Note de l'auteur: Euh… Bonjour?

Je suis désolée. Vraiment. Ne me lancez pas de tomates. J'ai eu quelques mois vraiment merdiques, et je n'arrivais pas à écrire un mot. Ma tête était vide.

Donc je me suis forcée à écrire ce one-shot. L'écrire m'a fait du bien, et même si mon écriture est un peu rouillée, j'espère que vous l'aimerez quand même.

Disclaimer: Les personnages appartiennent à Meyer.

[Lines]

" I know that even with the seams stitched tightly/ Je sais que même avec les points de souture cousus fermement
Darling, scars will remain/ Chérie, des cicatrices vont demeurer
I say we scrape them from eachother, darling/ Je propose de se les gratter l'un de l'autre
And let them wash off in the rain/ Et de les laisser partir dans la pluie
And when they run into the river/ Et quand elles couleront dans la rivière
Oh no, let the water not complain/ Oh non, laisse pas l'eau ne pas se plaindre
I swear that even with the distance slowly wearing out your name/ Je jurerais que même avec la distance qui use lentement ton nom
Your hands still catch the light the right way/ Tes mains captent toujours la lumière de la bonne manière
And our hearts still beat the same/Et nos cœurs battent toujours identiquement "

Nobody, Not Even the Rain (La Dispute)

Line 3– Sue's
La dépression… Ce n'est pas ce qu'on s'imagine tous. Ce n'est ni drôle ni terrible.

C'est gris et flou, c'est triste et profond, et je ne souhaiterais à personne le malheur d'être dépressif. Parce que j'y ai été, et peut-être même que j'y suis encore.

Le seul conseil que j'ai si vous êtes dépressif, c'est de sortir votre tête du cul. Des gens vous aiment, et vous les faites souffrir en souffrant. Même si vous ne pouvez pas faire arrêter votre propre souffrance, faites semblant. Pour ceux qui vous aiment et que vous aimez.


"Alors chérie, tes amis ne sont pas là?

Bella lève les yeux pour rencontrer ceux de John, son client le plus fidèle, ou plutôt celui de Sue's, le café de Sue Clearwater.

–Non, pas encore. Ils vont pas tarder, sourit-elle.

–Je jurerais que la seule raison pour laquelle ils viennent ici, c'est parce que tu y travailles, dis John avec un clin d'œil.

Bella rit. Elle aime beaucoup le vieil homme, qui mord encore dans la vie de toutes ses dents malgré son âge avancé.

–Que veux-tu, je suis la meilleure serveuse de Sue.

–Tu es aussi la seule, ajoute joyeusement Sue en plaçant une tasse devant John.

Bella contemple John et Sue discuter et blaguer entre eux. Elle a l'air de les écouter mais leur voix se sont déjà effacées dans sa tête.

Cela fait six mois. Six mois depuis qu'Edward l'aie laissée tomber, six mois depuis qu'elle ait découvert que Jake était un loup garou; six mois depuis qu'elle ait décidé, dans une sorte de brouillard, de se remettre à bouger pour faire plaisir à son père. Quatre mois depuis qu'Harry Clearwater était mort et qu'elle avait enfin fini le lycée.

Quand Charlie lui avait annoncé que Sue recherchait une nouvelle serveuse (la dernière ayant apparemment fugué pour se marier avec son petit ami à Paris), elle avait sauté sur l'occasion, se disant que c'était justement de ça qu'elle avait besoin.

Elle avait eu raison.

Elle avait rencontré toutes sortes de personnes en papotant avec eux. C'était fou ce que l'on pouvait apprendre en étant juste une serveuse. Elle avait assisté à une demande en mariage, plusieurs premiers rendez-vous maladroits entre couples, des centaines d'éclats de rires et de pleurs, et avait repris courage en regardant des parents embrasser leurs enfants et des vieux couples de 80 ans se disputer pour se réconcilier finalement en riant comme des complices de longue date, comme si la vie n'était qu'une blague qu'il fallait vivre jusqu'au bout.

Même si rien n'allait chez elle et que sa tête n'était qu'un désordre de pensées emmêlées et brisées, elle avait compris qu'il y avait des choses pour lesquelles il fallait continuer de vivre, même si c'était en simple spectateur.

"Bella? Bella?

Elle sent une main secouer son bras, et elle cligne des yeux.

–Mmm?

–Commande table 2.

Elle hoche la tête et se hâte vers la table.

Au moment où elle sort un carnet et un stylo pour noter la commande, la clochette de la porte tintille, amenant avec elle une horde de Quileutes torses nus qui se bousculent en riant. Ils s'assoient à leur table habituelle en lui hurlant des bonjours. Elle esquisse un sourire puis se retourne vers sa cliente.

Après une matinée occupée, elle peut enfin faire sa pause de midi avec la meute. Pour le déjeuner, c'est Leah qui la remplace. Leah… qui est l'imprégnée de Jake. Elle est heureuse pour eux deux, et plus que soulagée que grâce à cela, Jake n'ait plus de pensée autre qu'amicale envers elle.

