Note de la traductrice : Je suis tellement désolée pour ce retard affreux ! (à ce niveau là, on peut carrément parler de hiatus) En tous cas, je vous livre le dernier chapitre de cette fic que j'ai adorée traduire.

J'espère que vous aimerez autant que moi !

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The Weight We Carry


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Harry se tenait là, blotti contre Snape pendant un moment, avant qu'il ne soit repoussé. Et Snape s'abattit sur lui, les yeux sombres et perçants, de fines mains enserrant ses bras.

« Vous ne savez pas ce que vous offrez, gamin. Si vous aviez la moindre idée de ce que je voulais de vous, vous détaleriez loin de moi – en criant. »

Harry fronça les sourcils, haletant. Snape se tenait si près qu'il était presque drapé sur lui une fois de plus. Le plus jeune marcha dans une marre d'eau en reculant. Regardant derrière lui, il se rendit compte qu'il était debout au bord d'un étang qui avait l'air incroyablement familier.

Maintenant confus, il regarda derrière Snape et remarqua un groupe d'arbres qui se distinguaient du reste par leur proximité les uns des autres, se touchant presque...

Essayant de ne pas faire crisser la neige, il avança un peu plus et se mit derrière l'arbre le plus épais. Là, il se figea, les yeux fermés et le cœur battant la chamade, priant n'importe quel dieu qui voulait l'entendre pour que ce plan fonctionne.

Soudain, à travers le branchage de l'arbre, presque comme s'il s'agissait d'un cadre autour d'une photo, il vit la peau douce et pâle révélée couche par couche.

Un sentiment familier comprima l'aine de Severus et il ferma les yeux un instant. La dernière fois qu'il avait ressenti quelque chose comme cela – ressenti un désir de cette force – avait été il y a une vie de cela. Il se sentait comme un vieux pervers.

Néanmoins, il se força à regarder, se disant qu'il avait besoin de savoir si le plan allait fonctionner.

Ses yeux glissaient sur le corps ferme et élancé, imaginant la douceur de la peau pâle sous l'effleurement de ses doigts.

Toutes ses pensées s'envolèrent quand il vit Potter plonger dans l'eau. Resserrant ses mains en poings, Severus retint son souffle et pria qu'il n'ait pas fait une erreur de calcul, et que Potter allait émerger avec l'épée dans les mains.

Ce n'était pas le cas.

Cela faisait près d'une minute et Potter n'était toujours pas revenu. Severus se prépara à secourir le stupide garçon.Il commençait tout juste à sortir de sa cachette quand Weasley sortit en courant de nulle part et sauta tête la première dans l'étang.Quelques instants plus tard, deux jeunes hommes trempés refaisaient surface et Severus poussa un soupir de soulagement.

Se soutenant à l'arbre, Severus essaya de forcer son rythme cardiaque à se calmer.Quand il se sentit suffisamment serein pour se retenir de se précipiter hors des arbres et d'étrangler l'idiot, il scruta à nouveau l'endroit.

Avec un gémissement intérieur, Severus sentit son sexe durcir douloureusement à la vue du pantalon mouillé moulant un cul très bien fait et il n'y avait rien qu'il puisse faire pour l'arrêter.

Gardant un œil sur Weasley qui détruisait le médaillon, Severus dévorait Potter des yeux sans pouvoir s'en empêcher et se laissa submerger par le désir mais seulement pour un moment.

Un homme tel que lui attirait rarement quelqu'un d'aussi beau se permettre autre chose que de simplement regarder ne ferait qu'augmenter son chagrin. Alors, après un certain temps, il détourna les yeux.

Harry cligna des yeux quand le souvenir le libéra et qu'une certitude le saisissait. Il prit Snape dans ses bras et l'étreint contre lui afin qu'il n'y ait aucun malentendu sur la nature de son geste.

« Je sais exactement ce que tu veux de moi. Je t'ai vu. Me regarder. » dit-il, avant de se rendre compte que Snape n'avait aucune idée de ce qu'il venait de voir, « Tu me regardais ici, dans cet étang. Tu étais là-bas et que tu me désirais. »

Snape plissa ses yeux et la tension raidit immédiatement ses épaules. Harry crut percevoir un éclat de honte à la façon dont il inclinait sa tête, mais ne put pas en être certain comme l'émotion disparut en un éclair. Si Snape avait honte, Harry ne ressentait rien de cela.

« Je te veux... tout autant que tu me veux... me voulais. » se corrigea-t-il, en priant pour que l'attraction de Snape soit devenue quelque chose de plus, comme celle de Harry l'avait été.

Snape secoua la tête. « Vous ne savez rien. » dit-il dans un grognement. « Vous n'êtes qu'un petit garçon jouant le jeu d'un homme. »

Harry rit durement et répondit, « C'est toute ma vie. »

Snape détourna les yeux, puis après une pause, répondit d'un hochement de tête, alors Harry continua. « Mais pas maintenant. Je sais exactement ce que je veux et c'est toi que je te veux. »

Se penchant un peu plus, Harry continua de regarder Snape droit dans les yeux, osant même presser son torse contre lui.

Le regardant de haut, Snape semblait mener une guerre intérieure. Il savait que le plus âgé faisait de son mieux pour garder le contrôle de lui-même, mais Harry ne pouvait pas laisser passer cette chance. Mais que pouvait-il faire? Il n'avait jamais séduit quelqu'un auparavant, n'avait pas la moindre idée de comment s'y prendre. Il avait beaucoup d'idées de ce qu'il voulait faire, mais il n'était pas sûr de savoir comment commencer. La seule chose en laquelle il avait confiance était de poser une main contre le torse de Snape, juste au-dessus de son cœur, son instinct lui disant que le sexe n'était pas la seule chose à l'esprit de Snape.

Son instinct avait raison.

Harry sentit un unique battement sous ses doigts avant d'être soudainement enlacé par Snape et que de douces lèvres se pressent fermement contre les siennes. Il était passionné et désespéré et laissa Harry haletant, la brutalité du baiser ne le rendait pas moins tendre.

Le cœur de Harry explosa et il gémit dans la bouche de Snape, attirant son cou pour amener Snape incroyablement plus près. Il commençait à peine à savourer le baiser quand il fut brusquement dégagé, Snape le repoussant en reculant un peu, ses bras tremblants le maintenaient à distance.

