Elle a cette démarche des femmes qui veulent impressionner. Les talons qui claquent par terre et les chevilles fatiguées d'avoir du supporter le corps sur des talons aussi fins. Les jambes hélées typiques des femmes Italienne. La robe noire qui montre les formes, qui montre les rondeurs. La poitrine que l'ont imagine aussi généreuse que dans le passé, les longs cheveux noirs qui encadrent ce visage au regard si froid. Les yeux aussi noirs que dans les souvenirs douloureux qui remontent. Cette bouche sanguine d'être mordue à chaque instant. Oui, elle avait cette démarche des femmes qui voulaient impressionner par leurs assurances, mais il l'a connaissait et il savait que sa démarche n'avait foutrement rien à voir avec cette putain d'assurance qu'elle voulait donner. Elle s'en foutait de donner cette impression de femme assurée. Parce qu'il connaissait cette femme, il savait que son regard froid et sa bouche fermée cachaient une douleur datant de dix ans. Dix ans que le souvenir tenace du visage de cette femme ne voulait pas s'effacer. Et malgré le fait qu'il avait tout fait pour ne plus songer à ce regard, le visage restait. Comme un poison qui coulait dans les veines et dont vous n'avez aucuns remèdes. En l'a voyant se rapprocher de plus en plus de lui au comptoir, il s'aperçut que malgré les années, elle avait toujours ce regard d'adolescente qui n'était pas à sa place. Et comme avant, ses yeux s'excusaient d'être là. Mais bordel, quand comprendrait-elle qu'il avait besoin de sa présence ? Il détourna son regard en fermant les yeux et en resserrant son verre dans sa main. Il avait le cœur tellement lourd que le liquide ambré dans son verre ne lui donnait pas envie. Tout le monde savait qu'il ne résistait jamais à un verre de Whisky le soir, mais c'était trop dur ce soir-là de boire quoi que ce soit alors que la femme qu'il avait brisé dix ans auparavant avançait vers lui.

L'odeur de son parfum arriva à lui et il du retenir un gémissement de désespoir en se rappelant le dernier jour où il l'avait vus. C'était exactement le même, peut être en plus léger. Les souvenirs lui firent serrer la mâchoire et il se maudit de lui avoir demandé de venir. Ca faisait mal de voir que le regard de la jeune femme n'habitait plus aucunes lueurs quand elle le fixa. Qu'allait-il lui dire ? Qu'il était désolé ? Pourquoi mentir, il ne l'était pas. Il avait mal de ne pas l'avoir eu avec lui durant ces dix dernières années, mais c'était mieux comme ça. C'était un bien pour un mal. Il fallait que ça rentre dans son crâne. C'était ça son excuse. Pour ne pas qu'il culpabilise. La jeune femme tira le tabouret qui se tenait devant le comptoir et s'y asseya en posant ses bras sur le comptoir. Ses cheveux formèrent un rideau devant son visage et Edward eu du mal à distinguer ses émotions. Sa crinière était toujours aussi longue et avait foncée. Il savait que ce n'était pas une teinture, elle détestait ça. Ses cheveux ondulés toujours mais là encore, de façon plus légère. La veste en cuir qu'elle portait ne devait pas l'a protéger beaucoup du froid qui hantait les rues de Manhattan mais ça aussi, elle s'enfichait.

« Je… »

« Un Americano s'il vous plaît » chuchota la jeune femme en s'adressant au patron du bar « mais sans l'orange »

Réentendre cette voix légèrement cassée par la cigarette le déstabilisa et le ramena dix ans arrière. C'était la même fille qu'il avait connus à l'époque du lycée. Et sa voix le ramena aux moments ou sa bouche lui soufflait des « je t'aime », où elle laissait échapper des soupirs…

« Merci d'être venus » finit-il par dire sans l'a regarder « je ne pensais pas que tu…»

« Remercie ta putain de sœur. C'est elle qui m'a demandé de venir. Merci. » Rajouta t-elle en prenant des mains le verre que le patron lui donnait

« Alice t'as…j'y crois pas »

Pas étonnant qu'elle n'ai pas l'air d'être heureuse d'être là. C'était contre sa volonté…mais même si Alice ne l'avait pas obligée à venir, son visage reflétait l'envie que tout se finisse. Au plus vite.

