Merci à toutes pour vos reviews, c'est génial!


Chapitre 2

PDV Esmé

En rejoignant le sheriff, je fus soulagée de constater que tout était prêt. Ce jour là, les collégiens visitaient le commissariat et les bénévoles manquaient pour canaliser ces jeunes. Deux heures après, je pus souffler et partager un café avec Charlie Swan le sheriff.

« Je vais l'avoir à l'œil celui-là ! » disait-il en parlant d'un élève.

« Vous disiez ça d'Emmett et regardez où il en est aujourd'hui. »

« C'est vrai, mais les blagues d'Emmett n'ont jamais dégénérées. Et comment va Alice ? »

« Très bien, toujours en Europe. Elle revient à New York en octobre. »

« Et Edward ? »

Malgré moi, j'eus un rictus.

« Bien… » répondis-je tout de même.

« Oh oh. C'est pourtant le moins extravagant de vos enfants. » releva Charlie.

« Oui, c'est vrai mais depuis qu'il est rentré… pardon, je ne devrais pas m'étaler ainsi. »

Je me levai et pris mon sac mais Charlie me retint.

« Je peux peut-être vous aider. Je sais ce que c'est d'avoir un enfant adulte à la maison. »

« Je suis sûre que Bella est bien plus facile à vivre qu'Edward. »

« C'est l'enfer ! » lâcha-t'il.

Mon sourire s'agrandit malgré moi. Avais-je trouvé un écho à mon problème ?

« Comment ça ? »

« Eh bien, je m'en veux qu'elle soit encore là. Ça fait trois ans qu'elle a quitté la Floride pour Forks. Elle n'a jamais aimé vivre ici. Quand sa mère m'a quitté, Bella est venu les premières années mais quand elle a eu huit ans, elle a insisté pour que je vienne à Phoenix. Alors revenir n'a pas été facile. »

« À chaque fois que je la croise, elle semble perdue dans ses pensées. »

« Oui, elle n'a pas sa place ici. »

Tout commençait à se mettre en place dans ma tête.

« Votre crise cardiaque a été assez sévère pour qu'elle veuille s'occuper de vous. »

« Mais je vais mieux ! » s'exclama-t'il.

« Vous ne me dites pas tout Charlie. »

« Je veux qu'elle parte ! »

Il avait lâché cette phrase si vite et en était étonné lui-même.

« Oh mon dieu, je suis horrible. »

« Mais non, voyons, le rassurai-je. Vous avez vécu seul si longtemps, on peut comprendre que vous regrettiez votre train de vie de célibataire. »

« Hum, en fait j'aimerais bien… »

« Cachotier ! »

« Vous vous en doutiez. » rit-il gêné.

« Oui, à la fête de noël du maire, j'ai remarqué que Sue Clearwater et vous vous faisiez des yeux de merlans frits ! »

« Mais voilà, il y a Bella à la maison. Je ne peux pas faire cohabiter ma nouvelle compagne avec ma fille. Ça me gêne. »

« Bella est adulte, elle comprendra, il suffit de lui dire et je suis certaine que… »

« Non, elle n'arrête pas de me dire à quel point elle est contente de vivre avec moi, de se sentir utile. »

« La mort de sa mère l'a beaucoup affectée… elle veut se rattraper avec vous, vous avez passé si peu de temps ensemble avant son retour. »

Renée était décédée cinq ans plus tôt dans un accident de voiture avec son mari Phil alors qu'ils étaient en voyage pour les matchs de baseball de Phil. Bella avait décidé de rester à Jacksonville après cela, elle était encore à l'université, elle se spécialisait en littérature anglaise du dix-huitième siècle. Elle avait hérité d'une grosse somme, sa mère ayant tout prévu malgré ses airs de tête de linotte. Puis son père avait eu une crise cardiaque qui failli lui être fatal et Bella avait rappliqué à Forks aussitôt, délaissant ses études pour s'occuper de Charlie.

« Oui mais j'aimerais la voir avancer aussi. Elle a déjà vingt cinq ans et pas de travail, quasiment pas d'amis et pas l'ombre d'un flirt. »

« Vous n'aviez pas ce discours il y a dix ans. » rigolai-je.

Je connaissais Charlie depuis vingt cinq ans. Après notre mariage, Carlisle et moi avions voulu élever nos trois enfants dans une petite vile tranquille, Forks s'était révélé le cadre idéal. Sa fille était un trésor, quand Charlie en parlait, ses yeux brillaient et quand Bella avait eu l'âge de fréquenter les garçons, Carlisle le taquinait souvent. Charlie était très protecteur et être loin de sa fille n'avait pas facilité à le calmer.

« J'aimerais beaucoup vous inviter avec Bella dimanche midi. Dites oui ! »

« Avec plaisir, ça fait longtemps que je n'ai pas bavarder avec votre mari en dehors du travail. »

Sur le chemin du retour, mon plan se peaufina, il était évident que j'allais devoir mettre Charlie dans le coup mais avant de trop dévoiler ma stratégie, il fallait au moins que je vérifie si nos deux « Tanguy » avaient des affinités.

« Merveilleux ! » s'enthousiasma mon mari quand je lui fis part de mes intentions.

« Je t'aurais cru plus réticent. Si Edward l'apprend… »

« Il nous remerciera ! Esmé je n'en peux plus de devoir me cacher ! On était si bien quand tous les enfants étaient partis. Edward est en plus le pire des trois. Emmett et Alice auraient compris notre besoin d'intimité mais pas Edward. »

« Je suis sure qu'il pense que nous ne faisons plus l'amour depuis vingt ans. »

« Et c'est pour ça qu'on ne peut rien lui dire. Alors faisons-le, manigançons et faisons d'une pierre deux coups. Marions Edward et Bella ! »

Je ris face à son enthousiasme. Il était toujours pour le respect et l'honnêteté, c'était dire à quel point il était frustré. D'ailleurs en parlant de frustration, il était temps de s'occuper de nous...


Voilà qu'Esmé s'est trouvé un complice!