Spock se tenait dans un coin, regardant autour de lui. La fête faisait rage. Il y avait tant de gens. Sur Vulcain, il y avait nettement moins de gens et de chaos lors des rassemblements sociaux. Les fêtes que Jim avait organisées à l'Académie étaient généralement plus bruyantes et considérablement plus chaotiques que celle-ci.

Cette fête n'était pas calme, mais pas trop bruyante non plus. Les gens discutaient et riaient, ils semblaient s'amuser.

« Spock, viens ici ! » appela Jim. Spock s'approcha de son colocataire. Jim était assis sur le divan, entouré de jeunes de son âge.

« Spock, je te présente Joshua, Clark, Marie, Kara, Peter. Et la fille à côté de Chris est sa copie, Ari. »

« Enchanté, je suis Spock, » dit-il.

« Allez, assieds-toi, » dit Bones. Spock obéit.

« Alors, t'es vulcain ? » demanda le type appelé Peter.

« En effet. »

« Il fait vraiment 100°F tous les jours, là-bas ? »

« Seulement en hiver. Généralement, il fait plus chaud. »

« Wow, dit Joshua, et moi qui croyais que nos étés pouvaient être chauds. »

« La perception de la chaleur est relative et propre à chaque individu. Je trouve qu'il fait trop froid à San Francisco, alors que James dit régulièrement qu'il y fait trop chaud. »

« Attends, dit Kara, si tu trouves qu'il fait froid en Californie, comment est-ce que tu survis ici ? » James éclata de rire.

« C'est bon, on lui a donné un manteau chaud et il porte un pull. »

« J'aimerais vivre quelque part où il fait plus chaud, je déteste le froid ! » dit Marie. « Eh, Bones, tu crois que tes parents m'en voudraient si je t'empruntais ta chambre pour l'année scolaire ? » Tout le monde rit.

Le groupe en revint à un papotage tranquille. Spock n'était pas du genre à papoter, mais il fit un effort ce soir-là et s'aperçut que ce n'était pas aussi difficile qu'avant. Ses capacités à interagir avec les humains s'étaient évidemment améliorées durant les deux dernières années.

« Maintenant, Spock, dis-leur que c'est arrivé, fit Bones, que Kirk a vraiment fait exploser le bureau du professeur de chimie. »

« C'était un accident. Personne ne m'avait dit de ne pas mélanger les contenus des fioles. »

« La raison pour laquelle on ne te l'a pas dit était que c'était écrit sur le tableau, » dit Spock. Joshua rit.

« Ca ressemble bien à Jim. » Spock se leva.

« Veuillez m'excuser. »

« Eh, tu vas où, Spock ? » demanda Clark.

« Chercher une boisson. »

« Goûte le cacao ! » dit Bones.

« J'ose croire que c'est du sarcasme, Leonard. » Spock se dirigea vers la cuisine.

« Spock ! Comment ça va ? » demanda Winona.

« Très bien. »

« Tu t'amuses ? »

« Je trouve d'ordinaire une telle expérience sociale illogique, mais ce soir je l'ai trouvée agréable. »

« Je le prends comme un compliment, dit-elle. Tu sais, toi et Leonard avez une bonne influence sur Jim. »

« Comment ça ? »

« À chaque fois qu'il revient, il est un peu moins tête brûlée. Il est toujours énergique et bourré d'idées, mais il semble mieux se contrôler. Je suppose que 'mûr' serait le mot adapté. » Elle regarda par l'embrasure de la porte vers l'endroit où Jim, son frère et ses amis étaient assis. « Je suis contente de le voir enfin passer à autre chose. »

« Je crains ne pas suivre. » Winona sourit.

