The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : me revoilà pour le nouveau chapitre de The Rise and Fall, un chapitre que vous avez de la chance de voir publié ! Je m'explique : de la chance parce que généralement, j'écris le dimanche. Hors cette fois, j'ai rédigé le samedi. Et heureusement, vu que le dimanche, les câbles électriques de notre rue sont tombés et nous avons été privés d'électricité toute la journée. Inutile de vous préciser que « pu***n il faisait froid… » Bref, dans ce chapitre, finalement je me concentre pas mal sur la relation Dramione le personnage de Narcissa se précise, elle commence à prendre parti (à sa manière bien à elle, j'entends) et la relation Draco/Hermione va … disons basculer. Mais pas forcément dans le bon sens ! XD

Commençons d'abord par une petite citation à méditer : rassurez-vous, elle prendra TOUT SON SENS à la fin de ce chapitre, héhéhé. Enfin, bonne lecture et n'oubliez pas de commenter !

Merci à mes nouveaux followers (marine51300), ainsi qu'à Petitestef, Rosabella01, chapou69, Elena Grape, faerycyn, Erza Robin, Noumiex3, Hardcoredrugs, Babar pour leurs reviews.

RAR :

Petitestef : maiihheuuu je fais ce que je veuuuux c'est moi l'auteuuuuur ! XD Et non non je te rassure, ils ont pas poussé le sens du détail jusqu'à violer la pauvre sosie. Ils sont pas affamés à ce point ! lol Bisous

Babar : bah j'allais pas changer les Horcruxes, je veux dire c'est un truc immuable. Je pense que les puristes m'auraient allègrement tapé sur les doigts ! Et non, ce n'était pas l'échange des corps, c'est raté mais je t'aime quand même … 3

Chapou69 : Oui, je voulais vraiment faire le contraste entre Draco qui change uniquement à cause d'un élément déclencheur (Hermione) et Blaise qui trahit les Mangemorts plutôt par conviction et parce que ce mode de vie le dégoûte purement et simplement. En effet, chaque victime compte. C'est pourquoi j'ai toujours un peu de mal avec certaines grosses productions américaines où les victimes tombent par dizaines mais si au final le héros s'en sort, tous les autres on s'en fout. Pas possible, il y aura toujours des gens dont la vie sera détruite et même si c'est « pour le bien de tous », ça n'enlève pas la douleur de la perte d'un proche. Quant à Théo, c'est bien ça, il est bien décidé à devenir le maître à bord, mais bon, heureusement que nos petits namis sont là pour l'en empêcher … ou pas, j'en sais rien … lol Merci pour ta review !

Chapitre 11 : Reading is sexy

« Ce n'est pas dans la science qu'est le bonheur, mais dans l'acquisition de la science. »
Edgar Allan Poe

Draco, Blaise et Hermione furent réveillés en sursaut par le bruit de la poignée de la porte tournant doucement. Hermione écarquilla les yeux, cherchant un moyen de se cacher rapidement, mais le panneau de bois s'ouvrait déjà. Draco et Blaise dégainèrent leurs baguettes et les pointèrent en direction de l'entrée. Narcissa Malfoy se glissa à l'intérieur de la chambre plongée dans l'obscurité et se dirigea en grommelant vers la fenêtre pour l'ouvrir. Ce ne fut qu'en arrivant au centre de la pièce qu'elle remarqua Blaise debout en face d'elle, baguette brandie dans la pénombre. Elle se figea, lui jeta un regard interloqué puis se tourna vers le lit de son fils, où le jeune homme était redressé, baguette au poing également. Et il n'était pas tout seul. La fille était là, elle aussi.

Hermione n'osait plus bouger, elle regardait tour à tour Draco, Blaise et Narcissa, le cœur battant si fort qu'elle se demanda comment les trois autres ne pouvaient pas l'entendre.

Ce fut finalement Narcissa qui brisa le silence. « J'ai frappé une bonne vingtaine de fois… », fit-elle lentement sans quitter Hermione des yeux.

Blaise sortit de sa stupeur et grimaça. « C'est moi, désolé, j'ai oublié de lever le sort d'insonorisation avant de m'endormir … », s'excusa-t-il.

« Une chance que Lucius ne m'ait pas entendue vous appeler sans obtenir de réponse ! », les sermonna-t-elle. « Il aurait insisté pour entrer lui-même et te donner une bonne leçon », ajouta-t-elle à l'attention de Draco. Puis elle reporta son attention sur Hermione. « Et je ne pense pas que sa présence aurait arrangé ton cas. »

« Madame Malfoy… », commença Blaise avec une grimace. Mais Narcissa leva une main pour le faire taire.