"Bells, tu veux savoir un secret? chuchote Quil d'un air conspirateur.

Elle lève un sourcil d'un air interrogateur.

–Je crois que Charlie en pince pour Sue, poursuit-il sur le même ton.

Bella sent ses yeux s'écarquiller. C'est vrai que ces derniers temps, son père venait tout les jours déjeuner chez Sue's. Elle avait pensé que c'était parce qu'elle y travaillait, mais elle ne s'imaginait pas…

Elle cherche des yeux Charlie, et le trouve appuyé sur le comptoir, une tasse de café à la main, qui bavarde avec Sue. Elle n'entend pas ce qu'ils disent, mais leurs yeux semblent scintiller.

Et elle le voit, maintenant; non , Charlie n'en 'pince' pas pour Sue, ils s'aiment vraiment.

Un sourire envahit lentement son visage.

–Bien.

Toute la meute la regarde rayonner, et se sent gagnée par son bonheur.

Quand Bella est heureuse, personne ne peut ne pas l'être; c'était comme ça.


Les loup-garous rentrent chez eux un par un, un silence s'ajoutant au fur et à mesure que la table se vide. Puis il ne reste plus que Paul.

Bella aime le fait qu'avec Paul, elle n'a pas besoin de faire semblant, ni de faire des efforts particuliers. Plongé chacun dans leur monde, ils ne partagent aucun mot mais se comprenent malgré tout.

Les mains serrant sa tasse, les yeux rivés sur le dernier cercle de café restant au fond de celle-ci, Bella laisse ses pensées envahir sa tête.

Toute sa famille et tous ses amis pensent qu'elle est 'réparée' maintenant. Mais elle sait que c'est faux. On ne peut pas réparer une personne, son passé ne s'efface pas.

Il y a des nuits où elle hurle dans son oreiller en pleurant hystériquement, des matins où elle doit forcer son corps tout entier à sortir du lit, et des moments où elle sert ses poings tellement fort que ses ongles s'enfonçaient dans ses paumes pendant qu'elle essaye de réguler sa respiration en lambeaux.

Elle sait, en elle-même, qu'elle se sentirait toujours comme cela. Mais elle arriverait à vivre avec.

Avec Paul, tout est différent. Il ne la traite pas comme si elle est 'guérie', mais il ne la chouchoute pas non plus. Il la toise de son regard sombre et il sait quand ça ne va pas.

De la même manière qu'elle le sent tout de suite quand il n'est pas comme d'habitude, et sait le réconforter sans mot.

Elle le comprend au moment même où l'idée traverse sa tête.

Elle tourne son visage vers Paul, qui ne détourne pas son regard qui était rivé sur elle.

Elle sait que ce qu'elle va dire ne brisera pas leur vœu de silence.

–Paul?

Il fait un petit son de la gorge, comme pour lui dire de parler.

–Je crois que je t'aime.

L'ombre d'un sourire traverse le visage du loup-garou.

–Je crois que je t'aime aussi.

Leurs yeux se rencontrent, et Bella sourit.

–Je crois que j'arriverai à vivre avec.


5 mois plus tard

Leah lui a demandé de préparer son mariage avec Jacob pour elle. Bella a accepté avec excitation sur le moment, mais elle n'est plus trop sure maintenant.

Elle a l'impression que tout pèse sur ses épaules, qu'un petit détail pourrait ruiner le mariage, et que ce serait de sa faute.

C'est ridicule, mais elle s'effondre sur son lit et appuie sa tête contre ses mains, secouée par des sanglots silencieux. Sa tête tourne et elle a l'impression de s'étouffer.

À ce moment-là, elle sent quelqu'un s'asseoir sur le lit, et elle sait immédiatement de qui il s'agit.

Paul.

Seul Paul sait quand elle est désemparée.

Il la prend dans ses bras et, quand elle arrête enfin de trembler, il lève son visage avec son index, la forçant à le regarder.

"Tu vas y arriver, tu sais. Tout le monde te fait confiance, tu es la seule qui ne te fait pas confiance. Le mariage sera génial et ça sera grâce à toi.

Elle soupire et murmure:

–J'aimerais bien te croire.

–Isabella Swan. Arrête ça. La fille qui a réussi à survivre après avoir passé des mois avec des vampires ne va pas faire sa mauviette maintenant, non?

Elle fait non de la tête, puis se met à sourire.

–Quoi? demande Paul.

–Rien. C'est juste que… Tu es le seul qui peut me donner autant de courage.

–Je sais, je suis le meilleur.

Elle glousse, et ça illumine le visage de Paul. Une Bella heureuse, ça donne un Paul heureux.

–Je crois que je t'aime, Paul.

–Je crois que j'arriverai à vivre avec.


J'espère vraiment que ça vous a plu. Si vous avez des idées de one-shot (décor, personnages présents autre que Bella et Paul, etc.) n'hésitez pas à me les proposer! A bientôt, promis :)

Chloé