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Récapitulatif

Condamnés à mort, Akai et Amuro sont retenus prisonniers par l'Organisation. L'un des membres a fait reculer leur exécution jusqu'à trois jours.
À Shizuoka, Stanley est arrêté par l'inspecteur Sango Yomizo. Son supérieur, le prefét Kase Okubo, est membre du JP-0, une branche gouvernementale impliquée dans les affaires de Saké, leur dirigeant politique, et l'Organisation. Conan apprend la présence de Delta et prépare un plan...


Chapitre 177

Visite du Mt. Ryuso


Chôji soupira longuement.

Assis dans le taxi qui se rendait au Mt. Ryuso, il observait du coin de l'œil le petit détective qui l'accompagnait. Ce dernier, penché en avant, continuait de gribouiller sur son carnet tout en marmonnant.

De son point de vue, ça ressemblait à un plan. Une stratégie, une idée. Avec des flèches et des noms. Mais c'était inscrit en petit et il lui était difficile de voir correctement.

Il fronça les sourcils.

« Kudo Shinichi. » pensa-t-il. « Comment réagiras-tu face à Kase. Tu ne peux pas te douter de qui il est. »

Le concerné sourit en retour.

« Je comprends comment il procédait. » réfléchit-il. « Normalement, Delta devrait rôder en ville près de Stanley. Cet homme en noir qui a fait reculer leur exécution doit avoir une bonne raison. Nous sommes en touristes ici, mais selon toute logique alors... »

Son regard se fit froid.

« Kase serait cet homme. En plus du JP-0, il serait de l'Organisation ?! »

Silence.

Le véhicule les transportant approcha de la destination.

Dérapage soudain. Une voiture de police bloquait le chemin. Visiblement, il y avait une opération de police dans les parages. Plusieurs officiers de Shizuoka empêchaient les voitures d'entrer ou quitter les lieux, le parking devant les temples et bâtisses du Mt. Ryuso.

- Sauf si tu fonctionnes au rhum, dis-moi que tu as prévu le coup en venant ici tout en sachant ce que tu dois faire.

Conan ricana.

- Absolument pas. Tout en impro.

Il quitta la voiture.

Chôji se claqua le visage avant de faire de même. Il donna un billet au chauffeur puis accourra auprès du rajeuni qui s'était empressé de retrouver les policiers sur place. L'histoire semblait se répéter, tout comme il y a deux ans, c'était en improvisation pour la plupart des approches un minimum délicat.

À la différence de son équipe. Non présente pour le voyage, c'était cet homme de la milice japonaise qui faisait office de partenaire. Mais il avait confiance... tout comme Aira ou Shun le ferait.

Une fois encore, par un miracle quelconque, Chôji parvint à convaincre les hommes sur place de céder le passage. Une réussite qui n'étonna pas plus le petit détective que cela, pensant que son appartenance à une milice privée de sécurité publique aidait certainement. Mais selon ses propres propos, cette refonte était encore secrète et méconnue...

Ça n'avait pas d'importance.

Selon les différentes conversations des officiers, le tueur en cavale se trouvait à l'intérieur. Il s'apprêtait à sortir, un otage sous le bras, et un couteau sous la gorge de la victime dont il était question.

Dans un cas de figure comme celui-ci, l'idéal était de faire intervenir des équipes complètes. Un tireur d'élite si besoin. Il fallait engager les grands moyens pour libérer l'otage, sain et sauf, et abattre ou dans l'idéal capturer le criminel. La prison à vie l'attendrait après son acte. Mais si l'homme qui faisait face à ces situations était suffisamment bon, alors c'était différent.

Il était là.

Vieil homme, plutôt imposant. Il n'était pas grand, mais baraqué malgré tout. Ses cheveux noirs bouclés, et sa barbe quittaient progressivement cette couleur sombre en échange d'un gris foncé qui plus tard deviendrait clair.

« Le préfet de Shizuoka. L'homme du JP-0. » pensa Conan. « Kase Okubo. »

Un détail attira son attention. Son bâton. Un grand bâton de bois, qu'il pouvait séparer en tirant sur les deux côtés, dévoilant une lame d'acier. Son regard était inexistant, au travers de ses lunettes légèrement teintées en brun, on ne distinguait pas la couleur de ses yeux.

- Vous feriez mieux de reculer, dit-il en se tenant prêt.

Le tueur quitta le temple, otage sous le bras.

« Dix mètres. Sept. Cinq. » pensa Conan.