« Je me disais aussi que c'était étrange que tu viennes. Ce n'est pas comme si c'était la je ne sais combientième de fois que j'essaie de te joindre… » Ironisa t-il sans le vouloir. Retenir le venin qui coulait dans ses veines était dur à retenir dans sa bouche

« Dois-je en déduire que je peux partir ? » demanda t-elle froidement en avalant une gorgée de son verre prête à se lever

« Non » siffla t il en voyant qu'elle ne le regardait pas. L'attitude glaciale qu'elle lui offrait lui déplaisait. Le fait qu'elle ne le regardait pas le déplaisait et le soupir qu'elle lâcha en voyant qu'il continuait de la fixer l'agaça encore plus. « Pourquoi être venue ? Tu n'as jamais été proche d'Alice » ne put il s'empêcher de demander

« J'avais prévus de venir sans qu'elle ne me demande quoi que ce soit » avoua la brune alors qu'Edward recommençait à avoir un petit espoir « Ne te leurre pas Edward. En acceptant de venir, j'espère ne plus entendre parler de toi par la suite. Plus de coup de téléphone ou encore de lettres inutiles envoyées tout les six mois. Maintenant que je suis là, je t'écoute » lui balança la jeune femme en tournant son regard sur lui.

Edward aurai finalement préféré qu'elle laisse son regard droit devant elle. Avoir ses grands yeux noirs dans les siens qui étaient verts lui déclencha des battements au cœur douloureux et il décida d'abandonner son rôle du garçon aimable. Tout le monde savait qu'il était aimable parce qu'il le fallait, pas parce qu'il le voulait.

« Tu aurais pus me retenir il y'a dix ans. Tu aurais pus faire ou dire quelque chose » ne put-il s'empêcher de l'accuser « et tu n'as rien fais. Pourquoi ? »

Il n'avait pas prévue que la discutions prenne un tournant d'accusation et de haine qui remonte. Il voulait simplement l'a revoir, lui dire qu'elle lui avait manqué et qu'il fasse un bout de chemin ensemble. Ne serai ce que celui de l'a ramener chez elle. Mais non, à chaque fois qu'elle était avec lui, rien ne se passait comme il le voulait. On l'avait prévenue, elle était un aimant à problèmes.

« Ne me reproche pas ça Edward. Le fait que je ne t'ai rien dis t'as arrangé » chuchota t-elle en inspirant « Tu es partis, je suis restée. On ne va pas rester dessus toute notre vie. Dix ans ont passés depuis… »

« C'est long dix ans… » Soupira Edward. Et il du se retenir de rajouter que c'était encore pire sans la personne que l'ont aimait. Ou que l'ont pensait aimer…

« Probablement oui. » fit elle négligemment en mettant légèrement sa tête sur le coté et en jouant avec son verre

« Ca ne te fais vraiment rien ? » ragea t-il « Après tout ce temps…ça ne te fais rien ? »

« Je pensais que si. Je pensais qu'en te revoyant, j'allais avoir le cœur battant à tout rompre malgré le fait que tu l'ai détruit. Mais je suis contente que ça ne soit pas le cas. Le fait de ne plus rien ressentir quand tu es là veux dire que je n'ai plus rien pour toi. »

Elle ne souriait pas. Aucunes expressions sur son visage. Rien qui ne prouvait qu'elle n'était pas sincère. Pour elle, la page Edward Cullen était définitivement tournée et de voir le regard meurtris de cet homme ne lui procura pas cette joie qu'elle pensait avoir. Elle se fichait qu'il ai mal ou non. Après tout, il s'était retourné sans un regard en arrière pour elle il y'a dix ans. Il ne s'était pas occupé de ces deux semaines passées à l'hôpital. Pourquoi s'occuperait-elle de lui maintenant ? Edward venait de comprendre qu'il l'avait perdu. Mais pas définitivement. Il comprenait maintenant ce que c'était d'être triste. Alice lui avait souvent rabâché. « Tu verra, un jour, tu saura ce que c'est que de se sentir mal et de vouloir écouter de la musique triste avec une glace devant un film à l'eau de rose. Et ce jour là Eddy, tu penseras à ta sœur et tu l'appelleras pour lui dire qu'elle avait raison. » La jeune femme brune venait de souiller son cœur et elle n'en avait pas conscience. Le seul problème avec Edward Cullen, c'est qu'il ne laissait personne l'atteindre. Personne n'avait le droit de le faire sentir mal. Personne n'avait le droit de lui donner envie de chialer comme un gamin. Personne n'avait le droit de lui faire mal. Et surtout pas elle. Le venin qui coulait dans ses veines se transforma en un doux sentiment de vengeance. Les mâchoires serrées pour ne pas hurler, les yeux fermés pour ne pas chialer, parce que oui malgré ça il avait mal, Edward prit la décision de lui faire payer ses années de culpabilité pour être partie. Lui faire payer ses douleurs solitaires parce qu'il ne l'avait plus à côté de lui. Lui faire payer son regard qui l'a cherchait dans la foule mais qui n'était jamais elle. Lui faire payer le mal qui le rongeait depuis qu'il avait recroisé ses yeux noirs. Oui, Edward Cullen ne laissait jamais personne l'atteindre, et ceux qui n'avaient pas tenus compte de ses mises en gardes, avaient déjà mis un pied dans leur tombe. Et elle, avait déjà mis un pied dans la sienne quand elle s'était entichée de lui, il ne manquait plus que son autre pied, et il pourra définitivement enterrer cette fille qu'il avait aimé. C'était barbare, c'était macabre. Mais ça avait toujours été comme ça entre eux. Leur relation ne marchait pas sans violence. Il fallait qu'il y ai cette brutalité entre eux pour que ça marche. Edward rouvrit ses yeux et les larmes qui avaient faillit jaillirent ne furent plus que souvenirs.

