Merci à ceux qui m'ont laissé des com' ^^

Shibiboum, ça me fait plaisir que ce soit ton OS préféré, c'est le seul que j'ai écrit pour l'instant (les autres sont des traductions)


Perdu dans ses pensées, Finch tressaillit quand une suite de bip lui annonça que l'exécution de son programme était terminée. Il enfonça quelques touches, déplaça une ou deux fenêtres et lança un autre programme avant de se laisser à nouveau aller contre le dossier de son fauteuil, les yeux à nouveau perdus au loin.

La veille, figée par la surprise, il n'avait pas réagit quand Reese s'était redressé, avait eu un sourire contraint et avait tourné les talons pour quitter – fuir – la bibliothèque. Même quand la porte s'était refermée avec un déclic parfaitement audible dans le silence soudain, il était resté immobile, les yeux légèrement écarquillés, absolument abasourdi.

Sa première pensée fut qu'il s'agissait d'une plaisanterie. Une taquinerie qui avait dérapé, un nouveau moyen de le prendre au dépourvu dans l'espoir d'obtenir une information quelconque sur lui. Puis il repensa au regard que Reese lui avait lancé, intense, mais baigné d'une lueur incertaine, d'un petit quelque chose de vulnérable. Certainement pas le regard d'un homme qui faisait une bonne blague.

Donc. Aussi incroyable que ça paraisse, il semblait que Reese ait développé des sentiments pour lui.

Incrédule, il s'était repassé mentalement toutes leurs dernières conversations, des salutations matinales aux petites piques amicales, des échanges tactiques sur la meilleure manière d'approcher un numéro aux directives brèves qu'ils se murmuraient via l'écouteur. Rien, absolument rien ne l'avait préparé à gérer, à même envisager, la présente situation. Que Reese, composé, attirant, efficace, puisse nourrir pour lui, vieux geek à lunettes, une affection qui allait au delà de l'amitié était tout simplement risible, absurde.

Une nouvelle série de bip et Finch lança un autre programme, presque sans y penser, avant d'ôter ses lunettes pour se masser les yeux avec un soupir. Il était fatigué. Il s'était tourné et retourné dans son lit sans trouver le sommeil avant de finalement se lever et regagner la bibliothèque vers 6h du matin, pour se découvrir incapable de produire le moindre travail efficace. Finalement, il s'était décidé à tester une vieille série de programmes jamais tout à fait achevés dans l'espoir de trouver quelque chose qui pourrait leur être utile et surtout pour focaliser son esprit sur autre chose que les pensées qui tournaient dans son esprit depuis la veille.

Et maintenant, une heure et trois programmes plus tard, il en était toujours au même point.

Et Reese serait là dans une poignée de minutes et il ne savait toujours pas quoi lui répondre.

Car c'était bien une question que l'ex agent de la CIA lui avait posé, par des gestes plutôt que des mots, parce qu'il était un homme d'action, et d'une manière qu'il n'avait peut-être pas lui-même prévue. Une proposition. A laquelle Finch ne parvenait pas à trouver de réponse définitive, à son propre étonnement. Un sentiment en demi-teinte l'habitait depuis la veille, mélange d'envie et d'incertitude, de crainte et de désir, et de quelque chose comme un émerveillement enfantin.

- Hello, Finch.

L'informaticien bondit presque de son fauteuil sous le coup de la surprise. Une fois de plus, Reese avait pénétré de manière totalement silencieuse dans la pièce, comme si le faire sursauter était devenu une part de son rituel matinal.

Une réplique acerbe courrait déjà sur ses lèvres mais Finch la ravala en notant la tension dans la posture de son partenaire. Lui non plus ne semblait pas avoir beaucoup dormi. Et n'était-ce pas la chemise qu'il portait déjà la veille ?

- Bonjour, Mr Reese, dit-il finalement.

Puis, un battement de cœur plus tard :

- Nous devons parler.

Finch lui indiqua la chaise à côté de la sienne et Reese s'en approcha avec réticence. La tension qui émanait de lui semblait avoir monté d'un cran encore. Avant même d'être totalement assis, il murmura :

- A propos de ce qu'il s'est passé hier, Finch, je…

L'informaticien leva une main et Reese se tu. Finch laissa passer un moment de silence, cherchant ses mots.

- Depuis mon accident, commença-t-il finalement à mi-voix, il n'y a eu personne. Parce que j'avais perdu Grace, et que je ne pensais pas m'en remettre un jour. Parce que les numéros me hantaient et que c'était la seule chose à laquelle je pouvais penser, toutes ces vies perdues. Parce que mon corps…

Sa voix vacilla et il inspira brusquement avant de continuer.

- …m'était devenu étranger. Je… ne voulais pas imposer à quelqu'un un spectacle que j'avais moi-même du mal à supporter.

Reese fit mine d'intervenir et Finch secoua la tête pour l'en dissuader.

- Je ne peux pas… Non. Je n'ai pas envie, John, d'avoir ce… type… de relation avec quelqu'un. Personne.

Reese acquiesça, impassible, et amorça un mouvement pour se lever. Avec vivacité, Finch saisit l'une de ses mains entre les deux siennes et poursuivit dans un murmure rapide, les mots s'entrechoquant, malhabiles.

- Ça ne signifie pas que je n'ai rien à offrir juste – pas autant que vous le désiriez peut-être.

Reese chercha le regard de son employeur mais Finch avait les yeux baissés sur leurs mains jointes. La chaleur de ce contact simple semblait irradier dans tout son corps et il se demanda si l'autre ressentait la même chose.

Lentement, précautionneusement, il leva l'une des mains de Finch à ses lèvres et en embrassa la paume, le creux du poignet.

- C'est déjà plus que je n'osais l'espérer, murmura-t-il, son souffle courant sur la peau de son partenaire et le faisant frissonner. Peut-on se tenir par la main ?

- Je crois que c'est déjà le cas, Mr Reese, remarqua Finch, haussant ironiquement un sourcil.

Reese sourit et embrassa à nouveau la main qu'il tenait toujours captive.

- Peut-on se serrer dans les bras ?

- Oui.

A nouveau, il effleura des lèvres la peau sensible du poignet de l'informaticien, comme en remerciement.

- S'embrasser ?

Finch hésita.

- …Oui.

Un sourire lent se dessina sur les lèvres de l'ex agent de la CIA.

- Maintenant ?

Pour toute réponse, Finch se pencha vers lui, entrelaçant leurs doigts.


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