« Tu ne réalises pas ce que tu offres, Potter » murmura-t-il durement. « Si je t'avais, je ne te laisserai jamais partir. J'ai passé ma vie dans la solitude et si je t'avais... » Il s'arrêta et regarda Harry avec un désir et un besoin tangibles. « Si tu te donnes à moi, je te garderai égoïstement. Tu seras mien, Harry, et je ne te laisserai jamais, au grand jamais, partir. »

Toute trace de nervosité qui restait fondit pour être remplacée par un sentiment de paix et de chaleur provenant de ses désirs refoulés. Il sourit, essoufflé par les paroles de Snape.

« Oui, s'il te plaît » fut tout ce qu'il put dire, d'une voix rauque de désir. Il repoussa alors la prise de Snape et s'empressa de l'embrasser vigoureusement, voulant le posséder autant qu'il voulait être possédé.

Faisant un bruit d'incrédulité et de désespoir mélangé, Snape répondit au baiser et Harry recula sous la force de son étreinte, ses pieds pataugeant alors dans l'étang. Snape l'éloigna prestement de l'eau, mais ses pieds étaient maintenant trempés et ruisselants, et cela n'avait pas d'importance parce que Snape l'embrassait à nouveau.

Snape mordit son cou et Harry gémit quand il passa ses mains dans les longs cheveux noirs pour attirer Snape. Il constata que la robe de Snape était encore déboutonnée suite à leur déshabillage hâtif à Godric's Hollow et Harry n'eut aucun problème à la lui retirer, caressant béatement toute peau que ses doigts atteignaient.

Encore une fois, Snape s'arracha brusquement à Harry, mais cette fois ce fut pour jeter ses robes et les disposer rapidement sur le sol. Le veston fut retiré avec beaucoup moins de grâce et balancé sur le côté. Vêtu seulement d'une chemise blanche boutonnée, il s'approcha respectueusement de Harry, qui se dit que Snape avait l'air beaucoup moins intimidant sans ses couches de vêtements.

Puis cela le frappa.

Combien de personnes avaient vu Snape ainsi ? Combien avaient été autorisées à voir sous les couches et derrière les défenses de Snape pour voir l'homme lui-même ? D'après les souvenirs de Snape, Harry connaissait la réponse. Le jeune sorcier se tenait là, à bout de souffle, quand il réalisa ce que cela devait signifier pour Snape, et Harry priait pour qu'il ne le lui fasse pas regretter.

Prenant une profonde inspiration, il pensa à simplement se débarrasser de ses vêtements, mais ensuite il capta un regard de pure adoration sur le visage de Snape, qui l'arrêta, figé d'émerveillement. De longs doigts effilés trouvèrent la taille de son jean puis le bord de son tee-shirt et Harry leva les bras tandis que Snape le lui retirait lentement. Harry était maintenant intimidé par la vénération de Snape, ce qui le rendit beaucoup plus mal à l'aise qu'il ne l'aurait été s'il l'avait simplement envoyé au loin comme il l'avait voulu en premier lieu.

Ignorant son ridicule et inopportun embarras, Harry laissa Snape s'imprégner de sa vision, affichant la même émotion qu'avait arborée son visage dans le couloir au square Grimmaurd, sauf que cette fois Harry se permit d'en profiter.

Mais bien que cela le réchauffait de savoir que Snape trouvait son corps attrayant, Harry n'avait aucune envie d'être adoré. Il défit son pantalon et le laissa tomber de ses hanches tandis que ses mains déboutonnaient la chemise de Snape.

Snape commença à défaire ses boutons de manchette, mais Harry l'arrêta en repoussant ses mains et en mettant ses boutons dans sa poche avant de dégrafer le pantalon de Snape.

« Je veux - » il s'interrompit de lui-même quand sa main rencontra les poils drus de la hampe dure en l'érection de Snape.

Déglutissant et essayant désespérément d'endiguer les sensations qui affluaient dans ses testicules, Harry retira lentement le pantalon et observa le sexe de Snape promptement révélé. Il gémit. Cette image de Snape – la chemise à moitié défaite, son pantalon sur ses chevilles, ses bottes toujours mises et son sexe dur et suintant – embrasa l'esprit de Harry.

Harry sourit et enleva ses chaussures, avant de se pencher pour enlever les bottes de Snape. En baissant la tête, sa joue frôla l'érection de Snape et ses yeux s'écarquillèrent quand il entendit une complainte mal retenue de Snape. Harry se délectait du fait que Snape soit dur et gémissant pour lui, qu'il provoquait une telle réaction en lui. Sachant cela, il sentit une bouffée d'assurance dont il n'avait pas cru manquer auparavant. Il pouvait le faire il pourrait faire Snape gémir de plaisir et perdre le contrôle.

Se penchant à nouveau en avant, il enroula ses doigts autour de la base du sexe de Snape et lécha expérimentalement la tête.

Faisant des cercles avec sa langue, effleurant le sommet, Harry vit bientôt une perle d'humidité apparaître de la fente comme une goutte de rosée et il la lécha hâtivement. Il laissa échapper un doux gémissement et décida qu'il aimait le goût de Snape. Ne voulant pas se rendre ridicule, Harry aspira seulement la tête du sexe de Snape tandis qu'une main caressait l'intérieur de sa cuisse, avant de faire doucement rouler ses testicules.

Avec un gémissement, Snape se recula et tomba à genoux, dévorant Harry d'un baiser tout en se débarrassant de son pantalon. Harry s'installa dos sur le manteau de Snape, qui reposait au sol.

Harry ouvrit ses jambes et laissa tout le poids de Snape se presser contre lui. Son odeur et la sensation de sa peau nue rendait son érection douloureuse. Il tenta une brusque poussée en avant et fut accueillie par une dure réaction.

Snape rompit leur baiser et commença à descendre en laissant une traînée, sa langue et ses lèvres retraçant légèrement le torse de Harry. De douces vagues de plaisir déferlèrent dans l'estomac de Harry alors que Snape donnait des coups de langue à sa gorge et derrière son oreille, et elles se transformèrent en de plus ardents frissons lorsque la langue descendit brusquement sur ses mamelons.

