Ce très court chapitre n'était initialement pas prévu, mais l'idée est soudain apparue et je n'ai pas réussi à la chasser pour travailler sur les deux autres chapitres que j'ai en cours sur mon disque dur. Donc le voilà. Pas de Shepard précis dans ce chapitre.


Le plastron de l'armure tomba avec un bruit sourd contre le sol métallique de la cabine, bientôt suivi par le bruit étouffé que fit une paire de gants jetée contre le mur le plus proche. Un silence mortuaire suivit, d'abord seulement interrompu par une respiration saccadée. Cela ne dura que quelques secondes, et le silence fut soudain rompu par un bruit sec et métallique quand le casque heurta violemment le même mur avant de rouler sur le sol et de s'arrêter à une trentaine de centimètres du plastron.

Shepard resta immobile au milieu de la cabine du Capitaine, les yeux rivés sur les morceaux d'armure déjà retirés, mais ressentant soudain une trop grande fatigue pour continuer à enlever le reste. Les oreilles du Commandant résonnaient encore des bruits de rafales de fusils d'assauts, d'explosions de geth, de râles de galariens en train de mourir. Des appels à l'aide étouffés de Williams et Alenko.

Bien que l'équipage ait assisté à l'explosion de la bombe sur Virmire alors que le Normandie s'enfuyait au loin, Shepard se sentait comme si la bombe avait explosé à même le pont, juste devant son visage.

La sensation n'avait pas encore tout à fait disparu et tout ce que Shepard désirait désormais, c'était un moment de solitude dans sa cabine, et retarder l'inévitable moment où en entrant dans la salle de debriefing, seul l'un des deux meilleurs marines de l'Alliance que son commando comptait serait présent. Peut-être que Shepard pourrait attraper cette bouteille de whisky qu'Anderson avait laissé dans le placard, et pour quelques heures, prétendre que Virmire n'était jamais arrivé.

Mais il y avait tant de choses dont il fallait s'occuper. Un debriefing à mener. Un appel au Conseil à passer. Un équipage à consoler. Un survivant à qui assurer que la décision avait été entièrement celle de Shepard, et que personne d'autre n'était à blâmer. Il y avait cette famille à appeler pour leur apprendre que leur enfant ne rentrerait plus.

Si tout cela pouvait attendre. Juste pour un moment.

"Commandant, ça va là-dedans?" demanda soudain la voix de Joker dans l'intercom. Sa voix semblait hésitante, distante, loin de son joyeux ton habituel.

Shepard soupira en silence. Il semblait que son instant de calme allait devoir attendre.

"J'arrive Jeff. Je suis là dans une minute".

Le Commandant poussa un nouveau long soupir avant de retirer ce qui restait de son armure N7, puis donna un dernier regard aux morceaux étalés sur le sol avant de quitter la pièce plongée dans la pénombre.