je jure que je peux sentir ses tétons durs comme la pierre pointer contre mon dos. C'est tout ce que je peux faire pour ne pas l'inviter chez moi pour la garder au chaud dans mon lit.

J'accroche mes mains derrière ses cuisses couvertes de jean, la remontant plus haut, appréciant notre proximité. Elle rit bêtement pendant tout le trajet jusqu'à sa maison, son souffle chaud chatouillant mon oreille et quand nous arrivons devant son porche j'hésite à la laisser aller. Mais elle glisse le long de mon dos me désarçonnant et se tourne avec la tête penchée et un sourire narquois sur le visage

"Merci pour la ballade."

Ma réponse est automatique, mais sincère. "Quand tu veux."

Et alors soudain la tête me tourne avec ce 'déjà-vu'. J'ai cette impression oppressante très bizarre que j'ai eu cette conversation avant et je n'arrive pas à définir quand et avec qui. Je suis totalement flippé par tout ça jusqu'à ce que je sente ses doigts gelés toucher mon menton, m'obligeant à la regarder.

"Hé, où étais-tu parti?"

"Quoi?"

"Tu avais en quelque sorte disparu pour moi," glousse-t-elle.

Après m'être secoué la tête je réponds, "Je suis désolé. J'ai juste eu une impression de déjà-vu. Ça m'a un peu fait paniquer.

Retroussant un peu son nez, elle dit, "Oh, bien. Bon… je vais supposer que je te verrai plus tard." Alors qu'elle hésite, sa bouche s'ouvre et se ferme et je sais qu'elle veut dire quelque chose mais pour une raison quelconque elle ne le fait pas. Je suis toujours en quelque sorte out quand Bella se tourne pour prendre congé mais je saisis son coude, laissant mes doigts glisser le long de son bras jusqu'à ce que je tienne juste son petit doigt. Je suis presque prêt à tout pour que nos chemins ne se séparent pas. Jésus, Em a vraiment déteint sur moi. Soumis par le miracle de l'osmose ou quelque merde.

Je lâche, "Aimerais-tu qu'on aille dîner demain soir?" Je ne m'en rends pas compte tout de suite mais je suis en train de frotter mon pouce sur ses ongles, sa main toujours prisonnière de la mienne. C'est si bon.

Le visage de Bella se rembrunit dans un froncement de sourcils. "Merde. Nous avons des amis qui viennent dîner demain soir. Mais… peut-être un petit déjeuner à la place?" Elle hausse les épaules de façon adorable, laissant son pouce balayer le dessus de ma main.

"Petit déjeuner alors," dis-je, n'attendant pas de perdre l'occasion de passer plus de temps avec elle. "Neuf heures?"

"Est-ce que dix heures te va? Je vais courir le matin et le temps que je me douche…"

"Parfait. Je viens te prendre ici à dix heures."

Avec un signe de la main par-dessus son épaule elle dit, "Bonne nuit Eddie."

"Bonne nuit Bella."

Em me demande de tenir bon pendant qu'il profite d'une dernière occasion pour coincer sa langue dans la gorge de Rosalie avant d'enfin lui dire bonne nuit. Je sais de par le langage de son corps qu'il veut passer la nuit avec Rose mais vu qu'il l'apprécie sincèrement, je suppose qu'il va attendre au moins un ou deux jours avant de se la faire, le baiseur galant qu'il est.

Nous marchons tous les deux vers la maison dans un silence distrait avec d'identiques sourires idiots; deux putains de crétins.

Juste comme nous arrivons au perron de la maison je demande, "Tu sais, tu aurais au moins pu me prévenir que Bella avait posé des questions sur moi."

"Hé, j'ai essayé de faire en sorte que les choses restent spontanées. En outre, depuis combien de temps nous connaissons-nous? Si tu avais même eu la moindre idée qu'elle était sur toi, tu te serais pris la tête au point de saboter la moindre chance avec elle. Rose dit que c'est une fille bien, Eddie. Et... elle est même née dans la même décade que toi." Il sourit, lassant la porte moustiquaire claquer derrière lui. " Tu devrais essayer de ne pas foirer avec celle-là, d'accord?"

"Ta gueule." Je fais une grimace à Em, même si je sais qu'il a raison sur la partie me prendre la tête.

"Tu penses que tu peux gérer sortir avec quelqu'un qui n'a pas droit aux remises Carte Vermeil?"

"La ferme Trou du cul," dis-je, ne contenant pas mon rire alors que je pousse son épaule. Il la frotte comme si je lui avais fait mal.

"Aïe, salaud," se plaint-il, "je vais avoir besoin de Synthol. Hé, tu crois que Renée a peut-être des baumes contre les rhumatismes que je pourrais lui emprunter?"

J'ignore son ricanement de petit futé. "Tu n'as pas intérêt à dire à Bella quoi que ce soit qui ne soit pas cent pour cent flatteur," l'avertis-je ne plaisantant qu'à moitié. "Tu ne lui as pas dit au sujet..."

Il me fit ce visage, celui qui signifie 'pas de blague'. "Oh ouais, comme si j'allais parler à quelqu'un de toi et tes petites parties de jambes en l'air avec l'ex MILF de ton père."

"Dieu, ne me le rappelle pas. Sérieusement quand même, Em." La dernière chose dont j'ai besoin est que ça se sache? Combien cela montre-t-il de mon caractère?

Em me donne une tape dans le dos avec condescendance. "Eddie, tu es formidable de toutes les façons imaginables," dit-il en roulant des yeux. Son ton est tellement plein de sarcasmes que je voudrais le frapper. "Qu'est-ce que je pourrais avoir de possible à dire sur toi qui serait mauvais?"

Seulement tout.

Je baisse les yeux et marmonne, "Juste... merci, c'est sympa."

Il hoche la tête, "Yep." Et la conversation est terminée.

Alors que je me dirige vers les escaliers je dis à Em, "Je mets la sonnerie pour cinq heures." C'est à cette heure que les vagues sont à leur meilleur niveau.

Il inhale et laisse sortir un grand souffle d'air. "Super. Je te vois dans la matinée." Le téléphone d'Em vibre à la réception d'un texto, et quand il le sort avec un sourire sur la figure il est clair que c'est Rose.

Je me moque de lui en montant les escaliers mais secrètement, j'aimerai avoir eu le numéro de Bella afin de pouvoir lui dire bonne nuit aussi. Alors que je me déshabille et me glisse dans mon lit, mes pensées sont toutes pour elle et je sais que si je souris en m'endormant le premier soir où je l'ai rencontrée, j'y suis déjà bien jusqu'au cou.

Et je pense que peut-être cette fois ça va aller.

~ITD~


Alors que pensez-vous de cette connexion immédiate, et va-t-elle aller plus loin, combien de temps?

A Bientôt

LyraParleOr