« Tu as finis ? » demanda la jeune femme après avoir finis son verre

« Je suppose que oui » souffla Edward en regardant le liquide ambré. La jeune femme poussa le verre loin devant elle et descendit de son siège. Elle remit correctement l'écharpe autour de son cou et s'apprêta à marcher vers la sortie lorsqu'Edward l'a reteint par le bras et l'attira brutalement à lui. Le visage de la jeune femme ne reflétait absolument rien. Certaines mèches de ses cheveux étaient restées collés à ses lèvres et sa main s'était transformé en poing. L'haleine d'Edward emprunt légèrement d'alcool arriva à elle et une soudaine envie de cigarette l'a démangeait.

« Tu m'appartiens encore Bella. Ce n'est pas ces putains d'années qui vont changer ça » murmura-t-il en fixant ses lèvres avant de l'a regarder dans les yeux « Et je n'ai pas pour habitude de perdre ce qui m'appartiens. Souviens-toi de ça » rajouta t-il froidement en la relâchant

« Pour perdre quelque chose, il faut l'avoir posséder Edward » répliqua t-elle de dos en allant vers la sortie

« Ce n'est pas ce que tu me gémissais » ajouta t-il assez fort pour qu'elle entende

Les lèvres d'Edward formèrent un sourire mesquin alors qu'il continuait de fixer la silhouette de la brune qui venait de sortir dans la rue et il finit cul sec son verre en le reposant doucement sur le comptoir. Il laissa échapper un bâillement en regardant à travers la vitre et ses yeux devinrent durs lorsqu'il vit la jeune femme en compagnie d'un autre homme. Il était blond, les cheveux courts et avait les mains dans les poches de son long manteau. Il s'alluma une cigarette et la tendit à la brune qui l'a porta à sa bouche sans hésitation. Le blond posa sa main sur la nuque de la jeune femme avant de passer son bras autour de ses épaules et de l'emmener plus loin avec lui. Elle avait quelqu'un d'autre. Et pour ça aussi, elle allait payer.

Edward paya sa consommation et sortit du bar en regardant les pauvres trous du cul qui jouaient aux bars ou qui se bourraient la gueule. En sortant dans les courants d'air de Manhattan, Edward ferma les yeux et leva son visage vers le ciel. Avoir revus cette femme lui avait fait autant de bien que de mal. C'était les souvenirs joyeux et douloureux qui étaient remontés, et puis c'était la douleur surtout. Savoir qu'il était à deux doigts de ne vraiment plus l'a posséder lui tordait les tripes. Et savoir que c'était un autre qui caressait son corps lui donnait envie de taper dans le mur. Mais Edward avait apprit à contrôler ses crises de colères et il avait décidé de jouer. Le but était simple, celui qui perdra aller avoir mal. Et Edward n'était pas réputé pour perdre. Quelque soit le jeu. Et ce qui l'amusait, c'était de savoir qu'il était le seul à prendre conscience qu'il était dans un jeu. Et qu'il savait que ce n'était pas lui qui perdrait. Une bourrasque de vent le ramena à la réalité et il traversa la route pour continuer son chemin jusqu'à chez lui à pied. Il salua le gardien de l'immeuble qui se tenait raide comme un piquet dans son costume ridicule à la Spirou. Edward entra directement dans l'ascenseur sans s'occuper de la jeune femme blonde qui le fixait froidement de ses yeux bleus. Celle-ci le connaissait suffisamment pour savoir que ce n'était pas le moment de chercher une confrontation. Les portes de l'ascenseur se referment sur Edward et la jeune femme sortit un boitier rose pâle de son sac. Elle chercha le nom de son cousin dans son répertoire et porta l'appareil à son oreille quand elle le trouva.

« Il est rentré Jazz. De mauvaises humeurs comment veux tu qu'il soit ! » S'exclama t-elle agacée « Je ne vais pas monter maintenant, j'ai envie de fumer et me prendre la tête avec ce connard mal baisé ne me donne pas envie maintenant. Emmett va surement l'appeler de toute façon, je n'aurai qu'à lui demander comme ça s'est passé. Rassure Alice, je ne pense pas qu'il va faire un pétage de plomb ce soir. Oui je l'ai vus…elle avait l'air d'aller bien, c'est ce qui compte. Embrasse Alice pour moi, je passerai surement demain.»