« Vous réalisez tous les deux qu'il n'y a plus aucun retour en arrière possible, à présent ? », demanda-t-elle posément.

Draco baissa sa baguette. « On le sait », répondit-il sans ciller.

Hermione n'en croyait pas ses oreilles. Mrs Malfoy n'allait donc pas les dénoncer ?
La mère de Draco hocha doucement la tête, jeta un dernier regard en direction d'Hermione, puis alla ouvrir la fenêtre. Le soleil était à peine levé mais la lumière envahit la pièce, faisant grimacer les trois dormeurs.

« En tous cas je comprends un peu mieux la situation, maintenant », reprit-elle en chassant Blaise du sofa pour en retaper les coussins.

« Comment ça ? », demanda Draco, sur la défensive. Mais sa mère ne lui répondit pas. Elle inspectait la pièce, les sourcils froncés et un doigt posé sur les lèvres.

« Tu as rangé ta chambre ? », s'étonna-t-elle.

Draco leva les yeux au ciel. « Non, maman, j'ai seulement un nouvel elfe de maison », la coupa-t-il avec impatience, tandis que « l'elfe de maison » ouvrait la bouche d'un air outré et lui jetait un coussin à la figure. « Qu'est-ce que tu voulais dire par 'la situation' ? », demanda-t-il non sans un sourire en coin.

« Eh bien, ton père était furieux ce matin. Mulciber … tu sais qu'il est chargé de nourrir les prisonniers depuis que l'autre idiot s'est volatilisé… » Draco jeta un regard en coin à Hermione qui baissa les yeux. « Bref, Mulciber est venu trouver ton père au saut du lit pour lui dire que la prisonnière de mon fils était devenue folle à lier et qu'ils ne pourraient plus rien en tirer », dit-elle sur un ton léger. Puis elle regarda en direction d'Hermione, qui semblait soudain inquiète. « Mais bon apparemment, ils ont tout faux… »

« Comme tu le vois … », fit sombrement Draco. Il ne savait toujours pas sur quel pied danser avec elle. Etait-elle avec lui ou contre lui ?

« Et donc, j'étais sensée te faire descendre pour que tu lui donnes une petite explication », reprit Mrs Malfoy avec un large sourire. « Et crois-moi, elle a intérêt à être très bonne. »

Draco vit Blaise grimacer. « On va se débrouiller, merci, Mère », fit le blond, sarcastique. Il se dirigeait vers la porte de sa chambre quand sa mère l'arrêta en le retenant par la manche.

« Hep hep hep, d'abord la douche. Je sais bien que vous les ados vous adorez renifler les remugles de vos propres hormones mais il y a des limites… Et toi aussi, Blaise », ajouta-t-elle à l'attention de l'Italien qui ricanait. « Vous avez une fille dans les parages maintenant, tâchez de rester présentables. Je suis sûre que tes amis savent rester impeccables dans toutes les situations, eux… », fit-elle en se tournant vers Hermione.

La Gryffondor repensa avec tendresse à son escapade dans la tente avec Harry et Ron, à la façon très personnelle de Ron de trier ses affaires propres et sales (en les reniflant) et fut tentée de soupirer. Mais l'occasion de contrarier Malfoy était trop belle. Elle répondit donc par un radieux et enthousiaste « Oui, Madame, toujours ! ». La fin de sa phrase fut toutefois étouffée par le coussin qu'elle avait jeté à Malfoy quelques minutes plus tôt et qui lui revenait à présent en plein visage. Lorsque le coussin retomba, elle vit que Narcissa souriait. Puis celle-ci se détourna et repartit en direction de la sortie.

« Je vais dire à ton père que vous arrivez bientôt… et tâchez d'être prudents. C'est une bombe à retardement que vous cachez dans cette chambre, je vous préviens », acheva-t-elle avant de disparaître dans le couloir.

Le silence revint dans la chambre et les trois adolescents se regardèrent.

« Je crois que c'était le réveil le plus bizarre et le plus flippant de toute ma vie », murmura Hermione en soupirant. « Et pourtant, j'ai dormi chez les Weasley… »

Blaise s'esclaffa. « Tu t'y feras. Dans ce Manoir, il se passe parfois de ces trucs … »

Hermione regarda alors Draco, qui avait posé la main sur la poignée de porte de la salle de bains et les regardait, elle et son meilleur ami, plaisanter comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Sa mine renfrognée s'accentua et le sourire d'Hermione disparut. Il s'engouffra dans la salle de bains et claqua la porte derrière lui, tandis que Blaise levait les yeux au ciel. Hermione fronça les sourcils et réfléchit.