« Je suppose que je ne dois pas être surprise qu'il ne t'ait rien dit, il en parle très peu. Spock, as-tu entendu parler de Kodos ? »

« C'était le gouverneur de la colonie Tarus IV. Quand elle a été abandonnée, il a choisi de tuer arbitrairement la moitié de ses occupants dans ce qu'il considérait comme une tentative d'assurer la survie de l'autre moitié. C'est le plus grand et, même du point de vue d'un Vulcain comme moi, le pire massacre de notre époque. »

« Oui. Et Jim y était, dit Winona. Quand il était plus jeune, il n'aimait pas rester ici. En résumé, il détestait cette sensation d'être dans une petite ville au milieu de nulle part. Alors, nous avons trouvé le moyen de l'installer chez ma soeur Evana. Quelques mois plus tard, quand la Fédération s'est séparée de la colonie... » Elle s'interrompit. « Je ne devrais pas te le dire, mais je suis sûre que tu t'es demandé à un moment ou un autre pourquoi Jim est aussi hyperactif. »

« En effet. »

« Je crois qu'il s'en sert comme d'un filtre, pour s'épargner. Ce que je dis n'a pas de sens... »

« Au contraire, c'est logique. Vous pensez que depuis cette expérience, James utilise sa nature déjà énergique pour en filtrer l'horreur. »

« Je suppose, et puis il n'avait que treize ans à l'époque, et quelque chose d'aussi horrible marquerait quiconque, peu importe l'âge. Enfin, je voulais juste te le dire, merci. »

« Je vous en prie, » dit Spock. Jim entra.

« Eh ! maman, super la fête ! Allez, viens, Spock, il est quasi minuit ! »

« Je vais chercher ton père. » Winona quitta la pièce, tandis que Jim entraînait Spock.


Minuit vint et passa, les gens commencèrent à rentrer chez eux. Chris ramena Ari chez elle. Jim, Bones et Spock montèrent à l'étage.

« Je dois vous montrer quelque chose, dit Jim. Venez ! » Ils entrèrent dans la chambre de Jim. Il ouvrit sa fenêtre et sortit à l'extérieur.

« Jim, qu'est-ce que tu f- »

« Allez ! » McCoy haussa les épaules et sortit par la fenêtre, suivi de Spock. Jim était assis sur le toit et regardait le ciel.

« Je viens souvent ici, c'est si tranquille, on pourrait y rester, genre, toujours. »

« Belle vue, » dit McCoy en s'asseyant à côté de son ami, de même que Spock.

« James ? Ta mère dit que tu étais sur Tarus IV quand... »

« J'y étais, ouais. »

« Attends, pour de vrai ? demanda Bones. Mais t'avais genre douze ans ! »

« Treize. Pourquoi est-ce qu'elle te l'a dit ? demanda Jim. Elle sait que je n'en parle pas. »

« Parce qu'elle semble croire que tu n'étais jamais passé outre cette épreuve de ta vie, mais que Leonard et moi t'avons forcé à le faire. »

« Bah, peut-être. Je sais pas. » Kirk regardait les étoiles. « Vous vous rappelez, quand je disais que je ne croyais pas aux scénarios sans victoire ? Je n'y crois pas parce que Tarus IV en était un. Kodos en a fait un scénario sans victoire en tuant quatre mille personnes de trois races différentes. » Il regarda chacun de ses colocataires. « Il est toujours vivant, vous savez, il s'est échappé. J'ai passé tout un mois à être quasiment interrogé là-dessus, à cause de ça, et après avoir appris que ma tante avait été tuée. »

« Pourquoi ils interrogeraient un gamin ? » demanda Bones.

« Starfleet n'aurait pas fait ça. Le gouverneur Kodos était une personne très renfermée, peu de gens le connaissaient dans la colonie et encore moins étaient capables de dire à quoi il ressemblait. Je l'avais vu. Je m'en souviendrai toujours. » Il y eut un silence. Jim soupira.

« Eh, on ne va pas s'attarder là-dessus, OK ? C'était horrible, ça l'est toujours, mais c'est du passé, maintenant. Et vous savez quoi ? Je vais dire un truc vraiment nunuche. »

« Quoi ? » dit Bones.

« Je préfère que vous le sachiez. Je crois que se connaître nous aura profité à tous. »

« Je suis d'accord, » dit Spock.

« Bah, je suppose que si on cherche bien au fond, en cherchant bien la petite bête, moi aussi, » dit McCoy. Kirk rit.

« Bonne année, les mecs. »

« Bonne année. »

« Bonne année. »