Arquant son dos, Harry gémit et implora, un plaisir absolu le retournant, alors que son esprit divaguait et que les instincts de son corps prenaient le dessus. Il glissa ses mains sur le dos élancé de Snape, profitant de la peau douce sous ses doigts tandis que des lèvres continuaient de le taquiner. Des cheveux chatouillaient son ventre et Harry réprima un frisson alors que les lèvres descendaient plus bas, près de son érection. Il sentit Snape saisir son sexe, puis s'immobiliser et il baissa les yeux sur lui.

Snape croisa le regard Harry et sourit ensuite malicieusement avant de l'engloutir totalement.

Harry cria et combattit l'impulsion de s'enfouir dans la chaleur humide alors que la langue de Snape glissait sur la face sensible de son sexe, avant de commencer à le sucer.

« Putain ! » lança-t-il d'une voix rauque alors que ses jambes avaient un léger sursaut.

Il sentit les doigts de Snape esquisser une caresse sur son périnée et Harry frissonna de manière incontrôlable, appréciant l'attention. Les doux mouvements descendirent plus bas, timidement, frottant le pli entre ses fesses, rendant évidentes les intentions de Snape. Harry écarta les jambes en réponse, accueillant chaque contact.

« Merlin, oui. » dit Snape d'une voix essoufflée, alors qu'il arrêtait ses attentions sur le sexe de Harry, s'asseyant pour chercher sa baguette.

Pendant un moment, Snape hésita et lança un regard interrogateur à Harry. Réalisant que Snape lui offrait une chance de reculer, il lui sourit et hocha la tête. Il leva son bras et saisit fermement l'érection de Snape, puis frotta son pouce contre la tête, observant le liquide pré-éjaculatoire qui scintillait dans le clair de lune.

Snape gémit et poussa contre la main de Harry alors qu'il atteignait sa baguette, murmurant quelque chose que Harry n'entendit pas. Avec un soupir, il sentit rapidement les effets. Son intimité était étirée et lubrifiée, et il fut soudain très heureux d'être un sorcier.

« Eh bien, c'est pratique. » dit-il, et Snape eut un sourire en coin avant que Harry l'attire plus bas pour qu'il fonde à nouveau sur lui.

Ils restèrent ainsi pendant quelques instants, se contemplant simplement l'un l'autre, leur respiration haletante était le seul bruit dans la forêt. Snape étudiait ses lèvres et Harry se demandait s'il envisageait d'arrêter... tout ceci. Massant de ses doigts la peau pâle du dos de Snape, Harry essaya de plaider en sa faveur, essaya de dire à Snape à quel point il avait envie de lui avec ses yeux.

Snape regarda au loin pendant un moment, puis un curieux sourire glissa sur ses lèvres et il retira quelque chose des cheveux de Harry avec une surprenante tendresse, et l'étudia narquoisement avant de l'envoyer plus loin.

« Une pâquerette. » dit-il, et le mot sonnait si particulièrement lorsqu'il était dit par la belle voix rauque de Snape que Harry ne put rien faire d'autre en réponse que de sourire et de l'embrasser.

La gravité de la situation maintenant dissipée, Harry remercia la pâquerette pour l'instant de distraction tandis que Snape approfondissait le baiser avec un gémissement. Des mains aux longs doigts saisirent durement ses hanches avant de courir le long de ses cuisses, agrippant ses mollets pour les faire glisser sur les épaules de Snape.

Immédiatement, Harry sentit son entrée s'élargir et la fraîcheur de l'air effleura des endroits qu'elle n'avait jamais atteints auparavant. Frémissant de tout son corps, il sentit la tête de l'érection de Snape à son entrée. Puis Snape s'immobilisa et attendit, soutenant le regard de Harry.

Un frisson traversa Harry quand il réalisa que Snape prenait soin de lui, même là, et sa nervosité le quitta aussi rapidement qu'elle était venue. Il voulait plus que tout le sexe de Snape en lui, mais pour l'instant il se contentait de continuer à le regarder dans les yeux, sentant l'érection de Snape le toucher et se complaisant dans les sensations. Son intimité commença à se contracter, comme impatiente, et les paupières de Snape papillonnèrent avant qu'il ne commence à pousser lentement à l'intérieur.

Malgré le lubrifiant et les étirements, Harry ressentit un élancement aigu de douleur tandis que le sexe de Snape l'écartait. Il savait que cela ne durerait pas longtemps et cela s'avéra vrai comme le membre de Snape s'enfonçait plus profondément. La douleur, toutefois, se transforma en une sensation de brûlure qui devenait difficilement supportable.

« Est-ce que cela est trop douloureux ? » Demanda Snape avec un grognement.

A partir de quelle intensité de douleur est-ce trop douloureux ? pensa Harry avant de répondre avec un hochement de tête. « Parle-moi. » dit-il, en essayant de cacher la tension dans sa voix.

Severus s'enfonça plus loin, par de petites et lentes poussées, avant de regarder Harry, visiblement complètement désarçonné par sa demande.

Harry serra les dents et poussa contre Snape, en disant, « C'est juste que... Dis quelque chose de sexy. Dis-moi ce que tu ressens. »

Finalement, Snape fut entièrement en lui et Harry remarqua que Snape se retenait manifestement, les cuisses et les bras tremblants.

« Tu es divin. » dit Snape d'une voix rauque. « Je suis... Je ne suis pas entièrement sûr de ce que tu veux entendre. »

Harry se déplaça expérimentalement, mais l'inconfort n'avait pas encore diminué.

« Peu importe. Ta voix… » chuchota-t-il. « Ta voix est magnifique. »

Snape se figea sur lui et détourna les yeux, tandis que Harry sentait le corps de Snape se relâcher. Le visage, qui avait été si expressif un instant plus tôt, devint livide et Harry se demanda ce qu'il lui avait dit pour le bouleverser.

« Snape ? » Dit Harry, tirant un peu sur ses cheveux pour qu'il le regarde à nouveau. Quand Snape refusa de croiser son regard, Harry devint presque inquiet. Il repensa à ce qu'il avait dit, ce qu'il avait fait, cherchant quoi faire pour corriger cela.

Au moment où il s'apprêtait à s'excuser, Snape le fixa et l'embrassa à nouveau, mais c'était moins dur, moins assuré et Harry ne comprenait pas pourquoi. Son cœur sombra et il tenta désespérément d'améliorer les choses.