« Blaise … », commença-t-elle, avec une hésitation. « J'ai l'impression que Malfoy est en colère contre moi … mais … » Son menton se mit à trembler. « Est-ce que c'est parce que je vous mets en danger ? Je veux dire … je ne voulais pas … »

Blaise la fit taire d'un soupir exaspéré. « Tu n'y es pas du tout, Granger… »

« Mais alors pourquoi il me regarde comme ça ? », s'entêta Hermione. « Je veux dire … j'avais l'habitude à Poudlard, parce qu'on se détestait. Mais maintenant il me sauve la vie et son regard sur moi ne change pas, ce n'est pas logique… »

« Tu es sûre de ça ? », demanda Blaise avec malice.

« Quoi ? », fit Hermione, perdue.

« Que son regard n'a pas changé ? », précisa Blaise.

Hermione fronça les sourcils. « Mais enfin, tu l'as bien vu, il est sans arrêt en colère ! », s'impatienta la jeune fille.

« Contre Nott. Contre le Seigneur des Ténèbres, aussi. Contre lui-même, peut-être et contre le monde entier, sûrement. Après tout, on parle de Draco Malfoy… », railla Blaise. Puis son sourire s'adoucit. « Mais pas contre toi, Granger, ça je peux te le jurer. »

Hermione lui jeta un regard interloqué mais le sourire de Blaise avait l'air si sincère … qu'elle ne put s'empêcher de lui sourire en retour. « Si tu le dis … »

Ils discutèrent de tout et de rien pendant quelques minutes et Hermione fut surprise de constater combien il était facile de parler avec Blaise Zabini. En tant que Serpentard, elle l'avait toujours considéré automatiquement comme une copie de Malfoy mais il s'avérait plutôt un garçon doux et agréable. Il lui faisait un peu penser à son ancien camarade de classe Seamus Finnigan. Le genre de type vrai, sincère, sur lequel on peut toujours compter, mais qui avait tout de même son petit caractère. L'ambiance changea radicalement lorsque Malfoy sortit de la douche et les trouva à nouveau en train de rire aux éclats, alors que Blaise racontait une mésaventure qu'il avait vécue lors d'un cours de Soins aux Créatures magiques consacré aux Scroutts à Pétard. Les sourcils de Malfoy étaient froncés et Hermione cessa immédiatement de rire, tandis que Blaise levait les yeux au ciel et poussait un soupir agacé.

« Ton tour », bougonna simplement le blond fraîchement rhabillé en désignant la porte de la salle de bains. Blaise se leva et le gratifia d'un regard d'avertissement (« par pitié, sois un peu plus cool avec elle… »), puis s'enferma dans la salle de bains.

Draco resta donc seul avec Hermione, une serviette éponge humide et ses vêtements sales à la main. Il les jeta nonchalamment sur le sofa et manqua son coup. Le tas s'effondra sur le sol et Hermione grimaça. Elle comprenait mieux comment s'était formé le chaos qui régnait dans la pièce à son arrivée.

Elle reporta son attention sur Malfoy et vit que celui-ci la regardait étrangement, accentuant le malaise d'Hermione.

« Malfoy… », fit-elle d'une voix hésitante en voyant que le blond continuait de la fixer avec une expression indéfinissable. « Est-ce que … j'ai fait quelque chose de mal ? »

L'expression étrange se mua en étonnement. « Quoi ? Non ! Qui t'as mis une idée pareille dans la tête, Granger ? C'est Blaise ? »

Hermione secoua les mains devant elle. « Non, pas du tout ! Au contraire ! », se défendit-elle. « Blaise dit que tu n'es pas en colère contre moi mais … » Elle se tut, incapable de mettre des mots sur ses impressions.

« Viens-en au fait, Granger, j'ai pas toute la nuit », s'énerva le Serpentard en croisant les bras.

Hermione pinça les lèvres, piquée au vif. « J'ai l'impression … que tu es fâché, c'est tout. Oublie ça, d'accord ? De toutes façons, on ne peut pas parler avec toi, ça part toujours en sucette … »

Draco la fusilla du regard. « J'ai quand même le droit d'être fâché quand j'en ai envie, non ? », aboya-t-il, tandis qu'Hermione arborait une expression lasse. Qu'est-ce que je disais …

« Oui, dommage que ce soit 24h/24 … », marmonna-t-elle en faisant un pas en avant. « Si au moins on savait pourquoi… »

Le jeune homme plissa les yeux. « L'objet de mon agacement me regarde droit dans les yeux, Granger. Voilà, tu es contente ? »

« Donc j'avais raison, tu es bien en colère contre moi ! », triompha Hermione en levant les bras.