Rosalie raccrocha et remit son portable dans son sac. Franchement, ça l'a faisait chier d'avoir passé trois heures dans cet hôtel juste pour vérifier qu'Edward rentrerait sans problèmes. Elle avait du mal à comprendre cet homme froid qui portait un mal à l'intérieur. Quelques part, elle se reconnaissait en lui, c'était peut être pour ça qu'elle avait du mal à le supporter, et c'était réciproque, mais elle pouvait compter sur lui et réciproquement. Elle sortit une cigarette de son sac et posa son manteau blanc sur ses épaules. Remettant ses longs cheveux blonds en arrière, elle regarda hautainement toutes les femmes qui l'a regardait méchamment parce qu'elle avait capté l'attention de leur compagnon. Rosalie avait une violente envie de leur faire un geste déplacé mais se reteint, pour le moment, elle voulait juste fumer. Emmet allait encore faire une crise, mais elle avait besoin de calmer ses nerfs.

La porte de l'appartement claqua brusquement et Edward lança ses clefs sur la table d'entrée et jeta sa veste de costume sur le canapé. Il était fatigué de sa journée, commencer à 5h et ne finir qu'à 22h l'avait finalement achevé. C'est ce dont il se persuadait, mais au fond, il avait conscience que c'était simplement la jeune femme brune qui lui avait retourné l'estomac. Il prit un petit paquet blanc qui trainait sur le plan de travail de la cuisine et alla directement dans la salle de bain pour se faire couler un bain. Il avait besoin de se relaxer et comme il était trop tard pour appeler Tanya, il décida de se fumer « une cigarette aromatisée » comme il aimait dire. C'était ses plaisirs. Etre dans un bain et fumer en même temps étaient deux choses qu'il faisait souvent depuis le début de l'année. Ayant du mal à dormir, le bain et la fumette l'endormait facilement. Une fois dans l'eau brulante et après avoir avalé trois taffs, Edward repensa à ses années lycées. A sa sœur qui avait seulement 11 mois d'écart avec lui. Alice Cullen, bientôt Whitlock, était une espèce de Lutin qui portait vite sur les nerfs si Jasper n'était pas à coté d'elle. Oui elle était adorable, mais certaines fois, l'envie de lui dire « Ta gueule » démangeait beaucoup de monde. Il se souvenait de sa sœur comme cette fille timide à souhait, les cheveux courts noirs partant dans tout les sens et de ses yeux bleu gris. Alice avait changé en dix ans, elle était devenus plus femme et avait abandonné sa timidité pour la remplacer par une pile d'énergie. A voir ce qui était le mieux. Puis il se souvint aussi de Rosalie. Cette jeune femme froide, la beauté glaciale de Forks. Les yeux bleus tellement clairs qu'on se demandait si elle vous regardait vraiment, les cheveux longs et blond impeccables et ses formes généreuses. Elle était naturelle comme fille, féminine comme il le fallait et non provocatrice. Mais c'était une amie d'Alice et Edward avait toujours refusé d'avoir des relations avec les amies de sa sœur.

Puis en deuxième année de lycée, ce fut le drame. Une claque monumentale dans la gueule d'Edward. Une nouvelle qui venait d'entrer dans la classe de sa sœur. Débarquant tout droit d'un petit village paumé en Italie. Il était en terminale et devait bosser à chaque temps libre. Mais il avait prit l'habitude de la fixer jusqu'à ce qu'elle s'en rend compte et qu'elle lui fit un doigt d'honneur. Edward sut alors à ce moment là que c'était elle et qu'il n'y avait plus personne d'autres.

« Mais pourquoi elle Edward ? » avait demandé Alice lorsqu'elle avait compris que son frère était obsédé par cette fille « T'es tout le temps entrain de la regarder de haut, tu l'as méprise presque ! »

« C'est pour ça Alice » soupira le jeune homme « J'ai besoin d'haïr pour que ça marche »

« En réponse claire ? »

« La réponse est interdite au moins de 18 ans, ça te va ? » répliqua t-il agacé « Oublie ça, on va encore comprendre que je suis prétentieux, que je suis un super coup et ce n'est pas ce que je voulais dire ! Je te dirai : Parce que c'est elle et parce que c'est moi. »

Et malgré les dix ans écoulés, c'était toujours d'elle dont il avait besoin. Parce qu'il n'y avait qu'avec elle que ça marchait. Il avait besoin de faire mal et d'avoir mal pour aimer. Il avait blessé cette fille plus que n'importe qui d'autre. C'était un tout. Parce que la jeune brune avait beau ne rien montrer à l'époque, il savait très bien qu'elle le ferai payer. Et elle l'avait fait.