« Ta voix est magnifique. » lui dit-il, et Snape mit son nez dans son cou, mais garda le silence.

De plus en plus frustré de n'avoir aucune idée de ce qu'il fallait faire, Harry décida de prendre les choses en mains. Il contracta ses muscles et commença à avancer ses hanches. Immédiatement, Snape répondit en une brusque poussée, gémissant.

« Pour l'amour de Merlin, Potter » dit Snape avec un grognement. « Appelle-moi Severus. »

« Severus. » murmura Harry avec un sourire et il ferma involontairement ses yeux. La douleur et la brûlure s'estompèrent, étonnamment, et il y avait clairement plus de plaisir maintenant. Cette petite dose de plaisir augmenta de manière exponentielle quand il sentit le sexe de Severus frôler sa prostate.

« Oui, putain ! Juste là, plus fort ! » cria-t-il, et Severus le souleva et se mit à se mouvoir lentement en lui.

Harry gémit doucement aux délicieuses et légères poussées de Severus, mais alors que la douleur était entièrement consumée par le plaisir, il réalisa qu'il était traité comme du verre. Voulant plus, il enleva maladroitement ses jambes des épaules de Severus pour encercler sa taille, appuyant ses pieds contre les fesses de Severus pour le forcer à aller plus vite et plus profondément.

Severus perdit tout contrôle et il geignit en sortant puis en s'enfouissant vigoureusement à nouveau. Fermant les yeux, Harry se délecta de la sensation du sexe de Severus et du bruit de ses testicules claquant contre ses fesses.

Les mains de Severus recherchèrent son érection et commença à le branler en rythme avec ses coups de rein, son pouce encerclant la tête suintante à chaque fois.

Harry frissonna en sentant son orgasme approcher et balança ses hanches avec gourmandise, se repaissant de Severus autant qu'il le pouvait. Avec un soupir silencieux, il rejeta sa tête en arrière et vint dans la main et sur l'estomac de Severus alors qu'il était totalement vidé.

Severus s'arrêta quand Harry vint, ses dents mordant les lèvres, mais ensuite il attrapa les hanches de Harry et s'enfonça encore quelques fois avant de grogner en se libérant. Un ou deux autres coups de rein, presque des spasmes, et puis il ferma ses yeux et il s'effondra sur Harry.

Haletant, Harry accueillit le poids désormais familier au-dessus de lui et enlaça le corps de Severus de ses bras et de ses jambes en sueur.

« Je ne t'écrase pas ? » demanda Severus, encore essoufflé.

Les cheveux noirs lui chatouillaient le cou et le sperme était collant et humide entre eux, et Harry se dit qu'ils devraient très bientôt se séparer ou cela allait devenir très rapidement inconfortable.

Mais alors, Severus releva la tête et embrassa sa joue et ses lèvres, avant de reposer sa tête contre sur le torse de Harry, et Harry ne se soucia plus de rien à part le poids chaud contre lui qui le recouvrait.

« Non, pas du tout. » répondit-il, heureux que Severus ne puisse pas voir le large sourire sur son visage.

« Hmm… » dit-il, en faisant courir ses doigts le long de Harry. « Récurvit » murmura Severus, puis Harry était à nouveau propre.

« Merci. »

« Hmm. Repose-toi maintenant, Harry. Il est tard. »

Harry leva les yeux au ciel et laissa échapper un toussotement amusé, qui fit tressauter la tête de Severus sur son torse.

« Il est trois heures de l'après-midi. Foutu soleil. »

Severus répondit d'un bâillement qui refroidit sa peau chaude, envoyant d'agréables sensations le long de son torse. Le sourire de Harry grandit alors qu'il passait une main dans les cheveux de Severus et il leva les yeux vers la cime des arbres. Il était trois heures de l'après-midi, mais Harry était déjà épuisé. Son esprit se mit à vagabonder sur tout ce qui s'était passé au cours des dernières heures et, bien qu'il déteste rompre le silence, il se rendit compte qu'il avait besoin de parler avec Severus.

« Il est mortel maintenant. » dit-il, interrompant le son paisible des profondes respirations de Severus.

Il se déplaça au-dessus de Harry, qui sentit des cils chatouiller son torse.

« Oui, il l'est. »

« Je ne pensais pas que j'aurais à lui faire face à nouveau. » déclara Harry, surtout pour lui-même. « Du moins, pas avant que tout cela n'arrive. J'ai toujours pensé que... tu sais... qu'il n'y aurait que la dernière fois. »

« Oui. »

Harry contempla les arbres et l'obscurité qui les entouraient, et laissa errer son esprit. La dernière fois qu'il avait fait face à Voldemort, il avait été seul avec les ombres fantomatiques de ses parents, de Remus et de Sirius. Cela avait été évident pour lui de devoir être seul, c'était ce qu'il avait voulu. Il n'avait eut personne qui aurait pu se tenir à ses côté, personne qui partageait sa mission de défaire Voldemort. Il baissa les yeux sur les cheveux foncés et se dit que c'était le combat de Severus, tout autant que le sien.

« Tu seras avec moi, n'est-ce pas ? » demanda-t-il doucement, souhaitant presque que ses paroles aient été emportées par le vent.

La respiration paisible et régulière cessa et Severus se redressa sur un coude, puis se pencha sur Harry. Le regard irrité sur son visage lui était familier.

« Quelle partie de 'je ne te laisserai jamais partir' n'as-tu pas compris, Potter ? »

« Oh. » Harry était soulagé.

« Il n'y aura pas de combats contre des Mages noirs sans moi, je te l'assure. »

Le corps de Harry se détendit et il attira Severus pour qu'il se remette contre lui, tandis que son cœur s'enflammait de savoir qu'il n'était plus seul.

Severus dit doucement, « Plus jamais tu ne feras face tout seul à nouveau, Harry. Tu es à moi maintenant. »

Un sourire incontrôlable glissa sur le visage de Harry et il murmura, « Tant que tu es à moi aussi. »

Severus eut un rire moqueur, mais le tint plus étroitement. « Si tu insistes. »

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Harry faisait un... oh... merveilleux rêve.

