Samystere: Coucou, ravie de te retrouver sur cette histoire ! J'espère que tu aimeras la suite. Bisous

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Chapitre 2

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PDV BELLA

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Cela fait 63 ans que Lexie et moi parcourons le monde à la recherche d'une chimère, mon mari. Je n'ai plus d'espoir ou je ne veux plus en avoir, cela me fait toujours si mal même après toutes ces années.

Ma merveilleuse fille me demande de lui parler de son père et encore une fois, je lui raconte nos souvenirs mais comme à chaque fois, elle dérive sur nos moments à toutes les deux. C'est sa façon de me remonter le moral. Je dois dire que cela marche, et puis de toute façon, dès que je pense à ma petite princesse, je ne peux qu'aller bien.

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Maman ?

Oui ma princesse ?

Pourquoi tu n'as jamais accepté les avances de Démétri ?

Cela fait un an que Démétri a dû rejoindre les Volturi, nous en avons profité pour nous présenter. Nous ne voulions pas nous éterniser mais nous avons promis de revenir les voir. Lorsqu'il était avec nous, Lexie nous a parlé de sa vie et de ce que la femme lui a fait endurer. Elle n'a pas été malheureuse mais le fait de changer tout le temps d'endroit et de ne pas pouvoir s'attacher aux gens lui faisait de la peine. Elle ne comprenait pourquoi elle devait vivre ainsi et recluse. La folle l'empêchait de jouer avec les autres enfants, elle voulait la garder pour elle toute seule. Elle lui disait que personne n'était assez bien pour sa petite fille chérie. Je suis d'accord sur le dernier point mais par pour les méthodes, elle doit vivre.

À côté de cela, J'avoue aussi être contente qu'il soit resté près de nous, Lexie n'a pas été facile.

Sa première année a été difficile, pourtant elle a vécu avec une vampire. Mais il faut dire que cette femme n'était peut-être pas le bon exemple. Démétri m'a été d'une grande aide, il connaît non seulement les nouveaux nés mais en plus il a plus de force que moi. De plus je n'aurai jamais pu maîtriser ma petite fille chérie.

Cela n'aurait pas été correct pour lui.

Tu aimes toujours papa, même s'il est sûrement mort, dit-elle prudemment.

Voilà une question sans réponse, Théodore n'a pas été très clair sur ce sujet, d'ailleurs, je ne sais pas s'il connaissait le fin mot de l'histoire.

Ton père est l'amour de ma vie et qu'il soit mort ou non, restera dans mon cœur.

Mais cela ne t'empêche pas d'être avec un autre homme.

Non, c'est vrai, surtout que nous sommes immortelles mais je ne me sentirai pas honnête par rapport à l'homme en face de moi. Tu comprends ?

Oui, mais c'est triste.

Je sais, mais la vie n'est pas simple.

Ce n'est pas à moi que tu le dois dire, une folle en manque d'amour maternelle m'a kidnappé.

Nous grimaçons toutes les deux avant de se sourire. Nous continuons notre visite de Londres.

Je n'en ai pas parlé à Lexie mais Démétri et moi avons essayé, en cachette. Je ne voulais pas perturber l'équilibre fragile de notre vie.

Je l'avais pourtant informé qu'Emmett était toujours dans mon cœur mais il a dit que ça lui convenait.

Même si nous avons passé de bon moment, je ne pouvais pas, j'avais l'impression d'être une mauvaise personne. Il l'a compris mais je pense que ça a précipité son départ.

Maman !

Hein ? Quoi ?

Lexie se moque de moi.

Je ne sais pas où tu étais partie mais tu semblais loin.

Ton père me faisait les mêmes réflexions.

Parle-moi de lui.

Je lui raconte quelques moments drôles que nous avons vécus.

Je voudrais le rencontrer et le connaître.

Je voudrais te le présenter. Il t'aimerait tout de suite. Il était si heureux de t'avoir.

Même s'il pensait que j'étais un petit garçon ?

Oh oui, fille ou garçon, ses sentiments pour toi auraient été les mêmes. Nous avons pris notre temps pour t'avoir mais nous voulions être sûr que ce soit le bon moment afin de te donner le plus d'amour possible.

Puis il s'est fait attaquer par un ours.

Oui, je crois, puis une blonde l'a enlevé pour en faire son dîner.

Mais ce n'est pas une obligation ?

Non, murmurais-je en baissant les yeux.

Je n'aime pas me donner de faux espoirs.