Quelqu'un toqua à la porte d'entrée et Edward reconnus le coup impatient de sa sœur. Il sortir de son bain en grommelant et mit une simple serviette autour de sa taille, le joint à la bouche en ouvrant la porte à sa sœur qui était accompagnée de Rosalie, totalement exaspérée.

« Jasper est un putain de con » grommela Rosalie agacée « Il ne peut pas tenir sa langue ? »

« Très chère Rosalie, tu sauras que Jasper me dit tout ! » répliqua Alice en l'a tapant sur le bras « Pousse-toi Edward» fit elle en écartant ce dernier de son chemin « ça pue toujours autant le joint ici » grimaça t-elle « T'aères jamais ? »

« Putain mais quand est ce que tu vas te choper un mal de langue ? » siffla Edward en refermant derrière Rosalie qui le fixait « Y'a un problème Blondie ? »

« Je t'avais dis qu'il était d'humeur con ce soir » soupira Rosalie à l'adresse d'Alice en s'allumant une cigarette

« Je m'en fiche ! » répliqua Alice « Bordel mais tu comptais me mettre au courant quand ?! »

Edward vit avec étonnement la différence entre l'Alice d'il y'a dix ans, et l'Alice de maintenant. Portant une robe marinière bleu foncé avec un simple gilet blanc, les cheveux longs bruns et ses yeux plus gris que bleus, Alice avait l'air vraiment en colère et Edward savait très bien qu'une Alice adulte en colère était beaucoup plus chiante qu'une Alice adolescente ayant ses règles.

« Te mettre au courant de quoi ? » soupira son frère en s'affalant sur le canapé en cuir beige en mettant un cendrier sur ses genoux « Il me semble que t'es au courant maintenant »

« Je suis ta sœur Edward! Comment ça se fait que Rose soit au courant avant moi ?! »

« C'est une crise de jalousie ? » lança Edward sarcastique en inspirant une nouvelle taff

« Connard s'est mal réveillé ? » lança Rosalie en faisant tomber sa cendre sur le torse d' Edward qui ne broncha pas quand la cendre lui fit une légère brulure

« Emmett t'a mal baisé ? » rétorqua Edward en soufflant sur sa peau pour que la cendre s'en aille « Vous me faîtes chier toute les deux, ça ne vous regarde pas »

« Au moment où tu touches à elle, ça me regarde » répliqua Rosalie froidement

« Bien…et Alice ? Dans mes souvenirs, tu n'étais pas vraiment proche d'elle. Alors quoi ? Jasper est tellement absent que tu te sens obligé de faire les potins de tout le monde ? Va sur le trottoir avec tes bas en résilles, là t'aura des putains de ragots et tu te feras payer en plus ! » Lança brutalement Edward en fixant sa sœur

Les yeux d'Alice s'embuèrent sous l'insulte. Elle avait beau savoir que son frère était un être blessant, elle avait toujours du mal avec l'animosité qui l'habitait à certains moment et elle avait encore plus de mal à comprendre pourquoi il s'en prenait aussi à elle. Rosalie lui frotta doucement l'épaule et Alice lui arracha la cigarette des mains pour fumer à son tour. Elle toussa, n'ayant pas l'habitude de fumer et lui rendit tout de suite sous le regard moqueur de son frère.

« Je ne te connaissais pas si menteuse Alice » rajouta Edward en jouant avec le bout de son joint « Elle m'a dit que tu l'avais poussé à venir. Je suppose que je dois te remercier pour ça ? »

« Je n'ai pas eu besoin de faire grand-chose. Sache, pour ta gouverne, qu'elle avait prévue de te dire oui. Elle était agacée que tu veuilles l'a revoir alors qu'elle t'avait clairement dit non par le passé. James l'a poussé aussi à venir. » Rajouta Alice en souriant sachant que le nom de cet inconnu le ferai tiquer.

« James ? » répéta Edward en arquant son sourcil gauche « C'est l'homme blond ? »

« Oui » sourit Alice « Il est gentil et plutôt mignon»

« J'ai pas besoin de savoir qu'il baise ensemble » siffla Edward en posant le cendrier sur la table

« Tout ça ne serai pas arrivé si tu ne l'avais pas laissé Edward» soupira Alice avant de récolter un regard noir de Rosalie « Tu as raison de dire que c'est de ta faute. Mais ne l'a fait pas payer elle parce qu'elle est beaucoup mieux sans toi »

Edward se força à rester calme. S'énerver sur Alice n'était pas une bonne chose. Il aimait sa sœur, vraiment, mais il avait juste envie de lui foutre une baffe pour qu'elle se taise. Mais Rosalie était là et recevoir une tarte de sa part n'était pas dans ses priorités. Il ferma les yeux en bref instant en se pinçant l'arrête de son nez et lâcha un long soupir avant de se lever.