Il était couché sur un lit confortable, sa tête reposant sur quelque chose de ferme mais doux et à l'odeur absolument merveilleuse. Et il faisait chaud... tellement chaud. Son oreiller sentait les ingrédients de potions et les murs humides, et Harry se demanda quand ces parfums étranges étaient devenus si réconfortants pour lui.

Il enfouit sa tête autant qu'il le put dans le doux tissu et une main chaude lui caressa doucement les cheveux.

Harry ne voulait rien d'autre que de pousser un gémissement pour montrer son appréciation pour la douceur, mais il n'avait jamais l'air d'être en mesure de bouger ou de parler avec aisance dans ces rêves. Il réussit à agripper le tissu de sa main et ouvrit les yeux.

La pièce autour de lui était floue, mais il reconnut la main qui tournait les pages d'un grand livre posé sur une paire de fines jambes.

« Mmm… » marmonna-t-il, en profitant de la chaleur qui l'enveloppait et de la main caressant ses cheveux.

Les deux mains se figèrent et celle dans ses cheveux se retira subitement, et Harry s'en voulu de ne pas s'être tenu tranquille. Le livre fut rapidement mis de côté et Harry roula sur le dos.

Comme il s'y était attendu, les yeux sombres et le visage pâle de Severus entrèrent immédiatement dans le champ de vision de Harry et cette fois ce fut un spectacle réjouissant.

Bonjour, pensa-t-il, pas tout à fait sûr de sa capacité à contrôler sa voix pour le moment. Ton visage m'a manqué.

Il sourit et porta lentement une main sur la joue de Severus, retraçant les traits anguleux d'un doigt tremblant. Il remarqua alors le curieux bandage propre autour du cou mince et se pencha pour le toucher, mais Severus attrapa sa main.

Severus tint fermement sa main, puis rencontra ses yeux avec toujours la même intensité que dans ses rêves. Harry sourit alors qu'il plongeait dans les profondeurs insondables et remarqua la façon dont Severus l'observait.

« Salut » dit-il, et il détesta la manière dont sa voix semblait presque timide.

Il n'y eut aucune réaction sur le visage de Severus ou dans ses yeux, mais la main qui tenait la sienne commença à caresser lentement sa paume et Harry fit de son mieux pour la serrer en retour.

« Toujours aussi calme. » dit Harry. Il se détendit, puis réalisa que si le regard de Severus l'avait une fois effrayé, ce n'était plus le cas.

Dès qu'il eut prononcé les mots, Harry crut voir quelque chose d'étrange, quelque chose d'impossible, du coin de l'œil, mais... non. Son cœur s'accéléra à la pensée de ce qu'il aurait pu voir, ses yeux restèrent ouverts presque d'eux-mêmes quand tout ce qu'il voulait, c'était les fermer. C'était presque comme si...

Non.

Quelque chose qui ne ressemblait pas tout à fait à des lignes de feu envahit sa vision et il plissa les yeux et inclina sa tête, se concentrant fortement pour distinguer de quoi il s'agissait. Il sentit la fraîcheur familière de la monture de ses lunettes être placée sur son nez, mais cela ne l'aida pas beaucoup sa vision était toujours altérée par le brouillard dans son esprit.

En se concentrant autant qu'il le pouvait à travers la brume, il commença à donner un sens aux lignes suspendues en l'air, alors que Severus le regardait inlassablement dans les yeux.

« Est-ce que tu vois ça ? » demanda Harry, qui réalisa enfin que les lignes étaient des lettres écrites dans les airs, lui rappelant étrangement Voldemort écrivant son nom avec sa baguette dans la Chambre des Secrets.

Soudain, les lettres devinrent distinctes et à travers le brouillard de son esprit et le flou de sa vision, Harry fut alors capable de décrypter les mots.

'Harry, tu m'entends?' disaient-ils, et les yeux de Harry s'écarquillèrent quand il reconnut l'écriture.

« Severus ? » dit Harry, alors que sa vision commençait à s'estomper. La dernière chose qu'il vit fut les yeux de Severus s'élargir à l'entente de son propre nom.

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Harry étira son dos et s'enfonça plus profondément dans le sol meuble sous lui, se demandant si Severus avait jeté une espèce de charme de matelassage sur ses robes la nuit dernière.

« Harry » commença l'homme en question. « Nous devons nous lever. »

« Mmm. Quelle heure est-il ? » demanda-t-il, les yeux toujours clos.

« Il est huit heures du soir et il faut qu'on se lève. » dit Severus, mais cette fois sa voix était empreinte d'urgence.

Harry ouvrit les yeux et regarda Severus s'habiller, mettre ses boutons de manchette et regarder vers la forêt à la recherche de... quelque chose.

« Quel est le problème ? » dit Harry en se levant et en cherchant son pantalon.

Severus le lui tendit, et le tissu semblait étrange dans ces mains si nobles.

« Il est tout à fait possible que le Seigneur des Ténèbres ne sache pas qu'il est à nouveau mortel. Il est à ta recherche et - »

« Et je dois le tuer avant qu'il ne blesse quelqu'un d'autre. Effectivement » dit Harry, toute trace de sommeil disparut alors que la réalité le submergeait. Leur combat n'était pas encore terminé. Ils devaient encore...

Harry sourit en remontant son pantalon et en mettant ses chaussures. Leur combat. La lutte n'était plus seulement la sienne.

« Où penses-tu que le Seigneur des Ténèbres t'attende, Potter ? »

Harry enfila son tee-shirt et examina la question. Il l'attendait à Godric's Hollow, l'endroit où Voldemort avait été vaincu il y a de nombreuses années. Cela serait évident pour lui de retourner là-bas et de guetter Harry...

Mais ce n'était pas là où le périple de Tom Riddle avait commencé, ce n'était pas là où il voulait revendiquer le monde magique. Poudlard avait été la première maison de Riddle, de la même manière qu'elle l'avait été pour Harry et Severus.

Les garçons abîmés de Poudlard, pensa Harry quand il réalisa où Voldemort attendrait.

« Poudlard » dit-il simplement. « Il est à Poudlard. »

Severus sembla prendre la réponse de Harry en considération et il hocha la tête.

« Poudlard... » Il se retourna et sembla étudier Harry. Après un moment, il demanda d'une voix douce, « Es-tu prêt pour la fin de tout cela, Harry ? »

Harry plissa les yeux à l'étrange question et il semblait que Severus regardait à travers lui.