« Avoir raison, il n'y a donc que ça qui te fait plaisir, Granger ? », gronda Draco en se plantant juste devant elle. « Eh bien, laisse-moi te dire une chose : tu te trompes complètement. Tu ne me mets pas en colère. Tu m'agaces, c'est tout. A un point que tu n'imagines même pas. C'est comme si tous les trucs les plus irritants du monde s'étaient réunis en un seul et même corps : le tien. »

Hermione leva le menton pour se donner de l'assurance, même si la proximité du Serpentard la rendait mal à l'aise. « Dans ce cas, pourquoi vouloir me sauver ? Tu n'avais qu'à me laisser pourrir là-dessous, tu aurais été débarrassé ! », lança-t-elle en sentant les larmes lui piquer les yeux à cette idée.

Le blond ne répondit pas. Il se contenta de la fixer, partagé entre l'envie de continuer à lui hurler dessus, de la planter là ou de la serrer dans ses bras. Il vit son menton trembler légèrement et toute colère disparut instantanément.

« Si on te pose la question, Granger, tu n'as qu'à dire que tu ne sais pas… ça changera », répondit-il doucement avec un sourire narquois. Le regard interloqué de la jeune fille lui donna envie de rire mais il se retint. Il allait se détourner et s'éloigner quand il sentit la main de Granger saisir fermement son avant-bras.

« Pas question, Malfoy. On est sur le point de crever un énorme abcès, tu ne vas pas t'en tirer comme ça ! », siffla-t-elle en le retenant. Le jeune homme fut surpris de constater qu'elle avait encore assez de force dans les mains. Il regarda d'abord sa main frêle sur sa peau, puis remonta vers son visage si déterminé et ses sourcils froncés.

« Tu ne peux pas juste dire : merci Malfoy de m'avoir sauvée, et laisser tomber ? », souffla-t-il en faisant un dernier pas vers elle. Hermione eut un mouvement de recul. Mais elle ne se laissa pas démonter et secoua la tête.

« Non. Je veux savoir pourquoi. »

Le cerveau de Draco s'emballa alors et les événements des dernières semaines défilèrent à toute vitesse. Il se revit titubant dans les bras de Pansy, une bouteille à la main. Il se revit cherchant désespérément à oublier les prisonniers qui défilaient dans les cellules sous ses pieds. Il se revit avec Théo le jour où elle avait débarqué. Il se revit, incapable de continuer d'ignorer toute cette merde. Il se revit avec Blaise, bien décidés à y mettre un terme. Etrangement, les quantités d'alcool ingurgitées avaient diminué avec l'arrivée de Granger, et au fur et à mesure qu'il s'impliquait dans son sauvetage, elles avaient fini par disparaître complètement. Comme s'il s'était fixé un objectif, un but à atteindre dans sa misérable existence. Il la revit enfin, le visage tuméfié et sanguinolent, il revit ses mains torturées par son père, il revit Théodore sur elle et son estomac se noua. Il lui donna alors la meilleure réponse qu'il se sentit en mesure de lui donner. Il passa une main dans sa cheveux bruns ébouriffés et l'attira contre lui, écrasant ses lèvres contre les siennes.

Pendant une seconde, il eut l'impression que le vide s'était fait autour de lui. Plus rien d'autre n'existait, plus rien d'autre ne comptait que ses lèvres sur la bouche de Granger. Mais cela ne dura qu'une seconde seulement. Car il sentit ensuite deux mains sur son torse le repousser brutalement. Et avant qu'il n'ait pu réaliser ce qu'il se passait, l'une de ces mains s'abattit avec violence sur sa joue, produisant un claquement retentissant. Son visage pivota sous la violence du coup et lorsqu'il rouvrit les yeux, une douleur cuisante lui brûlait la pommette.

Hermione avait reculé précipitamment, comme si elle s'était brûlée. Elle le fixait à présent, la main encore levée, mais n'osait plus bouger. La surprise laissa place à la colère sur le visage de Malfoy. Il ne la regardait pas et fixait ostensiblement le sol, les lèvres pincées, tandis qu'une marque rose apparaissait progressivement sur sa joue gauche. Pendant quelques secondes, il n'y eut plus aucun mouvement dans la pièce. Puis le jeune homme, toujours sans regarder Hermione, recula d'un pas. Cela sembla sortir Hermione de son état de choc et elle avança une main dans sa direction.

« Malfoy, je suis désolée, je-

« La ferme, Sang-de-Bourbe, je ne veux plus t'entendre. Plus un seul mot. »

Hermione pinça les lèvres, les yeux pleins de larmes. Elle ne comprenait plus rien et avec toutes les horreurs des derniers jours, elle avait l'impression qu'elle était sur le point d'exploser. Elle vit Malfoy sortir de la chambre en claquant la porte et réalisa soudain que ses genoux semblaient s'être changés en coton. Elle se laissa tomber sur le bord du lit, tremblante. Que venait-il de se passer, par Merlin ?!