Pourquoi avoir baissé les bras ? Il y a une infime chance qu'il soit en vie ! Crie-t-elle.

Je la regarde en soupirant et m'assoie sur un banc devant Piccadily circus. Lexie fait les 100 pas devant moi, signe de colère.

Calme-toi.

Non ! Je ne te comprends pas ! C'est à se demander si tu l'aimes vraiment.

Une seconde plus tard, je me suis levée et la gifle est partie toute seule.

Je t'interdis, jeune fille, de dire de telles inepties, la menaçais-je.

Lexie me regarde choquée, en se tenant la joue. Je ne lui ai pas fait mal, c'est juste le geste.

Je ne comprends pas, dit-elle plus calmement.

Je retourne m'asseoir sur le banc, Lexie me rejoint. Je lui prends la main et avec mon pouce, je caresse sa peau.

Comme tu l'as dit, il y a une infime chance qu'il soit en vie mais la plus grande partie le veut mort. Si jamais je me donne de l'espoir, je ne sais pas si je survivrai à l'enterrer une deuxième fois. Lorsque j'ai appris sa mort, j'ai fait une dépression. Tu m'as redonné l'envie de vivre.

A nous deux, nous sommes plus fortes.

C'est vrai, mais...

Non maman, s'il te plaît, s'il le faut, je serai forte pour nous deux. Mais, il y a un petit espoir. Suivons cette piste.

Je ne sais pas si c'est une bonne idée...

Lexie me fait des yeux de cocker. J'ai envie de céder mais ma raison me retient.

Lexie...

Je soupire, je ne sais pas comment lui dire ça.

En admettant que ton père soit... En vie, pourquoi n'est-il pas revenu vers moi, vers nous ?

Oh... Je n'avais pas pensé à cela.

Si je pouvais pleurer, je crois que je verserais quelques larmes, comme ma fille. Mais elle est comme son père, d'un optimisme à toute épreuve.

Et si son contrôle était aussi dur que le mien !?

Même après autant tant d'année ? Ils ne m'ont pas déclarée morte, tes grands-parents savent pour mon voyage. Et ton père en bonne tête de mule aurait fait des recherches et il se serait donné les moyens de me retrouver.

Je suis désolée, dit-elle d'une petite voix.

Je sais qu'elle l'est mais je continue, pour qu'elle comprenne vraiment les choses.

Il y a une autre possibilité, c'est que ton père pourrait aimer sa nouvelle vie et passer à autre chose. Lorsque nous sommes vampires, nous pouvons tout reprendre à zéro, c'est peut-être ce qu'il a fait.

Je ne brise pas uniquement son cœur mais le mien aussi. Néanmoins, elle doit comprendre la dure réalité de la vie.

Ma petite princesse est bouleversée et vient se blottir contre moi. Nous partageons notre peine en silence.

On finit notre petite balade main dans la main.

Je suis désolée, je n'y avais pas pensé. Mais, il y a peut-être autre chose ?

Lexie...

Quoi ? Tu ne veux pas connaître la vérité, une bonne fois pour toutes et ensuite passer à autre chose ?

Je ne sais pas.

Tu préfères fuir ?

Non, je préfère ne pas souffrir.

Je ne te comprends pas.

Et tu n'y arriveras pas tant que tu n'auras pas aimé au moins une fois dans ta vie, expliquais-je calmement.

A l'Intérieur de moi, c'est une tempête émotionnelle mais je garde tout cela au fond de moi pour ne pas craquer devant ma fille qui, je sais ne perd pas espoir et trouve un moyen de me piéger. Elle ressemble beaucoup trop à son père qui faisait de moi ce qu'il voulait et j'aimais ça. Je donnerai tout pour continuer à avoir d'autres moments tous les deux, si insouciant.

Une fois arrivées à la maison, Lexie revient à l'attaque. Je crois que son côté têtue vient de moi.

S'il te plaît, on n'est pas obligé de tout le temps courir mais lorsque nous sommes quelque part, on se renseigne et on voit où cela nous mène.

Je soupire avant de faire un léger sourire. Elle a raison, nous pouvons essayer pour voir où cela nous mène. Lexie saute partout, heureuse.

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1960. Cela fait 8 ans que nous avons quitté Londres. Nous avons voyagé en Europe. A chaque fois Lexie espérait trouver quelque chose, avoir un indice, discuter avec des vampires qui était vers chez nous en 1921 où qui connaissaient des personnes.

Mais rien, je ne me faisais pas d'espoir mais voir ma petite princesse de plus en plus abattue ne me plaît pas, pourtant elle continue d'y croire alors je la laisse faire.