Il voulut demander à Severus ce qu'il voulait dire, où il voulait en venir, mais Harry connaissait déjà la réponse à cette question.

Etait-ce il y a seulement quelques jours qu'il s'était demandé pour qui exactement il vivait et ce qu'il ferait une fois que Voldemort serait enfin mort ? En regardant Severus, Harry sentit une vague d'espoir comme il n'en avait jamais eu auparavant. Peut-être qu'il ne savait pas exactement ce qu'il allait faire après la disparition de Voldemort, mais il connaissait la personne qui serait à ses côtés.

« Oui. » dit-il, et il crut voir l'ombre d'un sourire sur les lèvres de Severus.

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Ils transplanèrent sur la route qui reliait Poudlard à Près-au-Lard et Harry fut soudainement assailli par une forte pluie, qui le trempa immédiatement jusqu'aux os.

« Merde ! » dit-il, en mettant sa veste sur sa tête, alors que les cheveux de Severus avaient l'air complètement sec. « Quoi ? » cria Harry pour couvrir le bruit du tonnerre et de la pluie battante.

Severus pointa sa baguette vers lui et dit « Impervius »d'une voix calme que Harry put à peine entendre. « Tu es un sorcier, oui ou non ? »

Harry roula des yeux et jeta un sort de séchage sur lui-même. Il regarda ensuite le château, dont les tours se détachaient étrangement des éclairs en toile de fond.

« Une nuit sombre et orageuse, Potter ? » dit Severus avec un reniflement de mépris qui fut facilement remarqué même par-dessus le rugissement du tonnerre et de la pluie.

« En quoi est-ce de ma faute ? » Hurla Harry.

Severus se détourna et regarda le château. « Où penses-tu qu'il nous attende ? »

Harry se réjouit au 'nous', mais ne dit rien. Il leva les yeux pour regarder la pluie torrentielle et plissa les yeux par réflexe, bien qu'elle glisse un peu au-dessus de son visage. En tournant sa tête vers les murs détruits du château, il se souvint de la bataille qu'ils avaient menée et considéra que ce serait tout à fait logique pour Voldemort de revenir là où il avait failli.

Un flash d'éclair illumina la Forêt Interdite et attira l'attention de Harry. A cet instant, il sut où Voldemort se trouvait.

« Dans la forêt ! » cria Harry par-dessus la tempête, et il désigna le lieu où il s'était joyeusement rendu pour mourir. « Je ne sais pas comment je le sais, mais je le sais. »

Severus acquiesça et se mit à progresser vers la forêt, Harry marchant derrière lui, surpris qu'il semble suivre tout ce que disait Harry sans discuter.

Ils avancèrent lentement et Harry remarqua que le charme de protection ne semblait pas s'étendre à ses pieds, car ses chaussures devenaient boueuses et le bout de ses chaussettes humide.

La pluie battante et la violente tempête convenait parfaitement à leur situation, se dit Harry alors que le tonnerre grondait à ses oreilles. Severus était une ombre à ses côtés, ses pas parfaitement mesurés de sorte que Harry n'eut aucun mal à le suivre.

Ils marchaient côte à côte et Harry ne put faire autrement que de comparer ce trajet au dernier. A chaque pas, son cœur s'éclaircissait et, même s'il savait qu'il était possible qu'il se dirige vraiment vers sa mort, il ne s'était jamais senti aussi vivant. Il n'était plus seul maintenant. Il avait Severus et il sentit un merveilleux sentiment de paix et de sécurité en regardant la silhouette sombre du coin de l'œil.

Près de la lisière de la forêt, Harry tendit la main et prit celle de son amant dans la sienne. Les longs cheveux noirs volaient au vent et le plus âgé, qui avait les yeux baissés, les releva vers Harry.

Ils restèrent ainsi pendant un moment, deux formes stoïques sous la pluie diluvienne et l'immense défi qui leur faisait face.

Soudain, des éclairs embrasèrent tout le ciel, illuminant les yeux de Severus d'une lumière intense, et Harry se figea en songeant à toutes les choses que Severus ne disait pas à cet instant précis.

Sans un mot, Harry serra la main de Severus et les conduisit tous deux au centre de la forêt pour affronter une fois de plus son destin.

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« Je ne savais pas que tu préférais les garçons, Severus » dit Voldemort, élevant sa voix sous la pluie. Son visage était tordu par la haine, et la pluie qui semblait ruisseler de sa tête lisse le rendait plus inhumain que jamais.

Harry se moqua de ses paroles avec mépris, mais sans se laisser distraire, pas quand il était si proche de mettre fin à tout cela.

« Ou est-ce simplement parce qu'il ressemble tellement à sa mère ? » cria Voldemort.

Harry serra les dents et se força à ne pas lancer de sort à Voldemort avant que Severus ne soit en mesure de le distraire d'abord.

« Si peu. » railla Severus d'une voix plate et ennuyée à travers le bruit de la tempête. « Fais-moi confiance, Harry. » dit-il plus bas pour que seul Harry puisse entendre, sa main serrant rapidement l'épaule de Harry.

« Cela doit finir, Riddle » dit Harry, sa voix plus implorante que colérique. « Tu - Je ne sais pas si quelqu'un mérite - » Il s'interrompit alors qu'il regardait Voldemort prendre un air renfrogné, mais poursuivit. « Tu ne regrettes rien ? »

« Tu ne peux pas sauver tout le monde, Harry. » avertit Severus du coin de sa bouche.

Voldemort leva sa baguette, le manche en os éclairé par la foudre qui perçait à peine à travers l'épaisse canopée des arbres. Harry attendit un mouvement de Severus. Quand il vint, il fut si rapide que Harry n'aurait pas remarqué le déplacement s'il ne l'avait pas attendu. Voldemort orienta alors sa baguette vers Severus et Harry se saisit de l'opportunité qui lui était donnée.

« Avada Kedavra ! » hurla-t-il. L'éclair vert sortit de sa baguette alors qu'il priait pour en finir, pour que tout cela se termine.

La puissance du sort frappa Voldemort dans le dos et Harry se figea un instant, tapit derrière un arbre mort abattu, son souffle devenant laborieux. Le tonnerre retentit dans ses oreilles.