« Quand tu sauras ce qu'il s'est passé, tu pourras l'ouvrir Alice » lança t-il en se dirigeant vers sa chambre et de claquer la porte signalant ainsi que les deux amies pouvaient partir.

« Rose…si tu savais pourquoi il est partit…tu me le dirai…pas vrai ? » demanda Alice en se tournant vers la blonde

« Evidemment ! » s'exclama Rosalie presque outrée de la question « mais je ne suis pas amie avec ton enculé de frère alors franchement, questionne plutôt ses copains de l'époque »

« Démétri est en Pologne pour l'instant, et Paul en Irak » chuchota Alice « Tu es restée avec elle lorsque je suis partie pour Paris n'est ce pas ? Est-ce…est ce qu'il s'est passé quelque chose avec elle ? Je veux dire…comment elle était après ? »

Rosalie se mordilla les lèvres. Alice était son amie depuis le lycée, mais avec Bella, ce n'était pas pareil. Elle avait juré de ne jamais rien dire.

« Je suis désolée Alice, mais ce n'est pas à moi de parler de ça. On devrai y aller, Emmett m'attend et Jazz va rentrer de l'hôpital. »

Au Bronx's Little Italy, quartier Italien dans le Bronx autour d'Arthur Avenue, une jeune femme brune venait de finir de faire chauffer sa tasse de chocolat chaud. Elle avait beau avoir 27 ans, elle détestait le café. L'odeur lui tournait l'estomac et le gout était pire. Rien ne valait son café au chocolat Made In Italia et sa cigarette Camel. Surtout qu'elle en avait bien besoin après la journée de merde qu'elle venait de vivre. La livraison qui devait arriver ce matin à la Médiathèque était arrivée avec deux heures de retard et les employés avaient du fermer l'établissement pour que le camion n'écrase pas les lecteurs qui arrivaient. Elle avait du porter des talons pour un pot de départ. Et à partir de 14h, sa journée a été quelque peu bizarre. Elle avait reçu l'appel sur son portable d'un numéro inconnu. Elle ne répondait jamais habituellement mais à ce moment là, elle était entrain de se disputer avec un lecteur qui se plaignait de la fermeture et l'appel était une bonne excuse pour s'en aller. La voix qui avait répondus était timide et féminine mais elle avait reconnus la femme à l'autre bout du téléphone.

« Alice »

Sa voix avait claquée. Involontairement ou non, ça elle ne le savait pas. Mais elle était surprise de voir qu'Alice l'appelait.

« Vous avez du vous tromper de numéro » ajouta t-elle en se reprenant

« NON ! Isabella je…merde c'est nul. Je suis totalement nulle » avait soupiré Alice « Tu as toujours pensé que je ne t'appréciais pas et je comprends pourquoi. Mon attitude du lycée était dégueulasse envers toi mais écoutes moi. Est-ce que ce serai possible que l'ont se voit ? »

« Pour quoi faire ? » répondit la jeune femme sans se préoccuper des « excuses » d'Alice

« J'aimerai que l'on se parle. A propos d'Edward»

« Je ne vois pas ce que je pourrai dire sur lui » avait lâché Bella après un léger silence « Et si je devais parler de lui, je ne le ferai pas avec toi »

« Je sais. Je voulais que ce soit Rosalie qui parle de ça mais elle ne veut pas te parler de ce crétin. Alors, s'il te plait, accorde moi ne serai-ce qu'un café et tu n'entendras plus jamais parler de moi. Comme Edward. »

« Je préfère le chocolat chaud Alice. J'ai une pause dans une heure »

« Merci » souffla la jeune Cullen « Où pourrai-je te voir ? »

« Arthur Avenue. Le premier café Italien que tu verras. »

« Dans le Bronx ? » demanda Alice surprise

« Un problème avec ça ? »

« Non…à tout à l'heure » avait soufflé Alice en espérant une réponse. Mais l'autre jeune femme avait déjà raccroché.

Elle avait vraiment hésité à y aller. Que lui voulait Alice ? Elles ne se sont jamais vraiment parlé quand elles étaient adolescentes et bien que Bella ait trouvé ça dommage, elle ne s'en portait pas mal maintenant. Si Alice voulait lui parler d'Edward pour qu'elle accepte de le revoir, elle n'aura qu'a lui dire qu'elle avait dit oui et le rendez vous se finirai illico. Puis elle s'était retrouvée devant la porte du café et avait aperçu Alice. Cette dernière, lorsqu'elle entendit la porte, releva vivement son visage et un frisson d'appréhension la parcourus. Comment allait-elle lui expliquer ses erreurs ? Comment faire comprendre que si elle avait été aussi froide, c'était pour elle ?