Son optimisme me contamine, parfois. Une pointe d'espoir arrive à filtrer ma carapace.

Par contre, nous avons rencontré plusieurs vampires, certains n'étaient pas des personnes respectables, mais cela m'a permis de travailler mon bouclier.

Heureusement nous avons rencontré des personnes beaucoup plus sympathique qui nous donnerons des informations s'ils en ont. Mais la plupart sont comme moi, ils ont peu d'espoir.

Il n'y a que ma Lexie qui balaye de la main notre peu de confiance. Elle y croit et c'est le principal.

C'est pour cela que nous sommes en partance pour les États-Unis.

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Pendant l'année 1964, nous sommes retournés dans ma ville natale, Lexie et moi voulions rentrer à la « maison ». J'ai pu revoir mes parents avant qu'ils ne meurent. Je suis énormément triste de les avoir perdus, mais je suis contente que Lexie ait pu rencontrer mes parents. Eux aussi ont été ravis. Nous avons passé les derniers mois avec eux. Ils ont été surpris de mon apparence mais ils n'ont pas voulu en savoir plus, le plus important pour eux, c'est que je sois heureuse et avec ma petite princesse qu'ils ont tout de suite aimé.

Mais qui ferait le contraire ?

Nous avons parlé de nos voyages en évitant les sujets qui fâchent pourtant Lexie leur a donné l'espoir qu'Emmett soit en vie malgré mon interdiction de le faire.

Et bien sûr, mon père m'a forcé à y croire et à me battre pour lui surtout si une blonde m'a volé mon mari. Et si jamais je la croise, je suis autorisée à botter les fesses de cette voleuse d'homme. Emmett est mon mari et personne n'a le droit de me le prendre. Mère a rajouté que nous nous sommes suffisamment battues contre les autres pour baisser les bras.

Du coup, je suis motivée pour chercher. Je sais que ça ne dura pas mais je me sens bien d'y croire, je me sens en vie. Lexie a promis à ses grands-parents de me garder comme ça, vivante.

J'avoue qu'avoir revu mes parents m'a fait du bien au moral. Ils m'avaient manquée, je n'oublie pas qu'ils m'ont soutenue dans les moments les plus difficiles.

Nous avons aussi beaucoup rit à mes dépens. Père et mère ont raconté des anecdotes sur moi lorsque j'étais enfant et ensuite avec Emmett. Au début, nous nous cachions de mon chaperon pour aller nous embrasser sous un saule pleureur. Personne n'était dupe mais ils ne nous disaient rien, puis, on ne faisait rien de mal, juste un ou deux baisers volés.

Lexie n'a pas fini de se moquer de moi avec toutes les petites choses que mes parents lui ont dit. Néanmoins, ma fille sait qu'il y a des limites à ne pas dépasser sauf pour ce qui concerne son père. Elle est deux fois plus déterminée à le retrouver. Elle m'a dit qu'elle l'aimait encore plus et qu'elle refusait le fait de ne jamais le connaître. Pour elle, il l'aime trop pour baisser les bras et c'est un homme fort. Pour elle, il ne peut être qu'en vie.

C'est comme cela, qu'après l'enterrement et tous les papiers en règles, nous sommes repartis sur les routes.

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1980. Vingt que nous sommes sur ce continent. Nous l'avons parcouru en long, en large et en travers, sans vraiment nous attarder au même endroit. Nous l'avons fait pour les recherches de mon mari disparu, pour le plaisir de Lexie qui voulait découvrir le monde.

Nous avons croisé des vampires sympathiques, un couple Peter et Charlotte. Ils nous ont donné de l'espoir.

On devait chercher un gros clan de vampires. Ils sont végétariens et ils s'installent pour quelques années et vu qu'ils viennent de divers endroits, ils pourront sûrement nous renseigner.

Peter et Charlotte ne les connaissent pas vraiment, ils sont juste amis avec l'un d'eux mais ils ne préfèrent pas s'approcher des autres. Selon Charlotte ils sont coincés et le chef du clan essaye de les convertir à tuer des animaux, ce que bien sûr, ils ne feront jamais.

C'est leur mode de vie, et je ne juge pas mais je ne comprends pas pourquoi vouloir retenir sa façon d'être et souffrir inutilement. Les nomades sont d'accord avec moi, Lexie aussi mais elle a voulu essayer de manger un animal. Elle est revenue avec une grimace mémorable sur le visage et sa robe déchirée. Elle a aussi juré qu'on ne la reprendrait pas à tuer « bambi ». Cela nous a tous bien fait rire.