Voldemort était mort... et Harry l'avait tué. Il poussa un profond soupir autant de soulagement et de joie que de regret.

Avant qu'il ne puisse vraiment réfléchir à ce qui venait d'arriver, une lumière bleue commença à briller là où Voldemort était tombé, un faisceau incandescent venu d'un autre monde et même s'il n'était pas au meilleur de sa forme, Harry se rappela immédiatement le collier maudit qui avait presque tué Katie Bell.

La lumière éclatante projeta une ombre ressemblant à une silhouette sur l'arbre près de lui et Harry frissonna à cette vue, le corps tendu, prêt à réengager le combat. De son côté, Severus baissa sa baguette et se mit à marcher vers elle.

Hésitant, Harry le suivit et regarda l'endroit où Voldemort s'était tenu, et sursauta alors avec un soupir audible quand il vit à travers la pluie que le corps n'était plus là.

« Mais - ? » cria Harry sous la pluie. « Qu'est-il arrivé ? Où est-il ? Je l'ai touché, je sais que je l'ai fait ! »

« Oui, tu l'as eu. » répondit Severus sur le même ton, sa voix s'entendant malgré le bruit de la tempête.

Confus, Harry secoua la tête et se mit à paniquer. S'il avait frappé Voldemort du sortilège de mort et sans Horcruxe restant...

« Mais c'est impossible ! »

« Oui, Harry » dit Severus clairement. « C'est impossible. »

Ne comprenant pas le ton de sa voix, Harry plissa les yeux à cause de la pluie et de l'obscurité pour scruter le visage de Severus et remarqua la façon dont il le regardait – une lueur désespérée et suppliante dans ses yeux que Harry ne comprenait pas.

« Mais - »

« C'est impossible, Harry. Tout comme il est impossible que tous les livres du monde sorcier soient vierges. Tout comme il est impossible que le soleil se couche à l'aube ou que les environs semblent dépourvus de vie. »

« Quoi ? » cria Harry, même qu'il savait que Severus disait vrai.

« Mais - »

La foudre déchira le ciel si violemment que la lumière pénétra la canopée des arbres, illuminant le visage de Severus de sorte que Harry le voyait distinctement, et ses yeux se concentrèrent sur son cou.

Son cou impeccable et sans défaut.

La peau partiellement cachée par le col était pâle et parfaite, là où il aurait dû se trouver une cicatrice, même légère ou en voie de guérison. Harry le dévisagea sans pudeur pendant un moment.

« Est-ce que tu comprends, Harry ? » demanda Severus.

La nervosité le gagnait et Harry serra les poings pour empêcher ses mains de trembler, alors qu'il commençait à entrevoir ce que Severus essayait de lui dire.

« Mais alors... Mais - »

« As-tu confiance en moi ? »

« Oui. » dit Harry sans hésiter.

« Alors viens. » dit Severus, et avec cela, il se retourna et se dirigea vers la lumière, avant de disparaître derrière l'arbre mort.

Harry paniqua en perdant de vue Severus, mais il se dirigea vers la lumière, sachant instinctivement qu'il ne lui ferait jamais de mal, qu'il essaierait toujours de l'aider.

« Severus ? » appela Harry, mais il n'eut aucune réponse. Sa panique augmenta, il héla à nouveau, « Snape ?! » mais toujours pas de réponse.

Harry se retourna une fois, sachant où Severus était allé, mais ayant toujours espoir de le retrouver sans avancer. Sa respiration devint erratique et il passa sa main dans ses cheveux.

As-tu confiance en moi ?

« Oui » dit doucement Harry. « Oui. » dit-il encore, plus fortement cette fois, et il s'approcha si près de la lumière qu'il pensa qu'elle allait l'aveugler.

Le tonnerre retentissait à ses oreilles et la pluie tombait plus violement que jamais. Les yeux de Harry scrutèrent les alentours, toujours à la recherche de Severus. La panique le gagnait doucement, mais il baissa les yeux sur la lumière et l'examina vraiment...

Le silence.

La lumière s'évanouit lentement, emportant avec elle le bruit de l'orage, le vent et même l'odeur de la forêt. Dans l'obscurité totale, Harry s'accroupit pour toucher le sol, mais c'était comme s'il ne sentait rien, comme s'il n'y avait rien, tout comme il n'y avait pas eu de mots dans les livres, pas de gens en ville...

« Ce n'est pas réel. » dit Harry dans le vide. « Rien n'est réel... »

« Fais-moi confiance, Harry. » avait dit la douce voix de Severus.

« Je te fais confiance. » dit Harry, s'accrochant à la pensée de Severus comme la seule chose réelle dans le néant.

Il ferma les yeux et sentit soudainement de fines lèvres sur les siennes, reconnaissant instinctivement qui l'embrassait. Leurs lèvres à tous les deux étaient gercées et sèches. Harry se sentait si faible, mais il répondit au baiser de Severus autant qu'il le put jusqu'à ce qu'il s'éloigne, les cheveux longs chatouillant les côtés de son visage.

Harry ouvrit les yeux.

Il était couché sur un lit très confortable, entouré par des oreillers et par un visage fin et sombre.

Severus, qui avait l'air beaucoup plus mince que celui qu'il avait vu il y a seulement quelques instants, Severus, qui avait un bandage autour de son cou et qui ressemblait exactement à celui des rêves de Harry.

Il tenta un mouvement dans le lit et contracta ses muscles, avant de se rendre compte qu'il ne pouvait pas bouger. Tout était net cependant, grâce à la froide monture métallique sur son nez. En regardant autour de lui, il reconnut les murs de pierre et les flambeaux vacillants.

Il se trouvait dans les cachots.

En regardant plus attentivement, il remarqua des livres traitant de la Magie de l'Esprit empilés sur une table de chevet et sur des meubles en bois sombre, qui donnaient un ton résolument masculin à la chambre.

Il était dans la chambre de Severus.

Et il avait été là depuis le début.

« Ce n'était pas réel, hein ? » demanda-t-il finalement, et sa voix sortit beaucoup plus facilement qu'elle ne l'avait jamais fait dans ses rêves.

Severus secoua la tête et les longs cheveux raides le firent presque rire en effleurant son visage.

Harry prit une profonde inspiration et commença à réaliser ce que cela signifiait.