Revoir la jeune femme qui avait aimé son frère l'a ramena à cette époque du lycée où son frère n'était pas aussi brutal avec le monde. Elle portait une robe noire, la même qu'elle portera ce soir pour revoir Angel. Elle avait aussi la même veste en cuir mais portait des ballerines. Alice sourit en voyant qu'elle avait toujours ses boucles d'oreilles. Elle avait toujours jalousé les six trous qu'Isabella avait. Trois de chaque coté. Alice avait toujours voulus en avoir là aussi mais Esmée avait toujours dis non. Puis avec le temps, Alice avait oublié cette fantaisie. Et comme Edward, Alice s'aperçut que la jeune femme n'avait pas changé. Eddy connaissait les émotions, les tics, les habitudes…il connaissait tout d'Isabella. Mais Alice savait que la jeune femme n'avait pas abandonné son look gothique. Peut être moins imposant maintenant, mais il était toujours là. Il suffisait de l'a comparer à l'Isabella d'il y'a dix ans et l'Isabella de maintenant pour voir que c'était la même personne. Le vernis noir était toujours là, la bague en argent à tête de serpent à son majeur gauche, deux autres bagues à sa main droite. Le même noir autour de ses yeux mais beaucoup plus léger. Ses lèvres marquées par un rouge à lèvre sombre. Oui, Isabella était toujours la même. Avec dix années de souffrance en plus.

« Alice » la salua simplement Bella en s'asseyant en face de la jeune femme « Tu as changé. Tu a l'air moins timide. J'étais surprise que tu m'appelles. Je pensais que c'était pour il tuopompino que tu t'étais montrée disons...sociale avec moi. Je n'avais pas vraiment tort dans un sens... »

Alice écarquilla les yeux lorsque la jeune femme en face d'elle avait utilisé le surnom Pompino pour parler de son frère. Alice savait que Bella était Italienne de naissance et Bella savait qu'Alice était seulement américaine mais avait apprit à parler l'Italien pour son frère. Alice savait que Pompino voulait dire fellation. Et elle était surprise que Bella appelle toujours Edward par ce surnom. Surprise parce que du temps où ils étaient ensemble, elle l'appelait toujours comme ça, récoltant un regard noir d'Edward qui finissait par l'embrasser après. Elle laissa échapper la question qui lui brulait les lèvres, inquiète que Bella la recale sans ménagement.

« Pourquoi Pompino ? Est-ce que c'est parce que… » N'osa terminer Alice

« Parce que je lui ai fait une fellation ? » demanda Bella après avoir fait signe au serveur de venir « Je lui ai fait des fellations oui, je suppose que tu en as fait aussi alors ne te montre pas aussi gênée Alice. J'ai appelé ton frère Pompino parce qu'il m'a avoué qu'il n'avait jamais apprécié les fellations après qu'une certaine Lauren l'ai un peu trop mordus. Je lui avais promis d'aller doucement et il s'est laissé aller. Si je me souviens bien, c'est ce même jour qu'il m'a dit m'aimer…je pense que c'est la seule fois où il était sincère. » Avoua t-elle dans un chuchotement, le regard perdus. « Enfin, parlons de choses sérieuses, qu'est ce que tu voulais me dire ? » questionna t-elle âpres avoir commandé un chocolat chaud et une tranche de Panettone

« Oui pardon…est ce que tu peux m'écouter avant ? Que je t'explique pourquoi j'ai agis comme ça avec toi » supplia presque Alice en serrant sa tasse entre ses mains

« Si tu penses que ça en vaut la peine Alice » soupira Bella en s'allumant une cigarette

« Je ne vais pas faire mon hypocrite. Quand j'ai compris qu'Edward commençait à être comme obsédé par toi, j'ai été surprise. Il est sortit avec des filles mais jamais… »

« Viens en au fait Alice, je sais déjà tout ça »

« Tu étais goth et tellement sombre que je me demandais si tu n'allais pas embarquer Edward dans tes délires de mutilations et il n'avait vraiment pas besoin de ça à cette époque »

Le visage froid qu'Isabella voulait laisser s'effondra lorsqu'Alice lui parla de ses blessures. Edward avait pourtant promis…

« Ne va pas croire qu'Edward m'a dit quoi que ce soit. J'ai deviné toute seule. Apres un cours de sport, je suis retournée aux vestiaires croyant avoir oublié mon déo, et je t'ai vu touché tes cicatrices. Tu les as caché avec ton tatouage » comprit Alice en regardant le tatouage sur le poignet gauche d'Isabella « Qu'est ce qu'il y'a d'écrit ? »

« Fuggi quel doce che puo farsi amaro » récita Bella « Evite la douleur qui doit se muer en amertume » traduit-elle avant de porter la cigarette à ses lèvres et de recracher la fumée

Alice inspira un bon coup avant de reprendre.