- Kase, dégage de là j'ai un otage ! cria-t-il.

En réponse, le préfet se contenta de grogner.

- Toi, en revanche, je te conseillerais d'abandonner, somma-t-il.

La tension était à son comble.

Et maintenant ? Qu'allaient-ils faire ? Laisser une pauvre jeune femme sans défense être égorgé pour la capture d'un simple tordu fugitif ? Pour la fierté de la police de la région ?

Conan se figea.

« En cavale. » pensa-t-il. « Shane l'est aussi. »

Pourquoi devait-il revoir le visage de cet homme, sanglant, malhonnête, manipulateur et assassin. Loin d'ici, il n'avait plus aucune raison de le craindre. Surtout depuis qu'il fuyait constamment les autorités nippones.

Mais ce message de Midori...

« Shane te qualifie d'adversaire d'honneur. Un grand homme comme il n'en avait jamais rencontré. »

- Si tu refuses, alors je vais devoir te... mh, dit Kase avant de se taire subitement. Mince, quel est le terme approprié. J'ai oublié.

L'ex Shinichi leva un sourcil, étonné.

- Rah, tant pis, te dégommer suffira.

Soudainement pris d'une rage aveugle pour le vieil homme, le preneur d'otage jeta sa victime au sol et s'élança sur ce dernier.

- Hors de ma route, l'bigleux ! hurla-t-il.

Personne n'avait réagi.

Pourtant, Kase sourit après avoir caché la lame dans son bâton en recollant les deux parties. Un filet de sang coulait maintenant du bras droit du fugitif, tombant à genoux sur le sol.

« Cette rapidité ! » pensa Conan.

Il s'était avancé d'un ou deux pas, et d'un geste très vif et précis, avait réussi à renverser la situation. Tel un homme qui, par son expérience dans le métier, se vantait d'être à la tête de la police régionale.

- Félicitations, chef ! applaudit l'officier qui menotta le coupable.

- Merci, répondit-il en se retournant. J'ai cru entendre des bruits de pas. Qui es-tu et que fais-tu ici ?

Conan hésita un instant.

- Ah, j'étais curieux de voir comment vous alliez l'arrêter, monsieur ! s'extasia-t-il.

Le vieil homme ricana.

- C'est sûr, répondit-il en se dirigeant vers les voitures stationnées. Ramenez ce gamin au poste en ville. Fouillez les lieux.

« Je voulais le voir. » pensa le petit garçon à lunettes. « C'est tout ce qui comptait. Je sais maintenant à qui j'ai affaire. »

- Hé, Chôji, tu...

Il avait disparu.

Conan se figea. Dans ces temples. Le second de la Milice Japonaise devait être à l'intérieur. Un drôle de sourire énigmatique s'étira sur son visage, à l'abri des regards indiscrets tout autour de lui.

« Il a lu mon gribouillis. » pensa-t-il. « C'est parfait. Je n'ai plus qu'à revenir avec Stan, et nous lancerons notre opération. »

Tout se déroulait visiblement comme il l'aurait prévu.

Redescendre en ville était la prochaine étape. Et c'était une voiture de police qui l'accompagnerait. Quoi de plus normal pour un enfant qui n'avait rien à faire sur les lieux d'un crime d'être rapatrié au centre-ville.

(...)

Sango ouvrit la cellule. Le soleil commençait à se coucher.

Stanley, désormais libre, pouvait fièrement prétendre être relâché. Vraisemblablement, l'enquête n'avait rien donné et l'innocence de l'agent sous les ordres de Shinichi avait était miraculeusement innocenté.

Serrant la main de Yokomizo qui s'excusa après coup, il quitta le commissariat après avoir récupéré ses affaires. Étonnante libération. La tentation lui était grande, en sortant du bâtiment, de passer au tabac du coin pour fumer une cigarette, comme il le faisait par le passé. Mais sa résolution d'arrêter la nicotine, en faveur de sa mère défunt, passait avant.

« Je ne dois pas. » répéta-t-il dans ses pensées.

Son père fumait. Ses trois frères aussi, certainement. Mais cette famille d'arnaqueurs, arrogante, et vivant dans le déclin ne valait plus rien à ses yeux. C'était un passé lointain dont il ne voulait plus entendre le moindre écho.

« Tu es un fils raté. » résonnait la voix de son père.

- Tu ne vas pas te remettre à fumer, putain Stan tu me décevrais, déclara Delta en recrachant la fumée de sa propre cigarette.