A sa gauche, la porte de la salle de bains s'ouvrit doucement et un Blaise à la mine déconfite apparut sur le seuil, en jean mais sans chemise, la serviette de bain autour du cou. Hermione tourna lentement la tête dans sa direction.

« Pitié, dis-moi que j'ai rêvé, que Malfoy ne vient pas de m'embrasser et que je ne viens pas de lui mettre la plus grosse gifle de toute sa vie… », souffla Hermione en direction de l'Italien, qui grimaça en frottant ses cheveux humides.

« Ça va aller … », marmonna Blaise, peu sûr de lui. « Il n'a juste pas vraiment l'habitude de se prendre un aussi gros râteau. Tu as seulement légèrement blessé son orgueil mais il va s'en remettre … »

Hermione enfouit son visage dans ses mains. « Je suis en plein cauchemar … », gémit-elle. « C'est sûrement ça. Toute cette histoire est beaucoup trop invraisemblable pour être réelle. Je vais me réveiller et tout sera rentré dans l'ordre. »

Blaise s'approcha doucement et s'assit près d'Hermione sur le lit. « Si ça peut te rassurer, ça n'a pas été très facile pour lui non plus, il vient tout juste d'accepter le fait qu'il ressent le besoin de te protéger … et quand enfin il se lance … »

« Il se mange mon poing dans la figure … », acheva Hermione en gémissant. « Comme en troisième année. »

Blaise gloussa. « Ah oui, tu n'imagines même pas combien de temps il a mis pour le digérer, celui-là ! », s'esclaffa-t-il. « Il nous en a rabattu les oreilles pendant des mois. »

Hermione releva la tête et lui jeta un regard mauvais. « C'est sensé me remonter le moral ? »

« Désolé », s'excusa Blaise en réprimant un sourire. Le silence retomba dans la pièce.

« Et sinon, il y aurait une chance que tu … enfin … que toi et Draco… », Blaise se tut en voyant le regard d'Hermione.

« On parle de Draco Malfoy, là ! », s'exclama Hermione. « On se déteste depuis … toujours. En plus de ça … », elle baissa les yeux et resserra maladroitement ses bras autour de son ventre. « Je n'ai pas vraiment envie d'être avec des garçons en ce moment. Du moins pas comme ça. »

Blaise hocha la tête. « Mais s'il n'y avait pas eu Théodore, est-ce que-

Hermione leva une main pour le faire taire. « Merci, Zabini, mais je pense qu'on va arrêter cette conversation. Genre, là, maintenant, tout de suite. »

Blaise se leva en soupirant. « Bon, je dois aller dans ma chambre m'habiller un peu et le rejoindre. Ça ira, toute seule ? »

Hermione hocha la tête et esquissa un rictus. « Ne t'en fais pas pour moi. En plus de ça, je dois avoir au moins dix tonnes d'idées noires à ruminer pour passer le temps. Crois-moi, je ne vais pas m'ennuyer. »

Blaise lui sourit d'un air gêné et se dirigea vers la sortie. Juste avant de passer le seuil, il se retourna et lança sa serviette mouillée en direction du tas déjà laissé à terre par Malfoy. Hermione saisit vivement un oreiller et le lança dans sa direction mais le jeune homme referma la porte en gloussant et le coussin vint frapper le bois, avant de tomber mollement au sol. Hermione poussa un grognement de rage et se laissa tomber à plat dos sur le lit. Ces deux-là allaient finir par la rendre dingue.

~o~

Lorsque Blaise descendit au salon, il y trouva les trois Malfoy au grand complet, ainsi que Mulciber et Bellatrix, attablés pour le petit-déjeuner. L'ambiance était glaciale. Bellatrix hurlait sur Lucius, qui hurlait sur Draco, lequel hurlait également, mais sur personne en particulier. Lorsque Blaise entra, il vit Narcissa Malfoy se tourner vers lui avec un regard interrogateur. Blaise lui répondit en roulant discrètement des yeux.

« TU REALISES QUE LA GAMINE NE NOUS EST PLUS D'AUCUNE UTILITÉ, À PRÉSENT ? », beugla Lucius sur son fils.

« JE NE SUIS PAS RESPONSABLE DES AGISSEMENTS DE CE CRÉTIN ! », se défendit Draco, le visage rouge de rage.