« Si j'ai été froide avec toi, c'était pour que tu laisses Edward. Je voulais te donner une raison de ne pas t'entiché de lui. Pas parce que je ne t'aimais pas ou quoi que ce soit d'autre. J'ai été jalouse de savoir qu'une fille me volait mon frère, mais quand je voyais le sourire devenus si rare d'Edward, ça m'a fait du bien. Mais si j'ai voulus que tu t'éloignes de lui, c'était pour toi »

« Je te demande pardon ? » s'exclama Bella surprise en se redressant « Tu voulais que je laisse Edward pour me protéger ? Est-ce que tu sais à quel point j'ai… » Elle ferma les yeux et respira lentement pour reprendre son calme « ça n'a plus d'importance de toute façon »

« Ca en a pour moi. J'ai voulus te protéger parcequ' Edward n'était que destruction à cette époque. C'était ça mon excuse pour t'avoir méprisé comme ça. Je suppose qu'Edward t'a parlé de ça… »

« Ton frère ne me parlait pas. La seule chose qu'il faisait quand nous étions ensemble c'était me blesser ou me baiser. Tout ça ne rime à rien Alice » s'agaça la brune « Et ce putain de chocolat qui arrive pas…merde, dis moi ce que tu voulais me dire d'autre, je reprends bientôt »

« Accepte le rendez vous qu'Edward te donne ce soir. Pas pour lui, mais pour toi. Si tu lui demande d'arrêter de t'appeler de vive voix, il acceptera. La seule chose qu'il veut, c'est te revoir. »

« Encore une fois, c'est à moi de me soumettre à ce qu'il veut hein. Ne te fais pas de soucis pour ça Alice, j'avais décidé de lui dire oui pour qu'il me foute la paix. Tu pourras lui dire, ça m'évitera un appel pour lui. Je ne pense pas qu'on se reverra alors…bonne continuation pour la suite Alice. » la salua Bella avant de partir, la cigarette au bec alors que le serveur déposait devant Alice une tasse de chocolat fumant et une tranche de gâteau.

Finalement, ça n'avait pas été si terrible de l'a revoir. Se dirigeant vers le salon, l'Italienne bu une gorgée du liquide marron et gémissait sous la brulure. Elle l'avait trop fait chauffer encore une fois. Elle prit son paquet de camel et en sortit une cigarette en prenant un briquet. Elle ne fumait jamais dans la maison, elle détestait ça. Alors elle sortit sous le porche de la maison et s'asseya sur les marches avant d'allumer sa cigarette et de poser sa tasse à coté d'elle. Démaquillée et encore les cheveux légèrement mouillée, elle se sentait mieux. Dés qu'elle était rentrée chez elle, elle avait eu le besoin urgent de se laver. Revoir Edward l'avait rendu totalement à coté de la plaque. Lorsque James était venus l'a chercher et qu'il vit l'état de sa demi-sœur, il lui avait allumé directement une cigarette. Ca paraissait bizarre comme attention, mais c'était comme ça. Elle avait mentit. Revoir Edward ne lui avait pas rien fait. Elle ne pouvait pas venir devant lui et lui dire « Je ne te hais pas Edward. Te haïr reviendrai à ressentir quelque chose pour toi et ça n'est plus le cas. Mais je dois avouer que te revoir me fait quelque chose. » Non, elle ne pouvait définitivement pas lui dire ça, il comprendra alors qu'il avait toujours le dessus sur elle et ça, elle ne le voulait pas.

Elle termina sa cigarette et son chocolat et alla directement dans la salle de bain une fois rentrée chez elle. Elle se lava les dents, prit une autre douche, se parfuma légèrement, revêtit un vieux survêtement et décida de ne pas se maquiller. Elle prit ses clefs de voiture et embrassa Hercule, son yorkshire, avant de démarrer en trombe et d'aller à l'entrée d'Arthur Avenue et de continuer tout droit et de tourner à gauche. La forêt s'annonça devant elle et son cœur battit plus vivement lorsqu'elle aperçut le manoir. Elle freina et la voiture s'arrêta doucement sur le gravier. Elle sortit de la voiture et ferma doucement la portière en cas où elle déciderai de faire demi-tour. Le stress montant en elle, la faisant hésiter à toquer. Après une semaine, qu'allait il dire ? L'enverrai t-il se faire foutre comme elle aurai fait si ça avait été lui ?

La porte s'ouvrit alors et un jeune homme torse nu, revêtu d'un jean noir dont le boxer dépassait, prit place devant elle. Le regard peu surpris, il se posa contre la porte en croisant ses bras sur son torse.

« Que me vaut cet honneur ? » demanda Stefan en l'a fixant

« Je…Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi je suis venue » souffla t-elle en ne sachant quoi dire

« C'est drôle, moi si »

Il lui tourna le dos pour se fondre dans la pénombre du couloir qu'il traversa, laissant la porte ouverture pour qu'elle rentre.