Il soupira.

- Tu peux parler, Matsuda. Enfin, Dery. Pourquoi tu m'as fait délivrer, et surtout comment ? T'es plus flic. T'es mort.

- Ah, désolé, c'est mon petit secret. Si tu veux bien m'excuser.

L'homme en noir s'apprêtait à le quitter quand la main de son ancien collègue se posa sur son épaule. Delta, leur pire ennemi, celui qu'il fallait à tout prix mettre sous les verrous, se trouvait maintenant à quelques centimètres de lui.

Si proche. La tentation était grande, mais sans armes ou menottes, il ne pouvait rien faire.

Et sa force n'était pas égale à la sienne.

- Pourquoi. Dans quel camp tu joues, Dery ! cracha-t-il furieusement.

« Stanley. » pensa le concerné en se tournant.

Il retira la main qu'il avait laissée sur son épaule.

- Dans celui-i, qui me convient. J'ai plus à gagner à te voir dehors de ces barreaux que dedans. Et tu m'gênais. Tu ferais mieux de déguerpir, à présent.

« Pfff. »

Matsuda disparut à l'horizon, les mains dans les poches.

« Personne ne pourra jamais comprendre. » pensa-t-il en souriant. « Mais je suis des leurs. Ça ne changera pas. »

- Héééé, Stan ! cria Conan épuisé. Tu es enfin libéré !

Celui-ci se retourna, encore sous le choc de la réponse de son ancien et vieil ami.

- Ah, ouais, répondit-il. Où est l'alcoolique ?

- Il suit des directives précises. J'aurais de ses nouvelles plus tard, expliqua Edogawa. J'ai réservé à ton nom dans un hôtel à une rue d'ici, on va y passer la nuit. Demain une longue journée nous attend.

Les deux hommes s'éclipsèrent en silence, dans une ville qui retrouvait son animation d'antan. La capture du criminel en fuite avait soulagé les esprits encore tourmentés par la présence d'un pseudo-démon.

Mais il restait un autre mystère à élucider. Le temps était compté pour les deux membres de la Cellule d'Enquête, les empêchant d"y travailler sérieusement. Mais l'auteur du braquage de la bijouterie était encore dans la nature.

À l'autre bout de la ville, une bonne demi-heure plus tard, sur un bateau accosté aux quais dans le quartier portuaire, trois officiers de police étaient assis en face de leur supérieur, jouant aux cartes. Des verres d'alcool étaient posés sur la table de droite. Une bonne soirée de jeux en perspective, après une journée drôlement agitée pour faire régner l'ordre et la justice dans cette grande ville qu'était Shizuoka.

Kase plaqua ses cartes.

- Qu'est-ce que ça donne, dit-il en fronçant les sourcils.

« Il est si naïf. » pensa Yokomizo qui observait la partie.

- Perdu, monsieur.

- Pfff, vraiment. Ce n'est pas fait pour moi.

La sonnerie de son téléphone le poussa à quitter sa chaise pour s'approcher du rebord du navire.

Si calme. Cette mer si détendue lui rappelait des bons souvenirs. Toute sa vie a gagné sa paye avec honnêteté dans cette région si dynamique. En tant que préfet comme du JP-0. Mais il y avait plus encore.

« Delta. » pensa-t-il en décrochant.

Il connaissait si bien sa voix.

- T'auras des obstacles. Mais le poisson a mordu à l'hameçon.

- Parfait.

Ses doigts tapotaient sur son téléphone, raccrochant au bout d'une poignée de secondes l'appel.

« Il a fait une erreur en venant dans MA ville. » tonna silencieusement Kase.


L'handicap de Kase serait...?

Je m'étais pas autant amusé à l'écriture d'un chapitre de cette fanfic depuis un moment. Prochain chapitre, une conversation avec Stan s'impose, parce que son background va encore se dévoiler.

Et ce n'est pas une enfance dont on pourrait être satisfait...

À la semaine prochaine, mes braves !


Chapitre 178 → Sa volonté à l'épreuve du fer,

Conan, Stanley et Chôji sont à Shizuoka pour récolter des informations nécessaires au sauvetage d'Akai et Amuro.
Alors qu'il rejoint le konbini le plus proche, surveillé par le rajeuni, Stan semble discuter avec une silhouette suspecte. À l'hôtel, l'ami du détective se confie sur son enfance avant qu'il ne dérive dans la criminalité. Une famille dont il n'éprouve aucun sentiment...