« LUCIUS ! », renchérit Bellatrix. « DRACO N'Y EST POUR RIEN ! Tu ne vois donc pas ce qu'il se passe ? Le fils Nott a besoin d'être recadré d'urgence. IL SE PREND POUR CE QU'IL N'EST PAS, CE SALE MIOCHE. »

« Comment as-tu pu le laisser faire une chose pareille ? », reprit M. Malfoy en ignorant sa belle-sœur. « Elle était sous TA responsabilité ! Par Merlin, TU TE RENDS COMPTE DE LA GRAVITÉ DE LA SITUATION ? »

« Chéri », fit Narcissa en le retenant par le bras. « Quand bien même on aurait surveillé cette gamine jour et nuit, Théodore aurait fini par trouver un moyen de lui faire du mal. Quoi qu'on fasse… »

Bellatrix repoussa avec colère son assiette de bacon à peine entamée. « Je ne veux pas être là quand le Maître sera mis au courant, je vous préviens… »

« Bravo, chère belle-sœur », railla Lucius en lui jetant un regard mauvais. « Bel esprit de famille. » Bellatrix lui répondit par un sifflement méprisant.

Narcissa se leva de table et fit signe à Blaise de la suivre. Mais c'était sans compter sur son époux.

« Où vas-tu ? », lui demanda-t-il, incrédule. « On n'a pas fini… »

Narcissa lui tapota gentiment l'épaule. « Vous hurlez très bien tous seuls et moi j'ai besoin d'aide pour porter les caisses de champagne pour le gala de charité de ce soir. On vient de nous les livrer », dit-elle tandis que Blaise engloutissait en vitesse son bol de café et sa tartine de marmelade.

« C'est le boulot des elfes… », protesta M. Malfoy en fronçant les sourcils.

« Lucius Malfoy ! », le morigéna sa femme. « Il est hors de question que je laisse les elfes gérer 20 caisses de Dom Pérignon. Ces petits incapables seraient bien fichus d'en voler ou d'en casser quelques-unes … »

« Un gala de charité ? », intervint Draco avant d'éclater d'un rire tonitruant. « On a vraiment un sacré sens de l'humour dans cette putain de famille… »

La plaisanterie ne sembla pas du tout au goût de Lucius, qui se tourna vers Draco et oublia totalement sa femme et le jeune Zabini qui en profitèrent pour s'éclipser.

« Oui, Draco, un gala de charité », cracha Lucius. « Au profit des Médicomages de Ste-Mangouste. »

Le jeune homme haussa un sourcil. « Et qu'ont bien pu faire ces médicomages de malheur pour mériter pareil honneur ? », demanda-t-il, tandis que son père terminait son verre de jus de fruit.

« Ils aident le Ministère à tester de nouvelles potions et sortilèges. Mais ils ont besoin de fonds et de sujets de tests … deux choses que nous sommes tout à fait en mesure de leur fournir. »

Draco écarquilla les yeux en comprenant ce que cela impliquait. « Vous allez leur fournir des cobayes ? », cracha-t-il avec mépris.

Lucius haussa les épaules. « Il faut faire de la place, nous avons beaucoup trop de prisonniers inutiles ici. Ils seront mis au service de la médecine, c'est un destin bien plus prestigieux que ce que la plupart d'entre eux aurait pu espérer. »

Draco serra les dents. « Bien entendu … »

« Et grâce à ton inattention et à ton inaptitude, nous avons une pensionnaire inutile de plus … », reprit Lucius en fusillant son fils du regard.

Bellatrix s'interposa. « Fiche-lui la paix avec ça, Lucius », gronda-t-elle en plantant sa fourchette dans son bacon. « On va réfléchir au problème au cours des jours qui viennent et on avisera ensuite. Le Maître est parti à Londres pour affaires. Il ne sera pas de retour avant une bonne semaine, ça nous donne le temps de… » Elle se tut, mal à l'aise à l'idée de cacher quelque chose à Voldemort.

« On n'a pas vraiment le choix », grommela Lucius. Il se tourna à nouveau vers son fils. « Quant à toi, ton comportement a intérêt à devenir exemplaire si tu ne veux pas finir également dans une cellule. »

« Comptez sur moi, père », cracha Draco en le regardant quitter la pièce. Il se retrouva seul avec Bellatrix et ils échangèrent un regard.

« Sérieusement, un gala de charité ? », fit Draco à mi-voix, tandis que sa tante éclatait de rire.

« On peut être Mangemort et avoir de l'humour, ce n'est pas incompatible… », répondit Bellatrix tandis que Draco esquissait un sourire en coin.

~o~

Blaise suivit Narcissa jusque dans l'arrière-cour. Une vingtaine de caisses de champagne français s'empilaient sur le sol. D'autres caisses de vivres et d'alcool s'y trouvaient également mais les elfes étaient déjà au travail et les faisaient léviter jusque dans la cuisine.