Nous avons sympathisé et j'ai bien aimé passer du temps avec eux. Nous avons échangé nos passés, Charlotte m'a dit de profiter de ma fille biologique parce que je suis la seule femme à pouvoir le faire. Et c'est ce que je fais, je chéris chacun des moments avec mon bébé.

Nous sommes donc repartis sur les routes avec ma Lexie de plus en plus excitée. Sa bonne humeur est contagieuse.

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1994. Connerie. J'ai l'impression d'avoir passé ma vie à courir après une chimère. Rectification, j'ai passé ma vie sur les routes. Pourtant, je ne regrette pas de l'avoir fait pour ma Lexie, je savais après qui je courrais et surtout, je savais que ce n'était pas vain mais là, je ne sais plus, je suis fatiguée de tout cela. Mon cœur souffre. Nous nous approchons du clan et soudainement, ils disparaissent, comme s'ils savaient que nous arrivions. Cela nous est arrivé 3 fois.

La première fois, j'ai cru que c'était le hasard mais maintenant, je sais qu'il y a quelque chose de bizarre. Cela m'a mis très en colère lorsque j'ai compris cela. L'espoir de savoir la vérité est revenu même si elle sera triste.

Lexie, qui était assez déprimée pendant nos premières années, est comme moi, déterminée sauf qu'elle, elle garde l'espoir de connaître son papa. Je n'ai pas le courage de lui dire qu'il a peu d'espoir. Je préfère la voir sourire et rayonnante.

J'aime lorsqu'elle me parle de lui en me racontant nos souvenirs, je vois des étoiles briller dans ses yeux rouges.

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Mai 2013. Six mauvaises fois où ils nous ont filées entre les doigts. Je ne comprends pas pourquoi ils nous évitent, après tout, ils sont beaucoup plus nombreux que nous, à croire qu'ils nous craignent. Risible. Je ne sais pas vraiment me battre et Lexie non plus. Pourtant Démétri a essayé mais en vain. Nous n'avons pas la fibre du combattant.

En plaisantant, je lui avais dit que nous trouverions bien un beau vampire pour nous protéger.

Je suis dans une rage folle lorsque je repense à eux. Lexie se contient un peu plus mais je sais qu'il y a une tempête qui fait rage en elle.

Il y a un an, ma petite princesse m'a fait remarquer qu'ils devaient nous voir venir. Nous ne savons pas vraiment comment, mais c'est le cas.

Nous avons décidé de ne pas prévoir les choses, juste de nous « promener » et nous verrons bien ou cela va nous mener.

On a réussi à les trouver par hasard une fois, on va recommencer. Puis de toute façon, on n'a rien à perdre.

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Décembre 2013. Noël approche et comme chaque année, on se trouve un coin plein de neige et souvent, on trouve une petite cabane à l'abandon que l'on retape rapidement pour avoir un petit coin douillé.

Cette fois, nous sommes proches de Seattle, à Forks. Nous avons beaucoup rit en trouvant cette ville et Lexie a voulu s'y installer.

Lorsque nous avons acheté quelques décorations dans la ville, les gens n'ont pas été subjugués par notre beauté comme s'ils étaient habitués. Nous sommes sûrement au bon endroit pourtant nous avons décidé de rester toutes les deux. On verra ce qui se passera. Nous ne sommes plus à ça prêt.

Il ne nous a pas fallu longtemps pour décorer notre petite maison. On profite d'un moment mère fille sans parler, devant la cheminée. On aime ces moments, juste à savourer la présence de l'autre.

Quelques jours plus tard, la neige est bien tombée, environ 50 centimètres. Lexie nous entraîne dans une partie de cache-cache et de bataille de boules de neige.

Encore une fois, on ne voit pas le temps passer. On s'amuse comme deux enfants.

Lexie est cachée dans la forêt, je la cherche avec une boule de neige dans chaque main. J'arrive dans une petite clairière et de l'autre côté, je vois ma fille. Je lui envoie mes deux projectiles mais en les esquivant, elle n'a pas vu un vampire – qui se trouve dos à moi – et le percute de plein fouet.

Je vois ce vampire repousser ma fille brusquement.

Lexie ! Criais-je à plein poumon.

Le vampire se relève, je grogne à son encontre mais lorsqu'il se tourne vers moi, il n'y a plus aucun bruit.

C'est impossible. Je crois rêver.

Fin du chapitre 2.