« Est-il mort ? » Il craignait la réponse.

« Oui. » dit Severus d'une voix rauque, frêle et rêche que Harry perçut à peine et qu'il n'aurait pas entendue s'il n'avait pas vu sa bouche bouger.

Ramassant un morceau de parchemin, Severus se pencha et Harry put alors lire les mots qu'il était en train d'écrire.

"Oui, Harry.Il est mort la première fois, il y a quelques mois."

Harry fronça les sourcils et demanda, « Qu'est-ce qui ne va pas avec ta voix ? »

Severus pâlit et baissa les yeux, mais Harry avait remarqué son inquiétude, comme s'il s'était préparé à un rejet. Sa main trembla un moment avant qu'il ne remette sa plume sur le parchemin.

"Nagini" Juste un mot, et pourtant c'était tout ce que Harry avait besoin de savoir. Severus se décala sur le lit et il avait l'air beaucoup moins sûr de lui, moins confiant.

« Oh. » dit-il, faute de quelque chose de mieux à dire.

Severus sembla se reprendre et il écrit, "J'ai été blessé, mais je guéris.Lentement.Je sais que tu étais attiré par ma voix, mais je ne serai pas toujours incapable de parler.Il y a eut…" La main de Severus trembla un instant avant qu'il ne la stabilise à nouveau, "des complications.Cependant, le pronostic de Poppy est encourageant."

Harry s'assit sur le lit, ses muscles maintenant fonctionnels mais douloureux à cause de sa léthargie. Il tendit lentement la main vers les bandages autour du cou de Severus et une main pâle l'agrippa instinctivement pour l'arrêter.

« S'il te plaît ? » dit Harry sans une once de pitié ou de déception dans sa voix. « C'était tellement étrange de voir ton cou sans pansements quand je savais qu'il aurait dû y en avoir. C'est... quelque chose dont tu peux être fier, Severus. »

Quelque chose brilla dans le regard de Severus et il lâcha sa main pour permettre à Harry de déplier les bandages.

Là, exactement où Harry savait qu'elles seraient, se trouvaient les cicatrices rouges et partiellement guéries, et Harry soupira presque à la vue de celles-ci.

Ça c'est logique, dit-il. C'est réel.

Il devait se retenir de les toucher juste pour se rassurer, mais il sourit en les regardant. Son soulagement était presque tangible tandis que le monde faisait enfin sens.

« Elles sont une preuve de courage » ajouta-t-il, sa main planant toujours au-dessus du cou de Severus. « Et j'aime toujours ta voix, mais... » commença-t-il, confus. « Comment peux-tu savoir que j'aime ta voix ? Je ne l'ai mentionné qu'une fois. »

En reprenant la plume et le parchemin, Severus écrivit, "Legilimency.Quand je t'ai donné mes souvenirs, j'ai également transféré une partie de moi-même. C'était le produit d'un mauvais contrôle à cause de ma blessure. Cela t'a piégé dans ton propre esprit.Je suis désolé.J'ai réussi à le retirer – Il n'y a plus que toi, maintenant."

Harry acquiesça distraitement, mais sa confusion ne fit que croitre.

« Mais... cette étrange écriture de feu - »

"C'était ma tentative de secours pour communiquer avec toi via la Legilimency. Cela m'a pris des mois pour y arriver et beaucoup de concentration, ce qui n'en a guère valu la peine puisque tu es maintenant capable de te concentrer sur un morceau de parchemin."

« C'est vrai. » dit-il, les yeux baissés sur ses mains. « Et tout ce que nous avons fait - »

"A été ta tentative pour te libérer du sort pendant que tu étais aux prises avec tes propres démons.Le sort a fait que tu as absorbé mes…" Il s'arrêta encore une fois, la main semblant incertaine, "peines de cœur. Mais tu devais aussi bien combattre les tiennes.Après quelques semaines, il est devenu évident que tu étais incapable de sortir de ton propre esprit.Tu avais besoin d'un guide, quelqu'un pour t'aider dans ta mésaventure."

« Tu m'as encore sauvé. » déclara Harry, levant les yeux du parchemin avec un petit sourire.

Severus inclina sa tête et sourit, approuvant.

Déployant sa main pour courir sur le dos de Severus, Harry se demanda, devant cette complicité, à quel point Severus ressemblait au Severus de son rêve.

« Rien de tout cela n'était réel ? Je veux dire – Ce que tu as fait... pour moi... Est-ce que tout cela n'était pas - »

Harry s'interrompit alors que Severus commençait à griffonner furieusement.

"Non, Harry.Rien de tout cela n'était faux. Ce que je ressens pour toi, ce que nous ressentons l'un pour l'autre est réel."

Reposant la plume, Severus se mit à caresser la main de Harry et son visage se baissa pour poser un doux baiser sur sa joue.

Un grand frisson parcourut Harry, puis il libéra un soupir de soulagement quand il tourna la tête et leva son visage pour embrasser Severus passionnément. Les fines lèvres câlinèrent les siennes pendant un moment avant qu'il ne retombe en arrière sur les coussins, affaibli par ce simple mouvement.

Severus le disposa avec précaution sur le lit, se coucha à côté de lui et lova la tête de Harry contre son torse, le tenant étroitement avec une tendresse inattendue.

"Tu es libre de vivre ta vie maintenant, Harry." La main de Severus s'immobilisa à nouveau et Harry releva sa tête pour que ses cheveux brossent le côté de son visage. "Nous sommes tous les deux libres."

Souriant avec un soulagement qu'il n'avait jamais ressenti auparavant, Harry se pelotonna encore plus dans les bras de Severus, sachant que ce qu'il disait était vrai. Leurs deux vies étaient à eux maintenant et ils pouvaient en faire ce que bon leur semblait. Plus que cela, ils ne seraient plus jamais seuls ils appartenaient à l'autre.

Harry sourit et embrassa à nouveau Severus, écartant son parchemin tandis qu'il se blottissait contre lui.

« Nous allons vivre l'un pour l'autre alors ? Et nous nous sauverons mutuellement, n'est-ce pas ? » demanda prudemment Harry, plein d'espoir.

Les fines lèvres caressèrent son oreille et une voix tellement passionnée qu'il nota à peine combien elle était rocailleuse lui répondit, « Toujours. ».

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Fin