Après s'être assurée que personne ne les observait, Narcissa ouvrit l'une des caisses de champagne et en sortit une bouteille sans étiquette. Elle la tendit à Blaise.

« J'ai reçu une lettre de Séverus ce matin, m'expliquant toute l'histoire. Bien entendu, j'étais déjà un peu au courant… » Elle soupira, puis reprit. « Il m'a fait passer une bouteille de Polynectar. Il est dosé au maximum, vous avez environ 12 heures avant de devoir renouveler la prise. Est-ce que ça ira ? », demanda-t-elle, tandis que Blaise hochait la tête. « Bon, plus sérieusement. Qu'est-ce qu'il se passe avec Draco ? »

Blaise la regarda, gêné. Ce type était vraiment un livre ouvert, par moments … « Vous avez remarqué ? », demanda-t-il avec une grimace.

« Il était hors de lui en arrivant au salon, il faudrait être complètement bouché ou insensible comme mon cher époux pour ne rien remarquer … », fit Narcissa en levant les yeux au ciel.

Blaise sourit. « Bouché ou insensible ? »

Mrs Malfoy haussa les sourcils. « Est-ce vraiment la peine de répondre à ça ? », s'esclaffa-t-elle, une main devant la bouche.

« Pour la faire courte », reprit Blaise avec un soupir. « Granger et Draco se sont disputés. Elle voulait absolument savoir pourquoi il voulait la sauver alors qu'il la déteste depuis toujours. Il ne voulait rien dire et puis comme elle insistait… il l'a embrassée. »

Narcissa ferma les yeux et secoua la tête. « Avec toute la délicatesse et la prévenance dignes d'un Malfoy, j'imagine … », fit-elle, sarcastique. « Et alors ? »

« Alors, elle l'a frappé. Très fort », répondit Blaise, laconiquement.

« Bien évidemment. Quel idiot … », marmonna Narcissa en levant les yeux au ciel. « Ensuite ? »

« Ensuite, il l'a insultée et il est parti. Quant à Granger, je crois qu'elle n'a absolument rien compris de ce qu'il venait de se passer », avoua Blaise avec un petit rire.

Narcissa soupira et lissa les plis de sa robe. « Les hommes de la lignée Malfoy n'ont jamais été très subtils lorsqu'il s'agit d'exprimer leurs sentiments. Mais je suppose que cela fait en partie leur charme … »

« Ou pas… », souffla Blaise tandis que Narcissa lui mettait une petite tape sur la tête.

« Trève de plaisanteries », reprit-elle avec un large sourire. « Tu serais vraiment un amour si tu pouvais porter tout ce champagne jusqu'à la cuisine. Bien entendu, pas de magie. Les sortilèges ont un effet désastreux sur les boissons pétillantes. Un si bon champagne, ce serait dommage … », minauda Narcissa avant de disparaître à toute vitesse à l'intérieur du Manoir.

Blaise se retrouva donc seul, avec sa bouteille de Polynectar à la main, ses vingt lourdes caisses de Dom Pérignon à porter à la force des bras et la fâcheuse impression de s'être fait avoir.

~o~

Dans leur grande villa londonienne, Gregory Nott et son épouse Romilda étaient pelotonnés sur le sofa, devant l'âtre. La tasse de thé de Romilda tremblait dans sa main, elle la reposa donc sagement dans sa sous-tasse et la porcelaine tinta doucement, brisant le silence oppressant qui régnait dans la demeure.

« Il s'est encore enfermé dans le bureau ? », demanda Romilda à mi-voix tandis que son époux opinait du chef, la mine sombre.

Romilda Nott se mordit la lèvre inférieure et balaya prestement la pièce du regard à la recherche d'un éventuel intrus, précaution inutile puisque les seuls occupants de la villa étaient elle, Grégory et leur fils Nott, retranché derrière des piles de livres poussiéreux à l'autre bout de la maison.

« On devrait en parler aux autres, Greg… », souffla Romilda tandis que son mari balayait ses paroles d'un geste de la main.

« Pour qu'ils le discréditent aux yeux du Maître ? Tu as vu ce que le fils Zabini a dû faire pour se racheter ? », s'énerva Nott en écartant les bras. Sa femme baissa les yeux.

« Mais … il me fait peur… », murmura-t-elle en croisant les doigts pour les empêcher de trembler. « Ce n'est plus mon fils que je vois lorsque je regarde dans ses yeux. Greg, je t'assure, l'enfant qui vit sous ce toit n'est plus notre fils. »

Grégory Nott tapa du poing sur la table. « Ce sont bien des pleurnicheries de bonne femme… », gronda-t-il. « Il devient un homme, tout simplement. Plus puissant, plus déterminé. Depuis quand est-ce un crime d'avoir de l'ambition dans ce pays ? »

Le regard de Romilda se durcit. « Lorsque cette ambition dépasse les limites fixées par le Seigneur des Ténèbres, alors oui, ça peut être un crime. »

Gregory Nott renifla avec mépris et se détourna. Lui aussi pensait que Théodore dépassait les bornes mais en parler aux autres Mangemorts ou à Voldemort signerait son arrêt de mort. Et il restait son fils unique malgré tout. Son devoir était de le protéger, coûte que coûte. Et quand bien même … ce n'était qu'un gosse, non ? Un simple adolescent qui teste ses limites, rien de plus…

A quelques pièces de là, Théodore était assis en tailleur sur le sol, entouré de vieux grimoires ouverts et de feuilles de parchemin volantes. Il soupira et se frotta les yeux avant de regarder sa montre. Il était presque minuit. Presque minuit et je n'ai toujours pas intégré le dixième de ces bouquins de magie noire, pensa-t-il avec un grognement. Il avançait trop lentement. Beaucoup trop.

Théodore avait toujours détesté la lenteur. Enfant, il délaissait les jeux de patience et privilégiait la rapidité à la réflexion. A Poudlard, il mettait toujours un point d'honneur à faire ses devoirs à la dernière minute et sans prendre le temps de soigner son travail, ce qui ne l'empêchait cependant pas d'obtenir de très bonnes notes. C'est pourquoi cet objectif d'ingurgiter un maximum de magie noire pour devenir plus fort l'avait tout d'abord séduit, mais il progressait si lentement que cela commençait à lui peser sur le système. Il travaillait depuis déjà 2 mois et n'avait réussi qu'à maîtriser un seul grimoire de 800 pages de sortilèges. Certes, c'était déjà beaucoup pour n'importe qui d'autre, mais son appétit n'avait pas de limites et plus il étudiait, plus il se sentait puissant. Mais pas encore assez pour arriver à la cheville de Voldemort.

Théodore serra les dents. Ça ne pouvait plus continuer. Cette lenteur était insupportable. Il voulait de la puissance, il l'aurait. Après tout, il avait voulu voir Blaise commettre un fratricide, il l'avait eu. Il avait voulu Granger, il l'avait eue. Pourquoi ne pas tout simplement « prendre » la connaissance directement à sa source ?

Théodore sentit sa respiration s'accélérer et une chaleur vibrante parcourut tous ses membres. Inconsciemment, il sut ce qu'il fallait faire. Il posa alors la main à plat sur le livre ouvert devant lui. Fixant l'encre sur le parchemin, il se concentra sur le pouvoir renfermé dans le livre, dans chaque mot, dans chaque lettre. L'espace de quelques secondes, il se trouva idiot mais la sensation de chaleur qu'il ressentait lui intimait de persévérer. Il eut un hoquet de surprise lorsqu'il se sentit connecté à la puissance du livre. Les ondes de chaleur qui au départ semblaient sortir de son corps, parurent à présent émaner du livre et irradièrent chacune des cellules du jeune homme. Il esquissa un mouvement de recul mais le livre restait collé à la paume de sa main, le submergeant de sa magie, telle une vallée inondée par la rupture d'un barrage. Du moins était-ce l'impression que cela lui donnait, avec la même force, la même violence. Mais c'était une sensation incroyable, grisante. Encore meilleure que tout ce qu'il avait pu connaître jusqu'à présent. Encore meilleure que la vision du corps de la sauvageonne s'abattre sur le parquet du Manoir. Encore meilleure que le regard de Malfoy lorsqu'il l'avait vu violer sa petite Granger. Bien meilleure que tout cela.

Au bout de quelques minutes, le livre repoussa sa main et Théodore s'étendit sur le sol à plat dos pour reprendre son souffle. Tout son corps semblait vibrer d'extase, comme parcouru par un courant électrique. Il voyait le monde tourner autour de lui, comme après une soirée trop arrosée, à la différence que son estomac n'en subirait pas les conséquences. Lorsque sa vision se fut stabilisée et qu'il eut repris ses esprits, il se rassit, regarda le livre et écarquilla les yeux de surprise. Les pages étaient blanches. Il les fit tourner d'une main fébrile, mais le phénomène s'étendait à l'ensemble de l'ouvrage. Vide. Le livre était vide.

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Alors, alors, alors, alors ? Que pensez-vous de ce chapitre ? Il fait flipper, ce cher Théo, non ? J'ai hâte d'avoir votre avis ! Gros bisous et à lundi prochain !

Xérès !